Air France particulièrement vigilante depuis les attentats


Entreprise emblématique de la France à l'étranger, et donc "cible potentielle" pour des terroristes, Air France a considérablement renforcé ses mesures de sécurité depuis les attentats du 13 novembre à Paris.


© Air France
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Le vol AF463 qui reliait l'île Maurice à Paris a atterri en urgence dans la nuit du 19 au 20 décembre à Mombasa (Kenya) après la découverte d'un objet suspect dans un cabinet de toilette. Le dispositif s'est révélé inoffensif. Cette alerte est la quatrième à perturber un vol d'Air France ces dernières semaines, a souligné dimanche 20 décembre le PDG de la compagnie, Frédéric Gagey : Air France a eu à subir trois fausses alertes à la bombe à bord de ses avions "sur le territoire américain". Le 17 novembre, quatre jours après les attentats qui ont fait 130 morts et conduit à décréter l'état d'urgence, deux long-courriers d'Air France au départ des États-Unis, l'un de Los Angeles et l'autre de Washington, avaient atterri à la suite d'appels anonymes. Aucun explosif n'avait été trouvé.
"Depuis les attentats de Paris, nous avons renforcé la sécurité à certaines escales, en accord aussi avec les autorités locales et les sociétés de sûreté. On a sécurisé les hébergements de notre personnel, les agences, les avions et autour des avions", a expliqué lundi 21 décembre un porte-parole d'Air France. Ces mesures ont été prises dans le cadre d'un "travail au quotidien entre le ministère des Affaires étrangères, comme pour toutes les entreprises qui représentent la France à l'étranger", a-t-il précisé, en soulignant qu'"on représente la France, avec nos trois couleurs" bleu-blanc-rouge.

Les entreprises françaises exposées à des dangers à l'étranger

Le Quai d'Orsay, via sa cellule de crise et de soutien (CDCS), se coordonne régulièrement avec les entreprises françaises exposées à des dangers à l'étranger. Le groupe jihadiste État islamique (EI), qui a revendiqué les attaques de Paris, a également affirmé être responsable du crash d'un avion russe en octobre en Égypte, qui a coûté la vie aux 224 personnes à bord.
"La vigilance est certes renforcée depuis le 13 novembre, mais nous savons qu'en tant qu'étendard français nous sommes une cible potentielle pour le terrorisme et aucune prise de risque n'est jamais permise", a dit Flore Arrighi, présidente de l'Unac, syndicat représentatif des personnels navigants commerciaux (PNC). Et pour Béatrice Lestic, de la CFDT d'Air France, "l'inquiétude est beaucoup plus forte depuis les attentats de Paris et celui de Bamako", qui avait fait vingt morts le 20 novembre dans un hôtel dont un équipage d'Air France avait dû être exfiltré. "On sait bien que tout ce qui est porte-étendard devient une cible potentielle. C'est très net chez les salariés d'Air France, sans doute plus exposés que dans d'autres secteurs, y compris sur la plateforme de Roissy", selon Béatrice Lestic. Elle a confirmé les mesures de sécurité supplémentaires depuis le 13 novembre : délais d'embarquement multipliés par deux, contrôles renforcés des bagages et contrôles renforcés des salariés eux-mêmes, "ce qui alourdit considérablement la chaîne opérationnelle mais la sécurité et la sûreté priment". Pour l'expert aérien Gérard Feldzer, "il est clair que, vu le contexte politique, ils serrent encore plus les boulons, notamment par rapport aux escales, dont on n'est pas vraiment sûrs du filtrage". Dans ce cas, Air France "emmène des personnes supplémentaires, et ils doublent la sécurité au départ" de l'appareil, selon lui.
Au sujet du vol AF463, un autre expert aéronautique, Robert Galan, a abondé dans le sens des déclarations de Frédéric Gagey dimanche 20 décembre, selon lesquelles l'objet suspect n'était pas présent dans les toilettes avant le décollage. "Les procédures dans l'avion sont extrêmement poussées, lorsque l'équipage navigant monte en bord, il y a une fouille systématique de tout l'avion", a-t-il souligné, en saluant la "réactivité absolument exceptionnelle" de l'équipage après la découverte de l'objet.

Tangi Quemener et Sandra Lacut

Lundi 28 Décembre 2015



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