Assises de Normandie : la Seine, un axe majeur


Les premières Assises de Normandie organisées au Havre le 8 décembre par le groupe "Ouest-France" ont rappelé l’importance de la première richesse du territoire, la mer, et la nécessité de développer l'axe Seine au-delà de l'Île-de-France.


© Haropa
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La Normandie doit prendre davantage conscience de ses forces portuaires et de ses 638 km de côtes, tel a été le message porté durant ces premières Assises des acteurs du territoire normand, organisées le 8 décembre par le groupe "Ouest-France", dans le Centre de congrès flambant neuf du Havre. La mer et la pêche, l’innovation et la culture étaient au cœur de cette manifestation qui a accueilli près de 500 participants. Il n’y a pas eu d’annonce majeure mais le rappel des atouts d’une Normandie réunifiée depuis peu.

La logistique, enjeu stratégique

Ainsi, le complexe portuaire Haropa (Le Havre-Rouen-Paris), qui regroupe 50.000 emplois salariés : le "5e port européen (en tonnage, NDLR) avec un peu plus de 2,5 millions d’EVP qui transitent par le port du Havre", selon Hervé Martel, vice-président d’Haropa et directeur général du port du Havre, derrière Rotterdam, Anvers, Hambourg et Amsterdam, a "la capacité avec Port 2000 d’accueillir les géants des mers avec plus de 20.000 conteneurs à bord". Si le report modal reste le point faible du port, avec 85 % des conteneurs acheminés par la route, la déclaration récente d’utilité publique de la ligne Serqueux-Gisors est "une décision très importante pour nous". Hervé Martel a rappelé que "l’enjeu stratégique aujourd’hui est de fixer les activités logistiques en développant la construction d’entrepôts sur notre territoire". Le deuxième parc logistique du pont de Normandie "accueille deux projets : 35.000 m2 pour Bolloré et plus de 130.000 m2 pour Panhard".

"Le combat n’est pas là, il se joue à plus de 100 km"


"La Normandie est actuellement la région française dans laquelle le groupe Bolloré investit le plus", a assuré Stéphane Courcoux, directeur général France de Bolloré Ports. Présent depuis 1885, le groupe y compte quarante implantations (logistique, ports et énergie) et plus de 1.000 personnes au Havre, à Rouen, Honfleur et Cherbourg. Mais si le rapport sur les ports de l’axe Seine, remis en juillet au secrétaire d’État aux Transports, Alain Vidalies, par le sénateur LR Charles Revet et la députée PS Valérie Fourneyron "a permis un consensus", notamment sur la nécessité de développer le report modal, Stéphane Courcoux s’est montré très critique sur le terminal multimodal du Havre : il n'apporte que "des délais et des coûts supplémentaires". Et de prôner un accès direct des barges fluviales aux terminaux de Port 2000 au Havre.

Transmanche et énergie marine renouvelable

Quant au projet du canal Seine-Nord, il "n’est pas une menace" pour Hervé Martel, qui se veut prudent : "Il ne faut pas opposer les différents projets et nous restons attentifs à l’accompagnement de l’État dans le développement d’un corridor européen Est-Ouest qui passe par Le Havre, Paris et l’Est du continent". Paul Tourret, directeur de l’Institut supérieur d’économie maritime (Isemar), a rappelé que "le combat n’est pas là. Il se joue à plus de 100 km, sur la longue distance et au-delà de l’Île-de-France".
Autres atouts du territoire normand : la pêche, la construction navale, le transmanche – "plus de 2 millions de passagers", a rappelé Philippe Deiss, directeur général de Ports normands associés (PNA) – et l’énergie marine renouvelable. Trois champs d’éoliennes offshore ont été retenus au large des côtes normandes, suite aux deux premiers appels d’offres lancés par l’État : à Courseulles-sur-Mer, Fécamp et au Tréport. Et avec le développement de l’hydrolien, a assuré Yann-Hervé de Roeck, directeur général de France énergies marines, les usines sont nécessaires à Cherbourg et au Havre : "Les ports français doivent se mobiliser pour répondre aux besoins nationaux, notamment après l’annonce récente de deux appels d’offres d’éoliennes offshore devant Dunkerque et l’île d’Oléron, mais aussi avec les perspectives de l’export".

Natalie Castetz

Mercredi 14 Décembre 2016



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