Brexit : les entreprises françaises vont devoir s'adapter


Baisse de la livre sterling, rétablissement de barrières douanières... La sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne va obliger les entreprises françaises implantées Outre-Manche à adapter leurs pratiques commerciales ou juridiques. Mais le processus devrait prendre plusieurs années.


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Pour de nombreux économistes, l'effet de change est la conséquence la plus évidente à attendre du Brexit à court et moyen terme. "Il y a un risque de décrochage durable de la livre sterling", en raison des "craintes pesant sur l'économie britannique", résume Denis Ferrand, directeur de l'institut COE-Rexecode. Pour les entreprises françaises, ce décrochage sera synonyme de baisse des ventes, la chute de la devise britannique - qui a perdu depuis jeudi 23 juin environ 8 % de sa valeur face à l'euro - rendant mécaniquement les produits importés de la zone euro plus chers pour les consommateurs britanniques. Selon Euler Hermes, le Brexit pourrait faire reculer les exportations françaises de 3,2 milliards d'euros entre 2017 et 2019, notamment dans le secteur de la chimie, de l'agroalimentaire et des machines et équipements. Un montant important au vu des ventes tricolores au Royaume-Uni, proches de 30 milliards d'euros par an.
Du côté des règles douanières, "si, à chaque fois qu'il y a un morceau de métal qui traverse la Manche, et il y en a, il y a une taxe, évidemment la compétitivité d’Airbus est par terre", a prévenu la semaine dernière Marwan Lahoud, responsable de la stratégie de l'avionneur européen, rappelant que les ailes des avions sont construites au Pays de Galles. Le rétablissement des droits de douanes, avec le Brexit, est en effet une question-clé, aussi bien pour les entreprises qui exportent vers le Royaume-Uni que pour celles qui y sont implantées et exportent vers le reste du marché européen. Mais "tant que la procédure de sortie n'est pas entamée, on ne peut pas dire ce qui va changer en matière de règles douanières", insiste Ana Boata, économiste chez Euler Hermès. "On ne peut pas chiffrer aujourd'hui ce que pèsera un rétablissement des droits de douane. Les négociations définiront les droits de douane futurs", renchérit Joseph Smallhoover, avocat spécialisé en droits de douane et sur les questions de commerce international associé au cabinet Bryan Cave.
Dans le domaine du droit du travail, selon l'Insee, près de 3.000 filiales françaises sont implantées au Royaume-Uni, et y emploient 359.000 personnes. Le Royaume-Uni est ainsi le premier pays européen d'implantation des entreprises françaises pour le nombre d'employés.  Pour le personnel non-britannique, le Brexit aura des conséquences. "Tous les ressortissants de l'UE qui résident au Royaume-Uni bénéficient de la liberté de circulation, mais à l'issue des négociations (...) ils devront éventuellement passer sous un régime de visa", indique Guillaume Bordier, avocat au cabinet Capstan, spécialiste du droit social et de la sécurité sociale. Les entreprises françaises réfléchiront donc davantage avant d'envoyer des salariés.

Rebond des marchés mondiaux

Après deux séances particulièrement calamiteuses, les marchés mondiaux ont redressé la tête mardi 28 juin sans toutefois cesser de se préoccuper du flottement persistant créé par le Brexit. "La panique est derrière nous", a estimé Christopher Dembik, un économiste de Saxo Banque même si d'autres experts ne voyaient qu'un simple rebond technique lié à des opportunités de rachats après les dégringolades boursières des derniers jours. Portée par ce rebond, la Bourse de New York a toutefois gagné 1,57 %, dans le sillage des places européennes et sans doute réconfortée par une analyse de l'agence Fitch prédisant un impact "limité" du Brexit sur l'économie américaine. À la clôture, Paris a pris 2,61 %, Francfort 1,93 % et Londres 2,64 %. Madrid a eu aussi le vent en poupe avec une hausse de 2,48 %, tout comme Milan (+ 3,3 %).

Eleonore Dermy et Valentin Bontemps

Mercredi 29 Juin 2016



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