2016, une nouvelle année d'érosion en vue pour les taux de fret


Les taux de fret dans le secteur de la ligne régulière conteneurisée devraient continuer à baisser en 2016, estiment les analystes. Selon Drewry Shipping Consultants, l'écart entre l'offre et la demande devrait continuer à se creuser. Les armateurs ne redeviendraient pas bénéficiaires.


© Maersk
© Maersk
Après une année 2015 au cours de laquelle les armateurs ont tenté à maintes reprises de restaurer sans succès les taux de fret, l'année 2016 qui commence devrait rester dans la même veine pour le marché de la ligne régulière conteneurisée. De nouvelles érosions sont attendues sur le marché, estiment les prévisionnistes.
Le consultant britannique Drewry est en effet convaincu que la tendance globale ne va pas s'améliorer. Des experts soulignent en effet que, à 140 dollars la tonne l'IFO380, le prix actuel des soutes à Rotterdam ne semble pas propice à faire redémarrer les taux de fret.
"Les données les plus récentes dont nous disposons prouvent que les armateurs ne sont plus en mesure de réduire leurs coûts d'exploitation en prévision des baisses de taux prévues sur le marché. Chez Drewry Shipping à Londres, nous sommes convaincus que les prix du pétrole viennent probablement de toucher le fond.
Les coûts liés au repositionnement des conteneurs vides et le désarmement des navires devraient augmenter en 2016. Selon nos estimations, un porte-conteneurs de 10.000 EVP coûterait 450.000 dollars de frais de remise sur le marché après avoir été désarmé en Asie pendant trois mois ou plus", explique le consultant, cité par World Maritime News. Et d'ajouter que de nombreux armateurs n'introduisent plus de surcharges combustibles (Baf) dans le calcul de leur cotations globales ("all in").

Des pertes globales qui devraient atteindre 5 milliards dollars

Une tendance qui incite Drewry Shipping à penser que les pertes enregistrées par les acteurs de la ligne régulière devraient s'alourdir pour atteindre 5 milliards de dollars en 2016. Les opérateurs sont persuadés qu'ils ont pris au dernier trimestre 2015 les décisions s'imposant pour relever les taux les plus bas. Le consultant londonien songe que la suppression de six grands services situés sur l'axe Est-Ouest, l'annulation de 32 voyages en novembre et de 21 voyages en décembre n'ont pas été d'un grand secours dans l'amélioration de l'équilibre entre offre et demande. Au chapitre des GRI (les hausses de taux de fret), les initiatives prises n'ont pas prêté main forte aux armateurs sur la plupart des marchés. En effet, les professionnels du secteur pourront attester que, sur certains d'entre eux, leurs entrées en vigueur ont été régulièrement annulées ou reportées car les conditions ne s'y prêtaient pas.

"Vers un bond du nombre de navires désarmés à l'approche du second semestre"


Le consultant britannique mise sur une consolidation du secteur de la ligne régulière. Celle-ci doit passer à ses yeux par la réduction du nombre de grands acteurs mais juge qu'elle ne parviendra pas à revoir à la baisse la capacité déployée.
"La flotte désarmée ayant flirté avec le million d'EVP fin 2015, représentant 5 % de la flotte globale, des décisions doivent être prises par les armateurs pour retirer davantage de navires et restructurer plus de lignes dans le cadre de nouveaux accords. Les grands navires ne peuvent plus assurer une rentabilité décente. Sur l'axe Asie-Europe, les taux devraient être conclus pour 2016 à 900 dollars le conteneur de 40 pieds (et ce dans une hypothèse optimiste !). Ceci devrait se traduire par des pertes de 1,4 milliard de dollars sur un marché", analyse-t-on à Londres.
Neil Dekker, le directeur de recherche dans le conteneur chez Drewry, explique : "On peut établir des comparaisons avec 2009. On avait alors supprimé du marché 1,3 million d'EVP en s'attaquant à la flotte la plus petite. Le désarmement massif a été déclenché lorsque certaines lignes se sont retrouvées sans liquidités. Le secteur global n'en est pas à ce point car certaines lignes continuent à être bénéficiaires. En outre, le faible prix du fuel leur apporte son soutien. Mais deux ou trois autres trimestres de déclin financier successifs devraient déclencher une progression notoire du nombre de navires désarmés". L'expert entrevoit ce phénomène dès le second semestre 2016.

Vincent Calabrèse

Mercredi 13 Janvier 2016



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