ArcelorMittal parie sur le rebond de l'automobile


ArcelorMittal table sur la reprise de l'industrie automobile aux États-Unis en acquérant, avec le japonais Nippon Steel, une usine dans l'Alabama de son concurrent allemand ThyssenKrupp, qui parvient enfin à se débarrasser de ce gouffre financier.


© ThyssenKrupp
© ThyssenKrupp
ArcelorMittal parie sur le rebond de l'automobile aux États-Unis, en achetant avec Nippon Steel une usine américaine de ThyssenKrupp. "En tant que fournisseurs d'acier à l'industrie automobile de l'Aléna (Canada, États-Unis et Mexique), nous renforçons nos positions avec cette acquisition sur un marché qui se remet de la crise avec force", s'est félicité dimanche 1er décembre le PDG Lakshmi Mittal. Le patron du géant sidérurgique avait annoncé en novembre que son groupe avait passé le creux de la vague. Il n'a guère perdu de temps pour passer aux actes : moins d'un mois plus tard, il acquiert pour 1,55 milliard de dollars un site qu'il avait sur le radar depuis une année au moins et qui complète son usine de l'Indiana pour alimenter le secteur automobile. Frappé par la crise qui a fait fondre ses ventes au secteur automobile en Europe et aux États-Unis, très endetté (17,8 milliards de dollars au 30 septembre), ArcelorMittal a trouvé en Nippon Steel l'associé dont il avait besoin pour acquérir "le site stratégique de Calvert" à parité. Située sur le golfe du Mexique, cette usine "est idéalement placée pour fournir de l'acier à la fois à l'industrie automobile américaine, mais aussi à la mexicaine", se réjouit le PDG, qui voit également de belles perspectives de croissance dans le secteur énergétique, avec l'exploration pétrolière dans ce même golfe.
Son fils, Aditya Mittal, a, par ailleurs, écarté que cette acquisition ait un impact sur l'objectif du groupe de réduire sa dette à 15 milliards de dollars à moyen terme. Quant au prix, en dessous des 2 milliards attendu par les analystes, il est bien inférieur aux 12 milliards d'euros que ThyssenKrupp a reconnu avoir investi dans cette usine, dont l'état est tellement parfait que Lakshmi Mittal ne voit pas la nécessité d'y apporter le moindre investissement.

Usine brésilienne

Un gouffre financier pour le groupe allemand, qui l'a manifestement bradée, mais sans parvenir à se débarrasser par la même occasion de son usine brésilienne, qui fournissait les brames à Calvert et s'est retrouvée au cœur des négociations. Lakshmi Mittal a toutefois consenti à signer un contrat avec le conglomérat allemand pour la fourniture de 2 millions de tonnes annuelles pendant six ans par le site brésilien, qui a ainsi la garantie de tourner à 40 % de ses capacités jusqu'en 2019. Dimanche 1er décembre, le PDG d'ArcelorMittal a de nouveau écarté la possibilité d'acquérir cette usine à l'avenir. Il a toutefois précisé que le contrat resterait en vigueur même si le site brésilien était repris par un autre groupe d'ici 2019. Mais comment cette usine qui s'est avéré être un désastre financier pour ThyssenKrupp peut-elle devenir rentable avec ArcelorMittal ? Le PDG a une solution très simple : "Nous allons raccourcir la chaîne logistique", a-t-il expliqué. En d'autres termes, le site de Calvert ne dépendra plus uniquement des brames importées du lointain Brésil par navire. Une situation qui rendait l'usine américaine moins flexible à la demande américaine et plus sensible aussi aux fluctuations du real brésilien.
Même s'il continuera à se fournir au Brésil, ArcelorMittal dispose d'une usine aux États-Unis et d'une autre au Mexique, beaucoup plus proches, qui lui permettront d'alimenter l'Alabama avec plus de facilité. En outre, le cours des brames sera celui fixé aux États-Unis. Surtout, Lakshmi Mittal compte augmenter la production du site pour répondre à la demande croissante du marché automobile, dont il estime qu'elle augmentera de 3 à 3,5 % cette année. "Le marché automobile américain a retrouvé ses niveaux d'avant-crise", a-t-il expliqué, tablant sur une hausse de ce marché de "15 % dans les dix prochaines années". Sur le Vieux Continent, il n'est pas aussi optimiste : "On est toujours à plus de 20 % en dessous des niveaux de 2007", a-t-il regretté. En outre, le coût de l'énergie plus avantageux rend "les États-Unis plus compétitifs" que le Vieux Continent pour produire de l'acier, a souligné Lakshmi Mittal, pour qui, tant que les coûts de l'énergie seront aussi élevés en Europe, "la croissance sera lente".

Antonio Rodriguez

Lundi 2 Décembre 2013



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