Brittany Ferries entre dans l'ère du GNL avec une commande à STX France


Brittany Ferries a officialisé la commande d'un grand ferry au GNL auprès de STX France. La compagnie bretonne engage ainsi un plan de conversion de sa flotte avec des navires plus écologiques.


Le futur navire de Brittany Ferries coûtera 270 millions d'euros © STX
Le futur navire de Brittany Ferries coûtera 270 millions d'euros © STX
Brittany Ferries a officiellement commandé la construction d'un navire propulsé au gaz naturel auprès des chantiers STX France de Saint-Nazaire. Le nouveau ferry, destiné à relier la Grande-Bretagne et l'Espagne début 2017, doit être livré fin 2016. Désigné sous le nom de code Pegasis (Power Efficient Gas Innovative Ship), ce navire de 210 mètres sera l'un des trois plus grands navires à gaz naturel liquéfié (GNL) au monde, selon la compagnie, et pourra transporter 2.400 passagers, 600 voitures et 40 camions. Cette future unité d'un coût de 270 millions d'euros représente "une nouvelle génération de navires écologiques", pour STX. Le Pegasis sera conforme aux normes sur les émissions de gaz de la convention Marpol annexe VI, qui entreront en vigueur en 2015. Les émissions d'oxyde de soufre (SOx) seront réduites de 99 % et celles d'oxyde d'azote (NOx) de 80 % d'après l'armateur français, qui se prévaut de lancer "le premier cruise ferry" à propulsion au GNL à naviguer sur l'arc Atlantique

 

Verdissement de la flotte

 

Brittany Ferries annonce vouloir dépasser le strict cadre de la réglementation anti-pollution et met en avant la construction d'"un modèle économique et environnemental viable et cohérent sur le moyen et long terme". La compagnie compte ainsi investir 400 millions d'euros entre 2014 et 2016, faire migrer progressivement sa flotte vers le tout GNL, avec l'objectif de "réduire des émissions de SOx, de NOx, de CO2 et de particules fines de 20 à 95 % en deçà des niveaux réglementaires". En plus de l'achat du Pegasis, l'armement prévoit de remotoriser trois navires afin de les convertir au GNL : le "Mont Saint-Michel", le "Pont-Aven" et l'"Armorique", respectivement construits en 2002, 2004 et 2009.


"Un modèle économique et environnemental viable et cohérent"


Le programme comprend aussi l'installation des scrubbers (filtres à fumées) sur trois de ses quatre navires les plus anciens : le "Barfleur", le "Normandie" et le "Cap Finistère", construits en 1992 pour les deux premiers et en 2001 pour le troisième. Pour Brittany Ferries, il s'agit de "la solution technique la plus adaptée compte tenu de leur année de construction". Son président, Jean-Marc Roué, compte non seulement sur l'avantage écologique mais aussi économique du GNL, la facture fuel de la compagnie ayant triplé depuis 2000, pour dépasser les 90 millions d'euros.

Cet investissement intervient alors que la compagnie bretonne sort d'un plan de retour à la compétitivité. Elle, dont toute la flotte navigue sous pavillon français, a retrouvé l'équilibre et en 2013, après avoir été la seule à connaître un résultat positif sur le transmanche, selon son patron .

 

Bonne nouvelle pour STX

 

"Au-delà de cette commande qui représente d'ores et déjà 2,6 millions d'heures de travail, soit 500 emplois pendant trois ans, STX pourra ainsi développer son expertise et sa compétitivité dans une filière industrielle naissante", se sont félicités les ministres du Redressement productif, Arnaud Montebourg, et des Transports, Frédéric Cuvillier.

Cette commande est une "bonne nouvelle, notamment pour les bureaux d'étude" et pour le positionnement de STX sur le marché des ferries au gaz, adaptés aux normes anti-pollution à venir, a estimé de son côté Laurent Castaing, directeur général de STX France, même si elle "ne sera pas suffisante pour déclencher à elle seule des embauches". Les chantiers espèrent une commande de deux paquebots pour MSC, plus deux en option, et peut-être la commande d'un deuxième "Oasis" pour Royal Carribean. Mais selon la direction de STX France, ces commandes sont suspendues à un "accord de compétitivité" avec les syndicats, nécessaire selon elle pour baisser les coûts de production.


Franck André

Mercredi 15 Janvier 2014



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