Berlin empêtrée dans une bataille autour de ses aéroports


Cinq ans de retard, 6 milliards d'euros dépensés, mais Berlin n'a toujours pas son aéroport moderne. Du coup, les partisans de l'actuel aérodrome, censé fermer, donnent de la voix à l'occasion des élections allemandes.


À Berlin, la fin de service de Tegel doit coïncider avec l'ouverture de l'aéroport BER © DPA
À Berlin, la fin de service de Tegel doit coïncider avec l'ouverture de l'aéroport BER © DPA
Le 24 septembre, jour des législatives, les Berlinois vont aussi participer à un référendum local d'initiative populaire demandant s'il faut fermer l'aéroport surchargé de Tegel. Une question en forme de défi lancé à la chancelière, Angela Merkel, qui refuse que les deux sites aéroportuaires fonctionnent en parallèle. Légalement, la fin de service de Tegel (TXL) doit coïncider avec l'ouverture de son successeur, l'aéroport BER. Problème : du fait de négligences, de l'incompétence, voire de la corruption des entrepreneurs et des autorités, l'inauguration du nouvel aéroport prévue en juin 2012 n'a jamais eu lieu et aucune date n'est fixée à ce jour.
Les défenseurs de Tegel, organisés en associations et soutenus par les libéraux du FDP, ont de ce fait lancé une offensive pour "sauver" cet aéroport. Et les sondages leur sont favorables. Apprécié de nombreux Berlinois du fait de sa facilité d'accès et de ses dimensions réduites, Tegel était aussi la principale porte de sortie de l'île qu'était Berlin Ouest dans l'espace soviétique. Voilà côté sentiments, car d'autres arguments sont mis en avant.

Déjà trop petit

Selon ses détracteurs, le nouvel aéroport, situé au sud de la capitale, ne pourra pas suffire à une ville en plein boom touristique. Rien qu'en 2017, 35 millions de passagers aériens sont attendus. Or le BER n'est prévu que pour 22 millions de voyageurs. Face à ces chiffres, même le ministre allemand des Transports, Alexander Dobrindt, s'est converti au maintien de Tegel : "Lorsque je m'aperçois que nous aurons en 2025 à Berlin 10 millions de passagers qui ne pourront pas voyager depuis le nouvel aéroport, je me dis qu’il est urgent de reconsidérer le problème". La mairie de Berlin a beau défendre le BER et promettre de porter sa capacité à 45 millions de passagers en 2025, la bataille des aéroports fait rage.

"Le BER a déjà coûté 6 milliards d'euros au lieu du 1,7 milliard prévu"


La municipalité est soutenue par de nombreux habitants, pour qui le scénario du maintien de Tegel a tout du cauchemar, notamment. Des associations se sont créées, comme "Pankow sagt Nein" (Pankow dit non), afin de mettre l'accent sur le vaste plan d’aménagement du site de Tegel, qui prévoit l'implantation d'une université scientifique, d’entreprises et d'habitations, alors que la capitale est justement en quête de logements et d'emplois.
Angela Merkel est aussi intervenue, rejetant en l'état que les deux aéroports soient maintenus. "Le cadre légal est tout autre", a-t-elle averti. Le patron des aéroports de Berlin et la mairie veulent pour leur part convaincre les électeurs que garder Tegel serait trop onéreux, alors que le BER a déjà coûté 6 milliards d'euros au lieu du 1,7 milliard prévu. "En raison de la fermeture programmée, nous avons utilisé Tegel jusqu’à l’usure pendant des années", a expliqué Engelbert Lütke-Daldrup, président de la société Aéroports de Berlin Brandebourg, et "une nécessaire rénovation coûterait plus d’un milliard d’euros".
Toujours est-il que ni la mairie ni le gouvernement n'ont clairement dit ce qu'il se passerait si les Berlinois devaient voter pour le maintien de Tegel. "Il faudra réfléchir à ce résultat", ose prudemment Matthias Kollatz-Ahnen, ministre des Finances de Berlin. Avant tout, ce résultat serait une humiliation pour la mairie.

Chloé Fiancette

Jeudi 14 Septembre 2017



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