Air France : près de 1.000 emplois supprimés en 2016


Le PDG d'Air France-KLM a précisé dimanche 18 octobre que près d'un millier d'emplois seront supprimés en 2016 au sein de la compagnie tricolore, principalement par des départs volontaires, un passage en force dénoncé par les syndicats.


© Air France
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Le détail des suppressions de postes doit faire l'objet de discussions avec les syndicats, notamment en comité central d'entreprise (CCE) jeudi 22 octobre, date à laquelle les salariés sont appelés à manifester dans Paris pour la défense de l'emploi.
Air France a annoncé le 5 octobre, à l'occasion d'un précédent CCE éclipsé par des violences à l'encontre de deux dirigeants, la mise en œuvre d'un plan "alternatif" au projet de développement "Perform 2020", générant un sureffectif de 2.900 postes. Décidé après l'échec de négociations avec les navigants sur de nouveaux efforts de productivité, ce "plan B" comprend une réduction de 10 % de l'offre long-courrier en deux phases (- 3 % en 2016 puis - 7 % en 2017), laissant entendre aux syndicats qu'un millier d'emplois seraient supprimés en 2016 et 2.000 en 2017.
La direction s'était refusée jusqu'à présent à livrer publiquement une estimation du nombre de postes supprimés pour chacune des deux années même si, logiquement, il devait être proportionnel à la baisse d'activité. "2017 concentre l'essentiel des mesures du plan B", a confirmé dimanche le patron de la maison mère AF-KLM, Alexandre de Juniac. De fait, les suppressions d'emplois seront d'après lui "très limitées" en 2016, "moins d'un tiers du total". Interrogé sur un chiffre plus précis, il est resté très évasif, répondant "moins que ça" quand on lui demandait s'il y aurait "presque 1.000" postes supprimés.
Cinq jours avant la manifestation et le CCE d'Air France, la sortie médiatique d'Alexandre de Juniac a été peu goûtée par les syndicats. "Les instances représentatives ne sont pas respectées, une fois de plus, et les organisations syndicales non plus", a répliqué Miguel Fortea, secrétaire général de la CGT. C'est "à se demander s'il faut aller chez RTL pour discuter avec Alexandre de Juniac", a-t-il poursuivi. Force ouvrière relève pour sa part que la colère exprimée par les salariés, au début du mois, n'a pas été entendue au sommet de la compagnie. Alexandre de Juniac "continue sa feuille de route sans même prendre la peine d'analyser ce qui s'est passé le 5" octobre, "éluder les problèmes ne les fait pas disparaître", a réagi Christophe Malloggi, numéro un de FO.
Alexandre de Juniac a précisé que "des mesures de départs volontaires" seront mises en œuvre en 2016 pour résorber le sureffectif, sans préciser si des licenciements étaient prévus. La deuxième phase du plan en 2017 pourra être "évitée", si les négociations avec les syndicats "sont réussies d'ici le début de l'année prochaine", a-t-il poursuivi, en indiquant qu'il "vaut mieux un bon accord bien négocié, que pas d'accord du tout". Il a rappelé que le projet de faire voler les personnels navigants "une centaine d'heures" de plus par an "reste l'objectif".
Pour Miguel Fortea (CGT), la direction "est en train de faire porter le chapeau par avance" aux organisations syndicales, en cas de nouvel échec des négociations, alors qu'à "aucun moment il ne remet en cause sa politique sociale". "L'entreprise continue sa spirale de destruction des emplois", pourtant "la charge de travail est déjà trop lourde, dans de nombreux services, avec les effectifs actuels", poursuit Christophe Malloggi. "Les salariés se retrouvent au milieu de ce paradoxe et le vivent très mal".
Une manifestation est organisée jeudi 22 octobre à 13 heures aux abords de l'Assemblée nationale, à l'initiative d'une large intersyndicale représentant tous les personnels. Cette dernière appelle à "la levée des poursuites et des procédures disciplinaires engagées contre tous les salariés" suspectés d'avoir participé aux violences du 5 octobre. "Il y a dix-huit procédures disciplinaires engagées", a indiqué Alexandre de Juniac. Des licenciements sont selon lui "une des sanctions possibles, mais pas la seule". Cinq salariés doivent être jugés le 2 décembre au tribunal correctionnel de Bobigny pour violences aggravées.

Jean Liou et Jeremy Talbot

Lundi 19 Octobre 2015



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