Air France : les négociations continuent, la grève aussi


Un avion sur deux va rester bloqué sur le tarmac vendredi 26 septembre, même si la direction d'Air France a enterré jeudi 25 septembre le projet controversé de low-cost, dans l'espoir de mettre fin à la plus longue grève jamais organisée par ses pilotes.


© Air France
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Jeudi 25 septembre, lors d'un comité central d'entreprise (CCE) d'Air France - programmé de longue date -, la direction a confirmé aux syndicats l'abandon "définitif" du projet de low-cost Transavia Europe, comme réclamé par les syndicats grévistes. Mercredi 24 septembre, la direction avait annoncé cet abandon, tout en entamant des négociations avec les syndicats de pilotes représentatifs (SNPL et Spaf).
Dans la nuit du 24 au 25 septembre, dans le cadre des négociations, les syndicats ont fait une "contre-proposition", après l'annonce du retrait de Transavia Europe, a indiqué Guillaume Schmid, porte-parole du SNPL, syndicat majoritaire. En attendant la fin des discussions, le mouvement de grève est maintenu, a-t-il ajouté, précisant qu'elles portaient désormais sur le développement de Transavia France. "Chaque partie est dans une volonté d'aboutir au plus vite", a-t-il noté.
Du côté du gouvernement, les appels à cesser la grève continuent. Jeudi 25 septembre, c'était au tour du porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll : "Les pilotes ont une responsabilité, il faut que cette grève s'arrête." L'État détient près de 16 % du capital de la compagnie aérienne. D'ores et déjà, il s'agit du plus long conflit de pilotes d'Air France, le précédent record, de dix jours, ayant eu lieu en 1998.

"Air France a chiffré le coût de la grève entre 15 et 20 millions d'euros par jour"


Dans les aéroports, la moitié des avions Air France restent cloués au sol. "La situation est inchangée" par rapport à la veille dans les aéroports parisiens, selon une source aéroportuaire. Environ "40 % des vols" Air France devraient être annulés dans la journée du 25 septembre à Roissy, a-t-elle précisé. À Toulouse, 75 % des vols ont été annulés dans la matinée, comme à Marseille. À Lyon, 30 % ont été annulés et à Strasbourg 15 %. Le taux de pilotes grévistes est estimé à 62 % pour jeudi 25 septembre, à 58 % vendredi 26 septembre.

Deux ans d'efforts balayés

Les inquiétudes des syndicats se cristallisent autour du développement de la filiale low-cost Transavia, au cœur du plan "Perform 2020", censé doper la croissance du groupe AF-KLM. Il fait suite au plan de restructuration "Transform 2015", qui s'est traduit par la suppression d'environ 10 % des effectifs. Le groupe aérien franco-néerlandais AF-KLM, numéro 2 européen derrière l'allemand Lufthansa, entend se positionner sur le marché des vols à bas coût et capter les "opportunités de croissance" qu'il pourrait lui offrir. Dans son viseur : Ryanair et EasyJet, les poids lourds du low-cost en Europe. En août, la direction avait assuré à ses salariés que la réorganisation à venir du réseau court et moyen-courrier d'Air France n'entraînerait "aucun transfert" de personnel, de contrats de travail ou d'appareils. Des promesses qui n'ont visiblement pas convaincu les pilotes.
"Plus la grève dure, plus la facture s'alourdit, et tous les salariés vont devoir la payer. On a fait deux ans d'efforts et tout est balayé en dix jours", s'est désolée de son côté Béatrice Lestic, syndicaliste de la CFDT. Air France a chiffré le coût de la grève entre 15 et 20 millions d'euros par jour. Mercredi 24 septembre, le Premier ministre, Manuel Valls, avait réclamé un règlement rapide du mouvement social chez Air France, appelant les deux camps à éviter la "surenchère". "L'après-grève va être horrible à gérer", prédit Bruno Nègre, de la CFE-CGC, qui dénonce une nouvelle fois une "grève corporatiste", qui annihile tous "les efforts faits par d'autres, les personnels au sol".

Jeremy Talbot

Jeudi 25 Septembre 2014



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