Aéroport de Toulouse : les Chinois assurent de leur bonne foi


Le nouvel exploitant chinois de l'aéroport de Toulouse-Blagnac a assuré vouloir une croissance respectueuse des riverains, et confirmé son intention de céder des actions à un investisseur local, après les vives critiques qu'a suscitées la privatisation.


Symbiose a remporté 49,99 % de l'aéroport Toulouse-Blagnac © Aéroport Toulouse-Blagnac
Symbiose a remporté 49,99 % de l'aéroport Toulouse-Blagnac © Aéroport Toulouse-Blagnac
"Nous souhaitons favoriser le développement de vols internationaux et en particulier en provenance de l'Asie et de la Chine", déclare au quotidien "La Dépêche du Midi" de samedi 18 avril Mike Poon, président-directeur général du fonds d'investissement hong-kongais Friedmann Pacific AM (FPAM), citant notamment la mise en place de vols directs vers Pékin. Mais "la croissance du nombre de passagers sera progressive et rationnelle", a assuré le patron de FPAM, membre-clé du consortium chinois Symbiose qui a remporté 49,99 % d'Aéroport de Toulouse-Blagnac (ATB, société de gestion de la plate-forme). "Je tiens à souligner que ceci se fera dans le respect de l'environnement et de l'habitat riverain... Nous sommes très attentifs à l'environnement proche et donc aux riverains", a-t-il affirmé.
L'ouverture du capital d'ATB à un consortium chinois suscite une vive opposition, notamment de riverains qui dénoncent la perspective d'une augmentation des nuisances du quatrième aéroport régional de France. Le plan de croissance de l'aéroport voulu par les Chinois fixe un objectif de 18 millions de passagers à l'horizon 2046, contre 7,517 millions en 2014.

Cession à un investisseur local

En gage de sa bonne foi, Mike Poon confirme son intention de céder à un investisseur local une partie des 49,99 % détenus par les Chinois. "Nous sommes toujours ouverts à la possibilité d'accueillir un actionnaire local", déclare Mike Poon. À la question de savoir si la rétrocession de 16 % de ses 49,99 % était toujours d'actualité, le patron a répondu : "Bien sûr, cette proposition vient de nous".
L'État a cédé 49,99 % sur 60 % qu'il détenait dans ATB pour 308 millions d'euros, confirme un arrêté publié vendredi 17 avril au "Journal officiel". La part des collectivités locales, qui s'élève à 40 %, n'est pas concernée par cette privatisation.
La cession prévoit la possibilité pour l'État de vendre aux Chinois les 10,01 % qu'il détient encore, mais le gouvernement avait récemment certifié ne pas en avoir l'intention. Mike Poon dément l'existence d'un pacte d'actionnaires secret qui engagerait l'État à voter dans le sens des Chinois, comme l'affirment des opposants à la privatisation. "Il n'y a jamais eu la moindre volonté de quiconque de négocier un prétendu accord secret", affirme-t-il. "Notre plan de développement est de faire de Toulouse un aéroport international qui compte", ajoute Mike Poon, disant que "les plus grandes compagnies aériennes chinoises examinent actuellement l'opportunité d'ouvrir des vols directs vers Toulouse". Les retombées "ne seront pas qu'aéroportuaires, mais bien régionales", précise-t-il. "Nous avons également la capacité d'attirer davantage d'investissements chinois", assure le patron, qui est également PDG de la toute-puissante CALC, China Aircraft Leasing Company (Calc), entreprise d'État qui est le premier client chinois d'Airbus.
Mike Poon a en particulier indiqué que son partenaire dans le consortium Symbiose à qui ont été cédés les 49,99 % d'ATB, l'entreprise publique chinoise Shandong Hi-Speed Group (SDHS), "étudierait avec beaucoup d'attention" un possible investissement dans le futur Parc des expositions ou la nouvelle ligne de métro de Toulouse. Le rachat d'ATB représente le premier projet en Europe pour FPAM, un fonds d'investissement hongkongais qui détient 1,8 milliard d'euros d'actifs (en juin 2014) allant du leasing d'avions à la gestion d'infrastructures. Les 49,99 % cédés aux Chinois sont logés dans le holding Casil Europe, une société française détenue à quasi-parité par FPAM et son partenaire Shandong Hi-Speed Group (SDHS), un conglomérat d'État qui gère pour près de 21 milliards d'euros d'actifs, notamment dans la gestion d'infrastructures aéroportuaires et routières, comme le plus grand pont du monde en Chine.

AFP

Lundi 20 Avril 2015



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