10 millions d'euros pour la prise en charge des migrants à Calais


Le gouvernement britannique consacrera 10 millions d'euros sur deux ans à la prise en charge des migrants à Calais, dans le cadre d'un accord franco-britannique prévoyant également un renforcement de la coopération policière pour lutter contre les filières.


Depuis début juin, neuf migrants au moins sont morts en tentant de gagner l'Angleterre © Port de Calais
Depuis début juin, neuf migrants au moins sont morts en tentant de gagner l'Angleterre © Port de Calais
Le plan, signé jeudi 20 août à Calais entre le ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, et son homologue, Theresa May, prévoit que la Grande-Bretagne alloue "des moyens supplémentaires" pour sécuriser le site d'Eurotunnel. Il veut aussi créer un "commandement unifié" sous la houlette de deux responsables français et britannique pour lutter contre les réseaux.
Sur le plan humanitaire, l'accord prévoit d'"intensifier l'observation" des migrants pour "identifier les plus vulnérables et les victimes potentielles de la traite", notamment les femmes et les enfants, dans l'idée de les informer et les placer en lieu sûr, "ce qui implique des capacités de logement et de prise en charge pour notamment empêcher que puissent avoir accès à ces populations vulnérables tous ceux qui cherchent à les exploiter". L'idée est aussi de favoriser les retours volontaires vers les pays d'origine, avec la mise en place de campagnes d'information et de programmes d'aide au retour.
L'accord veut aussi augmenter les capacités de traitement des demandes d'asile et dans ce cadre "le gouvernement britannique apportera une aide pour la mise en place d'hébergements dédiés, situés à une distance significative de Calais". L'objectif est notamment de "diminuer la pression migratoire" dans le Calaisis. "Dans leur ensemble, ces dispositions bénéficieront d'un soutien financier du gouvernement britannique à hauteur de 5 millions d'euros par an pendant deux ans", précise le texte.
Sur le plan sécuritaire, "le Royaume-Uni va apporter des moyens" pour sécuriser le site du tunnel et aider Eurotunnel à "augmenter ses effectifs dédiés à la sécurité". Une nouvelle salle de contrôle va être créée et "nous allons déployer des équipes supplémentaires de fouille du fret 24h/24 et 7 jours/7 pour réduire le nombre de passagers en situation irrégulière". Pour lutter contre les réseaux de passeurs, les policiers et les autorités de contrôle des frontières "s'engagent à renforcer encore davantage leur collaboration opérationnelle". Le "commandement unifié" sous la houlette des hauts responsables visera à "dissuader et éradiquer les activités criminelles" des passeurs, et l'échange de renseignements sera favorisé. Dans le même esprit, un "centre de commandement et de contrôle commun" sera créé à Calais et un autre à Folkestone, pour collecter les renseignements et coordonner les opérations.
Une "équipe conjointe" pour éloigner les migrants illégaux sera mise en place, avec une contribution financière du gouvernement britannique pour mettre en œuvre les vols retour. La coopération portera aussi sur les capacités d'analyse et de traduction. Enfin au niveau international, les deux pays souhaitent intensifier le dialogue avec les pays d'origine. Ils ont convenu d'organiser "une conférence de suivi à Paris, avec les autres États membres de l'UE, si possible d'ici la fin de l'année", et d'apporter un soutien à la Grèce et à l'Italie sur les "hotspots" ou centres de tri entre réfugiés et migrants économiques irréguliers.

50 millions d'euros de compensation

Par ailleurs, le maire (Les Républicains) de Calais a demandé mercredi 19 août aux gouvernements français et britannique 50 millions d'euros de "compensations financières pour pallier les préjudices subis économiquement" par sa ville suite à l'afflux dans les environs de nombreux migrants. "Je demande 50 millions parce qu'il est difficile d'évaluer le préjudice économique que nous subissons depuis plus de quinze ans", a plaidé Natacha Bouchart en présence de Jean-Paul Delevoye, président du Conseil économique social et environnemental (CESE), à la mairie de Calais. Elle martèle que, "si aujourd'hui on est capable de mettre un euro dans la sécurité et un euro dans l'humanité, on est capable de mettre un euro au niveau de l'économique".

AFP

Jeudi 20 Août 2015



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