Boeing relève ses prévisions annuelles


L'avionneur américain Boeing a relevé mercredi 22 octobre pour la troisième fois sa prévision de bénéfice annuel, invoquant une demande accrue pour les avions de ligne mais il est sanctionné par les coûts élevés de son avion nouvelle génération, le 787 "Dreamliner".


Boeing relève ses prévisions annuelles
Les coûts de production du Boeing 787 "Dreamliner", l'avion nouvelle génération, se sont élevés à 25,2 milliards de dollars au troisième trimestre, dépassant le chiffre d'"environ 25 milliards de dollars" d'ici 2015 avancé auparavant par Boeing. Cette facture élevée va amputer les 7 milliards de dollars de liquidités qu'espère détenir l'avionneur pour l'ensemble de l'année. À trois mois de la fin de l'année, le compte n'est que de 4,6 milliards de dollars. Hormis ce vent contraire, le constructeur s'est montré optimiste, après avoir observé des signaux positifs lors des trois derniers mois, période au cours de laquelle il a dégagé un bénéfice net de 1,36 milliard de dollars, en hausse de 17,6 % sur un an, malgré une conjoncture morose à travers le globe. Rapporté par action et hors éléments exceptionnels, référence des investisseurs américains, le bénéfice est de 2,14 dollars, contre 1,98 dollar attendu en moyenne.
L'activité tourne à fond : le chiffre d'affaires de 23,78 milliards de dollars (+ 7,5 % sur un an) est meilleur que les 22,02 milliards de dollars anticipés. Le PDG, Jim McNerney, vante une "importante" croissance qui va permettre "une montée en puissance de la production d’avions, de l’exécution des programmes en développement, ainsi que l’amélioration de la productivité et l’optimisation des coûts à tous les niveaux de l’entreprise". L'avionneur a ainsi porté son objectif de bénéfice par action annuel dans une fourchette comprise entre 8,10 et 8,30 dollars, contre 7,90 à 8,10 dollars annoncés auparavant. Les analystes attendent en moyenne 8,28 dollars. L'objectif de chiffre d'affaires annuel compris entre 87,5 et 90,5 milliards demeure inchangé, contre 89,6 milliards attendus.

5.500 avions en commande

Boeing est portée par la dynamique actuelle dans l'aviation civile où les prix élevés du pétrole poussent les compagnies aériennes à renouveler leurs flottes avec des avions économes en carburant. Lors des trois derniers mois, Boeing a reçu 501 commandes nettes. Son carnet de commandes est estimé à 430 milliards de dollars, portant sur plus de 5.500 avions de ligne.

Il a livré 186 appareils, soit une hausse de 9,4 % sur un an et prévoit d'en délivrer de 715 à 725 pour l'ensemble de l'année, dont environ 110 Boeing 787. De janvier à septembre, le constructeur en est à 528 avions livrés aux compagnies clientes pour 1.000 appareils nets commandés contre respectivement 443 et 791 à son éternel rival européen Airbus. Les versions remotorisées du 737, son best-seller, sont très demandées par les compagnies aériennes, notamment les moyen courrier 737 Max et leurs déclinaisons allongées comme le 737 Max 200 disposant d'une capacité de transport allant jusqu'à 200 sièges. En septembre, la compagnie à bas coûts Ryanair lui a passé commande d'au moins 100 avions de la famille 737, estimés au total à 11 milliards de dollars au prix catalogue. Idem pour le programme 777-9X, une version modernisée de son long-courrier vedette qui comprend une nouvelle motorisation et une nouvelle voilure en composite, deux éléments permettant aux compagnies aériennes de réduire leur facture de kérosène. Face à cet engouement, Boeing a décidé d'augmenter la production mensuelle des modèles 737 : à compter de 2018, le constructeur aéronautique va produire 52 appareils par mois contre 47 annoncés précédemment pour 2017.
La division aviation civile a enregistré un bond de ses revenus trimestriels de 15,1 % sur un an à 16,11 milliards de dollars. Cette tendance devrait se poursuivre puisque Boeing parie sur la Chine où il estime que les besoins sur les vingt années à venir sont de 6.020 avions de ligne pour répondre à l'essor du tourisme en Asie. Les recettes de la division espace et défense ont diminué de 1,65 % sur un an à 7,91 milliards de dollars, principalement affectées par la baisse des dépenses du Pentagone. Boeing a fait part récemment de son intention de réduire les coûts dans cette division pour s'adapter aux coupes budgétaires de gouvernements à travers le monde.

Premières affaires en Iran depuis 35 ans

Boeing a effectué ses premières transactions en Iran depuis l'embargo américain de 1979 et la crise des otages. "Durant le troisième trimestre, nous avons vendu des manuels d'avions, des dessins, des cartes et données de navigation à Iran Air", la compagnie aérienne nationale. Ces opérations sont légales, Boeing ayant obtenu un feu vert en avril du département du Trésor, dans le cadre de l'accord intérimaire sur le nucléaire iranien signé en novembre 2013 entre Téhéran et le groupe 5+1 (États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine et Allemagne). Cette licence l'autorise à vendre des pièces détachées d'avions de ligne qui ont besoin d'être changées pour des raisons de sûreté à l'Iran sur "une courte durée". Ces premières transactions ont généré pour l'avionneur un chiffre d'affaires de 120.000 dollars pour un bénéfice net de 12.000 dollars.

Transformer de l'huile usagée en kérosène

Boeing a établi en Chine une usine où il compte, en collaboration avec un groupe chinois, transformer de l'huile de cuisine usagée - à l'origine de multiples scandales sanitaires en Asie - en carburant. Boeing s'est associé au groupe aéronautique chinois Comac (Commercial Aircraft Corporation of China) pour reconvertir "l'huile de caniveau" - surnom donné en Chine à l'huile domestique usagée -, dans un site industriel mis sur pied à cette fin à Hangzhou. Les deux groupes estiment que le volume total d'huiles de cuisson usagées généré chaque année en Chine permettrait de produire - après traitement - jusqu'à 1,8 milliard de litres de biocarburant chaque année. Airbus, le rival européen de Boeing, avait quant à lui annoncé en 2012 avoir l'intention de développer avec le géant pétrolier chinois Sinopec un programme de production de carburant "renouvelable" pour un usage commercial en Chine.

Luc Olinga

Mardi 28 Octobre 2014



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