Air France : les négociations dans l'impasse


Neuf jours que le bras de fer dure chez Air France autour du développement de sa low-cost Transavia : malgré un nouvel appel du Premier ministre à "cesser" la grève, la moitié des avions sont encore au sol mardi 23 septembre et les pilotes descendent pour la première fois dans la rue.


© Air France
© Air France
Le SNPL, syndicat majoritaire dans la profession, a encore étendu son préavis de grève, qui court désormais jusqu'au 30 septembre. Ceux du Spaf, deuxième syndicat, et d'Alter (non représentatif) courent jusqu'à vendredi 26 septembre. Air France devait assurer mardi 23 septembre 48 % de ses vols, mais la situation était pire dans plusieurs aéroports : à Lille tous les vols Air France ont été annulés, 88 % à Marseille. Pour mercredi 24 septembre, la compagnie a prévu de maintenir 46 % de ses vols et s'attend à un taux de grévistes de 52 %, en baisse sensible par rapport à la première semaine (65 %). Depuis le 15 septembre, plus de la moitié des avions de la compagnie sont cloués au sol. Il s'agit de la plus longue grève depuis 1998.

"20 millions d'euros de pertes par jour"


Cette grève "doit cesser", elle "n'a aucune raison", "n'est pas comprise par les Français" et "représente un vrai danger pour la compagnie", a déclaré Manuel Valls. Le Premier ministre a appelé les pilotes "à la responsabilité". Il a maintenu son soutien à la direction d'Air France, dont l'État est actionnaire à hauteur de près de 16 % et invité les pilotes à "examiner les propositions de la direction".
Une sortie de crise avait semblé se dessiner lundi 22 septembre. Las, la suspension du projet d'extension en Europe de Transavia, pour en discuter avec l'ensemble des syndicats d'ici la fin de l'année, n'a pas calmé les pilotes. Ulcérés par la menace du PDG de rompre l'accord régissant depuis 2007 la filiale Transavia France, que le groupe entend développer sans attendre, les syndicats ont durci le ton et réclament désormais la suppression pure et simple du projet Transavia Europe.
Le PDG du groupe Air France-KLM, Alexandre de Juniac, a continué mardi 23 septembre à défendre son projet de développement de Transavia, seule parade selon lui à l'offensive des compagnies à bas coûts. Faute "d'accord" avec les personnels, le groupe sera contraint de le "retirer", "la mort dans l'âme", a-t-il dit.
Mais les pilotes restent persuadés que ce projet de créer de nouvelles filiales en Europe, avec des pilotes sous contrats locaux, moins avantageux socialement que les contrats français, est une porte ouverte à du "dumping social" interne et mènera à une "délocalisation" d'emplois français.
Pour le secrétaire d'État aux Transports, Alain Vidalies, "maintenant que la direction d'Air France a proposé d'arrêter le projet Transavia Europe, les positions doivent converger autour du développement de Transavia France".
(((sur le site)))
La compagnie veut faire passer la flotte de Transavia France de 14 à 37 avions et rappelle que 1.000 emplois sont à la clé dans l'Hexagone, dont 250 pour les pilotes. Pour préserver leurs conditions d'emploi, les syndicats de pilotes restent arc-boutés sur leur revendication : un contrat unique pour tous les pilotes des gros avions du groupe Air France, quelle que soit la marque (Air France, Transavia ou Hop!). Le SNPL AF Alpa a obtenu lundi 22 septembre le soutien de syndicats représentant les diverses catégories de personnel (CGT, Unac, l'Unsa, SNPNC-FO et Sud-aérien). En revanche la CFDT a déploré "l'intransigeance" des pilotes et la CFE-CGC "un mouvement scélérat qui annihile tous les efforts réalisés par les autres salariés" pour redresser le groupe depuis 2012. La grève "génère des pertes d'exploitation pouvant aller jusqu'à 20 millions d'euros par jour", d'après AF-KLM. Cinq dirigeants de compagnies régulières françaises dont Air Caraïbes ont publié dans "Le Monde" une lettre ouverte au SNPL dans laquelle ils dénoncent le "jusqu'au-boutisme ravageur" des pilotes. Ils appellent les entreprises "à s'adapter pour être compétitives face à des compagnies européennes qui ont déjà achevé leur transformation".

Jeremy Talbot et Sylvie Husson

Mardi 23 Septembre 2014



Lu 27 fois



Dans la même rubrique :
< >

Jeudi 8 Décembre 2016 - 15:12 Fort rebond du fret aérien mondial en octobre


     

Entreprises | Infrastructures | Institutions | Transport maritime | Transport aérien | Transport routier | Transport fluvial | Transport ferroviaire | Transport multimodal | Transport express - Messagerie | Logistique - Supply Chain | Énergie | Matières premières - Négoce | Industrie | Services | International | Développement durable | Faits divers







Accès rapide






















 

Qu'est-ce que L'Antenne ?

Le site internet de L'Antenne est la première plateforme B2B française de services et d’actualité consacrée au secteur du transport et de la logistique. Quotidiennement nous traitons de l’actualité du fret maritime, aérien, routier, fluvial, ferroviaire et multimodal ainsi que de la logistique, de l'industrie, de l'énergie et des matières premières. Nous apportons aux professionnels des outils et services qui facilitent leur travail et aident à la prise de décisions. Chaque année, nous éditons des guides de référence dans le secteur : "Le Fret aérien pratique" et "Le Fret maritime pratique" en plus de notre guide pratique des Incoterms©. L'Antenne est aussi organisateur de salons sur les thématiques du transport multimodal de fret, de l’export et de la logistique.

Mentions ours

Design réalisé par Caroline BALDINI.

Plan du site

Syndication

© SMECI
L'Antenne est édité par Smeci (32, av. André Roussin, BP 36, 13321 Marseille Cedex 16)
RCS Marseille 447 889 395. ISSN : 0395-8582
CPPAP : 0313T79480
Dépôt légal : 10/04/2006
Gérant : Jacques Riccobono
Rédacteur en chef : Vincent Calabrèse