Air France suspend ses vols sur Freetown en raison d'Ebola



Le premier syndicat de pilotes appelle à la grève du 15 au 22 septembre ©  Air France
Le premier syndicat de pilotes appelle à la grève du 15 au 22 septembre © Air France
Air France a annoncé mercredi 27 août suspendre provisoirement ses vols vers la capitale du Sierra Leone, Freetown, en raison de l'épidémie de fièvre Ebola qui sévit dans le pays, respectant ainsi une recommandation du gouvernement français. La compagnie aérienne maintient pour l'heure ses vols à destination et en provenance de Guinée et du Nigeria, deux autres pays touchés par l'épidémie, conformément à l'avis publié à l'issue du Conseil des ministres. Le prochain vol d'Air France vers Freetown était prévu vendredi 29 août. Le transporteur aérien a indiqué qu'il mettrait en place des mesures de réacheminement ou de remboursement pour les passagers.
La fièvre hémorragique Ebola s'est déclarée au début de l'année en Guinée avant de gagner le Liberia, la Sierra Leone et le Nigeria. Le maintien des vols de la compagnie française vers ces pays était critiqué par une partie de ses organisations syndicales. La maladie provoquée par le virus se manifeste par des hémorragies, des vomissements et des diarrhées. Son taux de mortalité peut aller de 25 à 90 % chez l'homme et il n'existe pas de vaccin homologué. Depuis le début de l'année, le virus a fait près de 1.400 morts, selon un dernier bilan de l'Organisation mondiale de la sante, dont 374 en Sierra Leone. En tout, plus de 2.400 cas ont été recensés.
Air France était l'une des dernières compagnies aériennes à continuer de desservir Freetown, avec Brussels Airlines. "Je veux encourager ces compagnies à continuer leur rotation en Sierra Leone. Elles sont notre dernier espoir", commentait d'ailleurs Alimamy Bangura, un porte-parole du ministère de l’Économie de Sierra Leone, la semaine dernière. Même si l'OMS a décrété une urgence de santé publique mondiale contre l'épidémie, et recommandé des mesures d'exception dans les pays affectés, elle n'avait néanmoins pas demandé la suspension des vols vers les pays concernés.
"Le risque de transmission de la maladie à virus Ebola au cours d'un voyage en avion est faible. Contrairement à des infections comme la grippe ou la tuberculose, le virus Ebola ne se transmet pas dans l'air qu'on respire (ni dans les particules qu'il transporte)", note également l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI).
Les Nations unies ont dit leur inquiétude devant les décisions prises par les compagnies aériennes.
Le coordinateur de l'ONU contre le virus Ebola, le Dr David Nabarro, a ainsi relevé mardi 26 août que "la décision compréhensible de certaines compagnies aériennes de ne plus desservir Freetown, Monrovia ou Conakry avait eu un énorme impact sur la capacité de l'ONU à acheminer du personnel et du matériel". "J'associe à ma compréhension une très ferme requête à tous de nous aider à trouver le moyen de continuer à avoir des compagnies aériennes desservant ces capitales pour que nous puissions faire correctement notre travail", a-t-il poursuivi. Depuis le début de l'épidémie, plusieurs mesures ont été mises en place par le secteur aérien, dont des tests de température pour les passagers en provenance des pays touchés.

Grève d'une semaine mi-septembre

Le premier syndicat de pilotes à Air France (SNPL AF Alpa) a appelé jeudi 28 août à une semaine de grève à compter du 15 septembre afin d'avoir son mot à dire dans la refonte à venir des réseaux court et moyen-courrier du groupe. Le syndicat, majoritaire chez les pilotes, agitait cette menace depuis un mois. Jeudi 28 août, il a déposé un préavis du 15 au 22 septembre, "reconductible sur une plage de 5 heures du matin à 23 heures", a annoncé son président, Jean-Louis Barber.
Après plusieurs rencontres en août avec la direction, les discussions devaient néanmoins se poursuivre dans les jours prochains, affirme-t-on des deux côtés. La grève "est un plan B", a déclaré Jean-Louis Barber, espérant "un dialogue" pour qu'elle "n'ait pas lieu". En mai, l'instance centrale du syndicat avait retiré au dernier moment un long préavis national de grève mais celui-ci ne concernait pas spécifiquement Air France. La compagnie, en restructuration depuis 2012, souhaite à tout prix éviter un conflit social au moment où elle entame son redressement.
Dans le passé, le puissant syndicat, majoritaire à Air France, a toujours été étroitement associé aux grandes décisions. Il se plaint cette fois d'une "absence de dialogue constructif et partagé" dans l'élaboration du nouveau plan stratégique "Perform 2020", dont les grandes lignes ont été dévoilées en juillet. "On a le sentiment que tout est décidé d'avance", dit Jean-Louis Barber. Ce plan de compétitivité fait suite au plan "Transform 2015", qui aura entraîné de 2012 à 2015 plus de 8.000 suppressions de postes, 10 % des effectifs.

Le SNPL "montre les biscottos"

Pour redresser le réseau court et moyen-courrier déficitaire et riposter aux low-cost, le futur plan prévoit de redistribuer des lignes aujourd'hui Air France à sa filiale régionale Hop!, ainsi qu'un développement de la filiale low-cost du groupe, Transavia, sur les dessertes européennes. Il sous-tend une grande flexibilité dans la gestion des avions et des équipages pour adapter l'offre commerciale. Sur le principe, le syndicat y est favorable mais tout dépend de "comment" le plan est mis en œuvre, prévient M. Barber.
Comment coexisteront les différentes flottes ? Quid des personnels ? Les détails ne sont pas encore connus. Le groupe a tenté en août de rassurer ses salariés, assurant que la future organisation ne nécessiterait "aucun transfert" de "personnel" (navigant et aux escales), de "contrat de travail" ou d'"appareils" entre les compagnies.
Le syndicat propose sa "solution" : créer "un groupe unique de pilotes" sous contrat Air France, pour piloter les avions de plus de 100 sièges, "quelle que soit la marque" (Air France, Hop! et Transavia). Il argue que c'est "le modèle d'exploitation qui détermine le coût et pas le système de rémunération" des pilotes. Les conditions de travail et les rémunérations des pilotes d'Air France sont globalement plus avantageuses.
Pour permettre à Transavia de lancer cet été de nouvelles liaisons, la direction avait dû âprement négocier avec le SNPL un accord pour détacher jusqu'à six A320 d'Air France avec équipages. Mais celui-ci n'était que provisoire et le groupe entend assurer à plus long terme la croissance de Transavia.
A six mois des élections professionnelles, le SNPL est bien décidé à se "faire entendre" et a durci son discours.
Pour David Ricatte, administrateur CGT du groupe, le syndicat "montre les biscottos avant la négociation qui va s'ouvrir sur Perform 2020" car il doit "reconquérir son électorat". En avril, le SNPL a perdu le siège de représentant des pilotes au conseil d'administration, arraché par le syndicat minoritaire Spaf, en pleine ascension. S'il juge lui aussi que "le périmètre d'emploi des pilotes d'Air France est en danger", le Spaf estimait ces derniers jours "prématuré" un appel à la grève.

Sylvie Husson

Jeudi 28 Août 2014



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