2016, "une année charnière" pour la Guyane


Selon Philippe Lemoine, le président du directoire du Grand Port maritime de Guyane, l'année qui vient de démarrer devrait être "une année charnière". La réforme de la manutention reste un axe fort.


© Grand Port maritime de Guyane
© Grand Port maritime de Guyane
À Rémire-Montjoly, au siège du Grand Port maritime de Guyane, l'établissement portuaire a retenu quatre volets dans le cadre de son projet stratégique. Le premier d'entre eux, consistant à conduire les études techniques, est achevé. Entre l'acquisition des grues sur rail et l'adaptation des quais, "les moyens les mieux adaptés sont à mettre en place", souligne Philippe Lemoine. Le président du directoire de l'établissement portuaire guyanais indique que les appels d'offres ont été lancés et que l'investissement porte sur un montant de 15 millions d'euros. "Un impact assez lourd pour le GPM", commente-t-il.

La réforme de la manutention se poursuit

Le second volet concerne l'organisation. Le dirigeant portuaire ne perd pas de vue le concept de "commandement unique", la clef de voûte de la réforme. Et d'expliquer : "Nous nous disons qu'il faut négocier avec les manutentionnaires existants et que notre montage juridique doit être compatible avec la réglementation européenne".
Il estime aujourd'hui que "la nouvelle structure devra être bâtie avec les opérateurs présents mais que, si un nouvel opérateur se présente, on serait obligé de l'accueillir".
Autre axe sur lequel le port guyanais travaille, le dossier social. Philippe Lemoine explique que la réforme doit notamment passer par la nouvelle organisation des terre-pleins, la durée des shifts, le travail de nuit, la réorganisation des effectifs. "La question que le Grand Port maritime pose consiste à dire que la réorganisation du travail ne doit pas se traduire par une hausse des coûts. Une amélioration de la productivité doit profiter à l'armateur", souligne-t-il, rappelant que l'établissement portuaire ne peut pas prévoir de surcoûts.

"La signature d'un accord global souhaitée pour la fin de l'année"


Quant au dernier volet, il revêt une dimension économique. À cet égard, il évoque notamment la maîtrise des coûts et la réduction du temps de passage portuaire.
Insistant sur le fait que, pour lui, 2016 doit rester une année charnière, il souhaite vivement qu'un "accord global soit trouvé à la fin de l'année sur l'ensemble des quatre volets".
Le Grand Port maritime table pour l'année en cours sur l'aboutissement d'un protocole récapitulant les accords de chaque acteur. Le président du directoire du port espère qu'une charte sera signée par les manutentionnaires et les dockers. Un chantier qui est, à ses yeux, le plus important de 2016.
Dossier sur lequel le Grand Port maritime a déjà avancé, celui de la mise en commun des activités de dragage et du remorquage. Aujourd'hui, un contrat couvre à la fois Dégrad-des-Cannes et celui du centre spatial de Kourou. Un remorqueur a été mis en place dans le port. Dès 2018, un nouvelle unité y sera mise en service, plus une autre à Kourou. Au plan foncier, l'établissement a finalisé l'acquisition des 15 hectares de parcelles appartenant à l'État. Il a tiré profit du projet de loi d'actualisation du droit des Outre-Mers autorisant le transfert gratuit des terrains de l'État pour les besoins de son développement. Reste cette année à acquérir 5 hectares auprès de la collectivité, souligne le président du directoire. Au total, "les 20 hectares permettront de doubler notre potentiel", conclut-il.
Rémy-Louis Budoc, membre du directoire du GPM, estime que cette politique foncière s'inscrit dans le cadre d'une "stratégie de prospection sur l'ensemble du territoire". Et de renchérir : "Elle apporte une légitimité, une délimitation administrative".
En matière d'investissements, le GPM de Guyane va se concentrer cette année sur la création d'un point d'accès permettant de gérer les entrées et sorties de camions auquel sera adossé un poste de contrôle aux frontières.
"Nous allons construire un parking d'un hectare pour les véhicules à l'import", indique Philippe Lemoine. Quant au poste d'inspection frontalier (Pif), Rémy-Louis Budoc indique qu'il est pour l'heure en phase d'étude. Tel est le cas également du quai n° 1, pour lequel les études géotechniques ont été lancées. Il devrait être réalisé en 2018-2019. Dans un premier temps, le GPM mettra à disposition un espace frontalier puis un espace "entreprises", permettant de faciliter les formalités pour le transit du conteneur, ajoute l'administrateur.

La courbe commence à s'inverser

Le Grand Port maritime de Guyane a achevé l'année 2015 sur un trafic global de 617.832 tonnes. Un repli de 1,8 % fait affirmer à ses dirigeants que la courbe remonte et qu'ils espèrent retrouver cette année "les niveaux de 2013". Par rapport à la diminution de 3,8 % enregistrée entre 2014 et 2013, le recul sur lequel s'est soldée l'année 2015 est moins important. Selon Rémy-Louis Budoc, administrateur du GPM de Guyane, le "trend est meilleur". Pourtant, les marchandises diverses, à 298.000 tonnes, ont baissé de 3 % par rapport à l'année précédente. À 72.900 tonnes, les vracs solides ont enregistré un repli de 5,5 %. En revanche, les vracs liquides, à 236.900 tonnes (+ 0,08 %), ont montré une certaine stagnation. Quant à la filière véhicules (ro-ro), elle a progressé de 1,7 % pour s'établir à 10.227 tonnes. En termes d'unités, leur nombre est passé de 5.927 en 2014 à 5.662 l'an dernier (- 4,4 %). Du côté des conteneurs, le nombre d'EVP a baissé de 2.2 %. Il s'est élevé à 53.870 en 2015 contre 55.109 en 2014. "2014 et 2015 étaient des fins de gestion de contrats de plan. Nous tablons sur la reprise du BTP qui a également un impact sur le trafic conteneurisé", commente Rémy-Louis Budoc. L'administrateur du Grand Port maritime souligne que le trafic véhicules ne faiblit pas.

Vincent Calabrèse

Jeudi 25 Février 2016



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