Armateurs de France et les défis environnementaux du maritime


Sans visibilité sur les taux de fret, les règles environnementales posent aux compagnies maritimes défis techniques et interrogations sur les investissements à privilégier. Avec pour témoin Ludovic Gérard, architecte naval et directeur général de CMA Ships, ces enjeux abordés par Armateurs de France ont été l'occasion de présenter les nouveautés réglementaires 2013 et l'avancement de plusieurs dossiers dont celui sur le soufre.


© CMA CGM
© CMA CGM
Transposée en droit européen par directive le 21 novembre 2012, la convention Marpol VI fixe à 0,1 % la teneur en soufre dans les carburants marins consommés dans les SECA (Baltique, Manche, Mer du Nord) d'ici 2015. À l'heure où un report de calendrier semble "de plus en plus hypothétique", reconnaît Éric Banel, délégué général d'Armateurs de France, une nouvelle fenêtre s'entrouvre via deux mesures d'accompagnement prévues par les deux textes. À préciser via l'examen d'un projet déposé par la Finlande auprès de l'Europe, la première concerne les soutiens financiers aux investissements technologiques. Lesquels pourraient être éligibles aux aides publiques dont européennes, d'États membres voire de collectivités territoriales. La seconde permet un report d'application dans le cadre de campagnes de tests et d'essais. "Marpol VI autorise des reports selon la taille des navires de dix-huit mois renouvelable une fois ou de cinq ans renouvelable une fois également". Plus restrictive, la directive européenne ne retient que la première option. À défaut d'une modification de calendrier, "les armateurs souhaitent que la directive s'aligne sur les conditions prévues par Marpol VI".

"Innover pour anticiper les futures règles environnementales"


Dans l'immédiat, de nouvelles règles environnementales sont entrées en vigueur au 1er janvier 2013. À commencer par l'index d'efficacité énergétique des navires neufs (EEDI). "Les navires neufs doivent désormais le calculer et la valeur obtenue doit être inférieure à un plafond établi sur la base des navires construits durant les dix dernières années. Aucun navire ne peut recevoir ses certificats s'il dépasse ce plafond", explique Ludovic Gérard. Appliqué à tous les navires de commerce, ce plafond sera progressivement diminué à partir de 2015 pour atteindre une réduction de l'indice de 30 % en 2025. Le plan de management de l'efficacité énergétique (SEEMP) est une autre nouveauté. "Le SEEMP est obligatoire à bord de tous les navires de plus de 400 UMS à la première visite de renouvellement de son certificat IAPP survenant après le 1er janvier 2013. Ce plan détaille les mesures techniques et opérationnelles mises en œuvre à bord pour réduire les émissions de CO2". À l'horizon 2050, l'OMI estime que l'EEDI et le SEEMP entraineront des réductions d'émissions de CO2 respectives de 600 à 1.000 Mt, et de 103 à 325 Mt. "En complément, l'augmentation de la taille des navires devrait permettre une réduction de 50 % des émissions de CO2 à l'unité de transport".

Démarche d'amélioration continue

Face aux défis posés par la réduction des émissions de dioxyde de soufre, de CO2 ou de particules, le GNL est présenté comme le carburant d'avenir. Convaincu, Armateurs de France demande aux pouvoirs publics "d'appliquer au plus vite les conclusions de la mission Jouffray dans les ports français" et soutient le projet européen d'aides en faveur du GNL dans le maritime, dans le shortsea en particulier. D'autres chantiers d'amélioration environnementale sont engagés en parallèle. Ces avancées sont illustrées par la mise en service du porte-conteneurs Marco Polo, le plus grand au monde en termes de capacité avec plus de 16.000 EVP. Elles couvrent le traitement des eaux de ballast, la gestion des déchets, les matériaux et peintures utilisés, le design des carènes... "La réduction des vitesses (slow steaming) est à l'origine d'un abaissement sensible de la consommation des navires et de leurs émissions. Un travail d'optimisation est en cours désormais pour améliorer les rendements et l'efficacité des flottes à ces vitesses". La suppression ou les nouveaux dessins de bulbes d'étrave en témoigne. Après Maersk Line, "CMA CGM procédera à de telles modifications courant 2013 sur sa flotte", confie Ludovic Gérard.

Érick Demangeon

Mercredi 30 Janvier 2013





     

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