Air France tente d'apaiser les craintes sur l'emploi



Air France dévoilera ses intentions le 5 octobre © Air France
Air France dévoilera ses intentions le 5 octobre © Air France
Air France a écarté jeudi 24 septembre la menace de licenciements massifs qui plane depuis plusieurs semaines au-dessus de son plan "Perform", lequel vise à réduire l'écart avec à la concurrence, tout en précisant les efforts attendus de son personnel. Face aux élus du personnel, réunis en comité central d'entreprise (CCE) à Roissy, la direction a vanté une nouvelle fois son projet "Perform 2020", un plan de productivité et de croissance en discussions avec les syndicats, qu'elle espère lancer au plus vite. L'objectif est double : réaliser dans un premier temps 1,13 milliard d'euros d'économies d'ici 2017, puis investir pour revenir dans le jeu face à ses principaux concurrents - les low-cost en Europe, les compagnies asiatiques et surtout du Golfe sur le long-courrier.
La compagnie a posé un ultimatum à fin septembre : parvenir à un accord sur "Perform" avec ses pilotes (plan A) ou bien la compagnie réduira son offre long-courrier de 10 % d'ici 2017 (plan B). Que réclame-t-elle à son personnel navigant ? "Une augmentation du nombre d'heures de vol à rémunération constante", explique le PDG d'Air France, Frédéric Gagey, dans un courrier jeudi 24 septembre aux salariés. Les pilotes comme les hôtesses et stewards devraient voler "une centaine d'heures" supplémentaires par an, selon un élu du CCE. L'effort "correspondrait à environ 1,5 mois de travail gratuit", a commenté un cadre du SNPL, syndicat majoritaire de pilotes à Air France (65 % des voix).
À défaut d'accord, Air France menace de retirer une dizaine d'avions de son réseau long-courrier - déficitaire sur la moitié des lignes. Et de reporter les commandes des Boeing 787, dont elle doit prendre livraison en 2016. Depuis plusieurs semaines, les spéculations sur le nombre d'emplois menacés allaient crescendo, la CGT évoquant jusqu'à 8.000 suppressions de postes. Jeudi 24 septembre, la direction a tenté d'apaiser les craintes, en écartant provisoirement la menace d'un plan social important : le directeur général adjoint des ressources humaines à Air France, Xavier Broseta, a indiqué qu'il n'y aurait "pas de PSE (plan de sauvegarde de l'emploi) massif, même dans le cas d'un plan B".

Craintes dans les escales

Toutefois, la compagnie n'exclut pas des licenciements parmi les personnels navigants, faute d'accord avec leurs syndicats. Les personnels au sol resteraient en revanche relativement à l'abri des turbulences, la direction envisageant de recourir à de nouveaux plans de départs volontaires, selon Ronald Noirot (CFE-CGC). À ce stade, il n'y aurait pas de licenciements à la Direction générale industrielle (DGI, chargée de la maintenance) et au sein du "hub" de Roissy, où sont postés les employés au sol, selon Xavier Broseta, ont rapporté plusieurs sources syndicales. Cela n'empêchera pas l'entreprise de licencier "dans certains secteurs où on est aujourd'hui hors des clous", notamment dans les escales en régions, a cependant commenté Didier Fauverte (CGT). Marseille est notamment menacé.
Les personnels au sol ont payé le plus lourd tribut durant le plan de restructuration "Transform" (début 2012 à fin 2014), avec leurs effectifs amputés d'environ 4.200 salariés, sur les quelque 5.500 qui ont quitté la compagnie au total. Les négociations à propos du plan "Perform 2020" ont pris beaucoup de retard, puisque les pilotes n'ont accepté de discuter avec la direction que vendredi 18 septembre. Devant les élus du CCE, le SNPL Air France, sur lequel repose tous les espoirs d'accord, a affiché sa volonté "que les négociations aboutissent", selon sa représentante, Véronique Damon.
Plan A ou plan B ? La direction dévoilera ses intentions lors d'un CCE extraordinaire le 5 octobre, quelques jours après des conseils d'administration d'Air France-KLM (à Amsterdam le 1e octobre) et Air France (le 2 octobre). La majorité des syndicats ont appelé à une journée d'action et de mobilisation ce jour-là "pour s'opposer à tout licenciement". La CGT, FO et UNSA aérien appellent de leur côté à cesser le travail pour le "maintien de l'emploi local".

Jeremy Talbot

Vendredi 25 Septembre 2015



Lu 218 fois



Dans la même rubrique :
< >

Jeudi 1 Décembre 2016 - 14:36 Bombardier livre son premier CS300 à Air Baltic €


     

Entreprises | Infrastructures | Institutions | Transport maritime | Transport aérien | Transport routier | Transport fluvial | Transport ferroviaire | Transport multimodal | Transport express - Messagerie | Logistique - Supply Chain | Énergie | Matières premières - Négoce | Industrie | Services | International | Développement durable | Faits divers







Accès rapide






















 

Qu'est-ce que L'Antenne ?

Le site internet de L'Antenne est la première plateforme B2B française de services et d’actualité consacrée au secteur du transport et de la logistique. Quotidiennement nous traitons de l’actualité du fret maritime, aérien, routier, fluvial, ferroviaire et multimodal ainsi que de la logistique, de l'industrie, de l'énergie et des matières premières. Nous apportons aux professionnels des outils et services qui facilitent leur travail et aident à la prise de décisions. Chaque année, nous éditons des guides de référence dans le secteur : "Le Fret aérien pratique" et "Le Fret maritime pratique" en plus de notre guide pratique des Incoterms©. L'Antenne est aussi organisateur de salons sur les thématiques du transport multimodal de fret, de l’export et de la logistique.

Mentions ours

Design réalisé par Caroline BALDINI.

Plan du site

Syndication

© SMECI
L'Antenne est édité par Smeci (32, av. André Roussin, BP 36, 13321 Marseille Cedex 16)
RCS Marseille 447 889 395. ISSN : 0395-8582
CPPAP : 0313T79480
Dépôt légal : 10/04/2006
Gérant : Jacques Riccobono
Rédacteur en chef : Vincent Calabrèse