Bruno Le Maire annonce une nationalisation temporaire de STX France



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Le ministre français de l'Économie, Bruno Le Maire, a annoncé jeudi 27 juillet une nationalisation temporaire des chantiers navals de STX France afin de "défendre les intérêts stratégiques de la France", après l'échec des discussions avec le groupe italien Fincantieri. "Nous avons pris la décision d'exercer le droit de préemption de l’État sur STX", a déclaré le ministre à Bercy. Cette opération est toutefois temporaire, les chantiers navals de Saint-Nazaire n'ayant "pas vocation" à rester dans le giron de l'État, a-t-il précisé. "Les chantiers de Saint-Nazaire sont un outil industriel unique en France. Nous voulions donc garantir aux salariés, mais aussi à la Région, aux clients, aux sous-traitants, à tous les Français, que les compétences exceptionnelles des chantiers en termes de construction resteront en France", a-t-il détaillé. Selon le ministre, qui s'est refusé au cours de son intervention à utiliser le terme de "nationalisation", la prise de contrôle de STX France "coûtera environ 80 millions d'euros à l'État". Cela "doit nous donner le temps de négocier dans les meilleures conditions possibles", afin de "bâtir un projet industriel européen solide et ambitieux", a-t-il poursuivi.
Bruno Le Maire avait lancé un ultimatum aux autorités italiennes mercredi 26 juillet, les enjoignant d'accepter "un contrôle à 50-50" des chantiers de Saint-Nazaire entre le groupe Fincantieri et les actionnaires français. Cet ultimatum avait été accueilli par une fin de non-recevoir à Rome. "Il n'y a aucune raison pour que Fincantieri renonce à la majorité et au contrôle" de STX, avait déclaré le ministre des Finances italien, Pier Carlo Padoan, ouvrant la voie à une prise de contrôle de STX par l'État Français. "Cette proposition a été refusée par le gouvernement mais elle reste sur la table", a assuré jeudi Bruno Le Maire, qui a annoncé qu'il se rendrait mardi 1er août à Rome pour "reprendre la négociation". "Nos amis italiens sont les bienvenus en France", a-t-il répété.
La France, qui dispose aujourd'hui d'un peu plus de 33 % de STX France, avait jusqu'à vendredi 28 juillet minuit pour exercer son droit de préemption sur les 66 % restants, actuellement détenus par le sud-coréen STX Offshore and Shipbuilding, la justice coréenne devant entériner samedi 29 juillet la revente des parts détenues par le groupe en difficulté.

Un duel inégal France-Italie

Gucci, Loro Piana, Telecom Italia... Les sociétés italiennes tombées dans l'escarcelle de groupes français sont légion. Face à cette situation, l'incompréhension est vive en Italie sur la fin de non-recevoir opposée par Paris à une prise de contrôle majoritaire italienne de STX France. D'après une étude de KPMG publiée début 2017, et qui ne tient donc pas compte des dernières acquisitions, les groupes français ont pris en une décennie le contrôle de 185 entreprises italiennes pour 50 milliards d'euros, tandis que les Italiens n'achetaient que 97 sociétés françaises, pour 7,5 milliards. Quelque 7 % de la capitalisation de la Bourse de Milan est ainsi aujourd'hui entre les mains des Français, alors que les Italiens ne contrôlent que 0,9 % de la place financière parisienne, affirmait en avril le quotidien économique italien "Il Sole 24 Ore", dans un article intitulé "France-Italie et l'asymétrie du patriotisme économique". La raison : "le système industriel italien est beaucoup plus fragmenté" que le système français et "rarement sont présents des phénomènes d’agrégation d'entreprises", expliquait récemment le doyen de l'école de commerce de Polytechnique à Milan, Andrea Sianesi. Le mouvement est particulièrement prégnant dans le secteur du luxe, où l'Italie est connue pour son savoir-faire, mais où les mastodontes sont français. La France a aussi fait son marché dans l'énergie - Edison racheté par EDF en 2012 après une longue bataille -, l'alimentaire - Parmalat passé sous le contrôle de Lactalis - et la distribution - les supermarchés GS devenus Carrefour.
Le secteur bancaire n'est pas en reste, ni celui des télécoms ou des médias. Le mouvement existe en sens inverse, mais à une échelle moindre. Récemment, le torréfacteur Lavazza a ainsi mis la main sur Carte Noire, Campari sur Grand Marnier et Fila s'est emparé du papetier Canson. "Les Français sont meilleurs à faire front quand ils sont attaqués", selon Andrea Sianesi. Et le gouvernement français sait monter au créneau en cas de besoin.

AFP

Jeudi 27 Juillet 2017



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