Blocages, opérations escargot... les routiers mobilisés pour leurs salaires



Des routiers ont relancé lundi 16 mars le mouvement de protestation sur les salaires interrompu en février © Renault Trucks
Des routiers ont relancé lundi 16 mars le mouvement de protestation sur les salaires interrompu en février © Renault Trucks
Zones d'activités bloquées, opérations escargots et barrages filtrants : des routiers ont relancé lundi 16 mars le mouvement de protestation sur les salaires interrompu en février, menant plus d'une vingtaine d'actions sur tout le territoire. "C'est quand même lamentable de constater que nos employeurs n'arrivent pas à comprendre que les chauffeurs routiers ne veulent pas finir leur carrière en étant toujours au Smic", a déclaré Bruno Petit, de la CFDT (Normandie), présent sur un barrage filtrant installé au sud de Rouen. L'intersyndicale (CFDT, CGT, FO, CFTC, CFE-CGC), à l'origine de la "grève à durée indéterminée" lancée dimanche 15 mars en soirée, vise avant tout des lieux stratégiques pour les groupes de transport, dont les patrons refusent de reprendre les négociations salariales annuelles depuis le 9 février. Les discussions avaient alors pris fin sur un profond désaccord, les 2 % maximum d'augmentation salariale proposés par la partie patronale étant trop éloignés des revendications des syndicats. La semaine dernière, ces derniers ont revu leurs prétentions à la baisse, renonçant au plafond minimum de 10 euros bruts de l'heure réclamé pour les plus bas coefficients du transport routier (actuellement à 9,43 euros). Ils acceptent désormais 9,82 euros, un montant qui reste bien supérieur à celui proposé par le patronat, soit 9,62 euros et un centime de plus que le Smic en 2015. Seule, l'organisation patronale des PME (OTRE) s'était déclarée favorable à la reprise du dialogue. Mais la puissante fédération FNTR et ses alliés TLF et Unostra n'ont pour le moment pas suivi. Sans réponse de la part du patronat, les syndicats ont décidé de reprendre leurs actions de blocages lundi 16 mars, à Bordeaux, Clermont-Ferrand, Caen ou Toulouse.

Grilles salariales bloquées depuis 2012

Ce sont "plus de 25 points de blocage" qui ont été mis en place dans l'ensemble des régions en France, selon Fabian Tosolini, porte-parole de la CFDT Transports. En région parisienne, une cinquantaine de militants bloquaient "depuis 4 heures du matin la zone logistique de Châtres" (Seine-et-Marne), a précisé Fabian Tosolini, assurant que "plus rien n'entre ni ne sort" de cette plateforme d'activité. À Caen, "une bonne soixantaine de militants" bloquaient la porte de Bretagne, à la jointure des périphériques Nord et Sud, a affirmé Pascal Petri (CFTC). "On fait garer les camions" tandis que les voitures passent au ralenti, explique-t-il. Quelque 190 camions sont arrêtés, selon une source policière. Dans le Bas-Rhin, une "petite centaine" de militants en colère bloquaient dans la matinée un entrepôt de marchandises Auchan de la zone industrielle de Duppigheim. Et au nord de Toulouse, c'est un centre routier qui a été ciblé dès dimanche 15 mars. "Une cinquantaine de camions bloquent toujours" son accès lundi 16 mars, a indiqué la gendarmerie, précisant que l'ambiance était "calme".
En outre, selon le Centre régional d'information routière (CRICR), l'accès à l'A62 en direction de Bordeaux était "bloqué pour les poids lourds". "Nous maintenons le blocage jusqu'à ce que les patrons reviennent à la table des négociations. Cela durera le temps qu'il faut", a indiqué Stéphan Pouget, responsable Midi-Pyrénées de la CFDT Route. Au nord de Bordeaux, une cinquantaine de manifestants bloquaient depuis 3 heures l’accès au dépôt pétrolier de Bassens. Dans la région de Lille, la circulation a été fortement perturbée dans la matinée, avec au maximum 33 km de bouchons sur l'A1 et l'A21, a indiqué le Centre régional de circulation routière. À 13 heures, les routiers ont prévu une manifestation escargot sur l'autoroute A4, au nord de Strasbourg. Les grilles salariales dans le transport routier de marchandises (près de 330.000 salariés fin 2013) sont bloquées depuis 2012. Depuis, la totalité des minima conventionnels à l'embauche est passée, à l'exception d'un seul, sous le salaire minimum.

Jeremy Talbot

Lundi 16 Mars 2015



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