Après l'espoir, la situation s'enlise pour SeaFrance



© ÉRIC HOURI
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La situation de la compagnie transmanche SeaFrance était plus enlisée que jamais jeudi 5 janvier, le gouvernement et les porteurs du projet de reprise par une coopérative ouvrière (Scop) campant sur leurs positions quant au sauvetage de la filiale de la SNCF menacée de cessation d'activité. "Nous attendons le business plan de l'équipe qui doit porter la coopérative ouvrière", a déclaré Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'Écologie et des Transports, à l'issue d'une réunion entre tous les acteurs du dossier (État, SNCF, représentants de la Scop). Elle a précisé qu'elle attendait le document pour le 6 janvier au soir. La rencontre n'a toutefois pas permis de faire avancer le dossier, selon les représentants des salariés qui en ont une nouvelle fois appelé au président de la République.
"Nous avions demandé Nicolas Sarkozy de faire une vraie table ronde. Nous allons refaire d'ici demain soir un appel au président. Ils veulent liquider l'entreprise, démolir l'entreprise, et il faudrait la rebâtir", a déclaré Didier Cappelle, secrétaire général de la CFDT maritime Nord, syndicat porteur du projet de Scop. "On a apporté tous les éléments pour que le projet puisse être déposé si ses auteurs le veulent. Maintenant, on est quand même en droit de se poser la question de savoir si la volonté de sauver les emplois est réelle des deux côtés", a rétorqué le ministre des Transports Thierry Mariani.
Le dossier de la Scop, pour laquelle il manque 50 millions d'euros, doit être rendu le 6 janvier au soir au tribunal de commerce de Paris avant une audience le 9 janvier. Ce projet est la seule offre de reprise pour cette société qui emploie 880 salariés en CDI. "Il faut que le tribunal de commerce ordonne la cession, ce qui transfèrerait immédiatement les droits de SeaFrance à la coopérative" a affirmé Me Philippe Brun, avocat de la CFDT maritime Nord.

La SNCF propose des reclassements

Le projet suppose que les juges prononcent la cession de SeaFrance à la Scop, et non sa liquidation définitive, solution prônée par Nicolas Sarkozy, partisan d'un montage financier dans lequel la SNCF verserait des indemnités exceptionnelles aux salariés qui les réinjecteraient dans la coopérative. La proposition du président de la République avait été rejetée le 4 janvier par les porteurs du projet de Scop, qui placent leurs espoirs dans la création d'une société d'économie mixte (SEM) par l'État et des collectivités locales. Une fois que le tribunal aura cédé les actifs de SeaFrance – les navires, le nom commercial et fonds de commerce, les fichiers clientèle ou encore la filiale en Grande-Bretagne essentielle pour attirer les passagers britanniques – à la Scop, celle-ci céderait les navires à cette SEM, selon ce schéma.
En retour, l'argent récolté - la valeur des trois navires (le quatrième est affrété) étant estimée à plus de 150 millions d'euros – permettrait alors de financer le projet et "d'assurer la pérennité de la Scop", a estimé l'avocat de la CFDT. Problème, la mise en place de cette structure pourrait prendre six mois. "Or l'exploitation doit reprendre le plus rapidement possible, ça fait déjà près de deux mois que les bateaux sont bloqués à quai" (sur décision de la direction), a souligné Me Brun. D'ici là, "les pouvoirs publics peuvent garantir un prêt d'un établissement financier pour au moins la moitié des 50 millions d'euros nécessaires pour faire fonctionner la Scop la première année", a-t-il plaidé.
Jeudi 5 janvier, le ministre de l'Industrie, Éric Besson, a déclaré que le gouvernement croyait encore au salut de SeaFrance. Le président de la SNCF, Guillaume Pepy, s'est engagé pour sa part à proposer un reclassement dans l'entreprise à "l'ensemble des salariés" de SeaFrance en cas d'échec du projet de reprise. Mais seul un petit nombre d'entre eux pourrait retrouver un emploi sur place, a-t-il averti.

Laure Fillon et Franck Iovene

Jeudi 5 Janvier 2012





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