Brittany Ferries : les marins témoignent de leur "malaise"


Quand Brittany Ferries "nous a dit : "vous restez à quai", c'était énorme, tout le monde s'est retrouvé démoralisé", a témoigné lundi 24 septembre un des marins de la compagnie bretonne, qui a immobilisé ses huit navires à la suite de mouvements de grève des personnels navigants.


© Brittany Ferries
© Brittany Ferries
Syndicats et direction de Brittany Ferries avaient prévu de se réunir mardi 25 septembre au matin à Roscoff (Finistère) pour tenter de débloquer le conflit entamé le 13 septembre et qui a eu pour conséquence le blocage des navires de la compagnie, à bord desquels les marins faisaient état de leur malaise. "Quand la compagnie nous a dit : "vous restez à quai, on bloque les navires", on n'a pas compris, c'était énorme, tout le monde s'est retrouvé démoralisé, on s'est sentis coupables", a raconté Jérôme Villemin, 43 ans, maître mécanicien à bord du "Pont-Aven" immobilisé à Brest. "Mais il fallait en passer par-là et personne ne regrette ce qui a été fait", a-t-il poursuivi.
La compagnie, qui dessert la Grande-Bretagne, l'Irlande et l'Espagne, a décidé vendredi 21 septembre d'immobiliser ses navires jusqu'à nouvel ordre en raison des grèves à répétition de son personnel navigant opposé à des réductions de salaires. Elle a intimé l'ordre aux marins de quitter les navires, ce que ces derniers ont refusé de faire. "Un marin ne peut pas quitter son navire comme ça, c'est impossible !", a expliqué Jérôme Villemin depuis l'un des accès au port de Brest.
Confrontée à des difficultés financières depuis plusieurs années, Brittany Ferries avait annoncé début juin la suppression de traversées avant et après saison et la réduction des coûts salariaux. Mais le personnel navigant ne veut pas renoncer à certaines primes et surtout exige que leur montant soit proportionnel aux salaires. Il souhaite aussi que la direction adopte une clause de "retour à meilleure fortune", à savoir que les efforts consentis en termes de salaires soient limités dans le temps jusqu'à ce que les finances de la compagnie aillent mieux.

"Travailler plus pour gagner moins"


"On est prêts à donner, c'est ça qu'il faut bien comprendre, on est tous prêts à donner quelque chose, mais pas n'importe comment et pas à n'importe quel prix", a assuré M. Villemin. Brittany Ferries, "c'est viscéral chez nous", a-t-il indiqué, visiblement ému. "On devrait travailler plus pour gagner moins !", s'insurge de son côté Marlène Diez, 32 ans, hôtesse à bord du même navire, expliquant qu'on veut lui retirer 126 euros sur un salaire de 1.250 euros nets par mois, tout en augmentant sa charge de travail qui pourrait à terme avoisiner les quatorze heures par jour. La jeune femme explique travailler, comme tous les marins de la compagnie, une semaine sur deux, mais assure que "la semaine de repos est bien méritée".
La direction de la compagnie s'est refusée à tout commentaire sur la réunion prévue mardi "tant qu'une décision n'aura pas été prise". "Nous allons tenter de nous mettre d'accord sur un accord cadre qui traitera du temps de travail, de l'emploi et des salaires", a expliqué Jean-Paul Corbel, délégué CFDT. "Il s'agit de trouver la façon dont on va se sortir de cette impasse qui, je le rappelle, est à l'initiative de l'entreprise". Depuis vendredi et l'arrêt des ferries, les passagers de Brittany Ferries ont été réorientés vers les compagnies de ferry opérant sur Calais, un manque à gagner qui va se chiffrer en millions d'euros, selon la compagnie bretonne. Brittany Ferries, créée en 1973, revendique 2,6 millions de passagers transportés par an, dont 85 % de Britanniques.

Sandra Ferrer

Mardi 25 Septembre 2012





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