"Bugaled Breizh" : l'appel de la dernière chance



"Bugaled Breizh" : l'appel de la dernière chance
Onze ans après la mort des cinq marins du "Bugaled Breizh", une audience de la dernière chance s'est ouverte mardi 3 mars, à Rennes, pour examiner la contestation du non-lieu prononcé l'an dernier sur le naufrage en Manche du chalutier breton en 2004. "Yves, Georges, Pascal, Patrick, Éric, on ne vous oublie pas" : derrière une banderole à la mémoire des cinq membres d'équipage du bateau de pêche, les familles des victimes ont manifesté sur les marches du parlement de Bretagne, siège de la cour d'appel où se déroule l'audience. Alors que le huis clos était prévu, les journalistes ont été autorisés à assister à l'audience devant la chambre de l'instruction, qui se penche sur l'appel des familles des victimes contre l'ordonnance de non-lieu prononcée en mai 2014 par les juges d'instruction. Les proches des pêcheurs décédés continuent de croire que le bateau a été envoyé par le fond par un sous-marin qui se serait pris dans ses filets. Dénonçant devant la cour un dossier placé depuis le début "sous le signe du mensonge par action et par omission", Dominique Tricaud, l'un des avocats des familles, a appelé la justice à reconnaître la responsabilité d'un sous-marin dans le drame, "parce que tout autre hypothèse" équivaudrait selon lui "à la reconnaissance d'un secret d’État". Devant une maquette du navire apportée à l'audience, il a réclamé "la poursuite des investigations parce qu'elles sont simples", impliquant notamment selon lui l'audition de membres d'équipage de sous-marins qui ont navigué à proximité du chalutier.
"On n'est pas loin d'avoir quelqu'un qui finira par parler", a déclaré juste avant le début de l'audience Dominique Launay, le président de l'association SOS Bugaled Breizh. "On espère un sursaut, de la dignité, qu'il va vraiment se passer quelque chose aujourd'hui. On ne peut pas partir sans avoir la vérité", a-t-il plaidé.

Ça passe ou ça casse

Le "Bugaled Breizh", immatriculé au Guilvinec (Finistère), avait sombré au sud-ouest de l'Angleterre le 15 janvier 2004. Pour les proches des victimes, confortés par une première instruction, en 2008, selon laquelle l'hypothèse du sous-marin était "la plus sérieuse", le navire a été accidentellement happé par un sous-marin, alors que se déroulaient dans la zone où il pêchait des manœuvres internationales avec des sous-marins de diverses nationalités, y compris français.
Pour Christian Bergot, autre avocat des familles, cette audience est celle de la dernière chance : "Ça passe ou ça casse. Si le non-lieu est confirmé, le dossier est mort." "Je vais demander à la cour de poursuivre les investigations" dans la lignée des éléments apportés par l'expert Dominique Salles, a-t-il expliqué. L'expert, ancien sous-marinier, avait remis à la justice, avant le non-lieu, une "note très circonstanciée" concernant la présence sur zone d'un sous-marin américain, mais cette piste n'a pas été explorée.
Close le 3 juillet 2013, l'instruction du dossier, qui s'est à plusieurs reprises heurtée au secret défense, n'a pas validé la thèse du sous-marin, qu'il soit américain ou britannique. Après avoir écrit au président de la République pour lui demander une audience, l'armateur du chalutier, Michel Douce, a reçu ces dernières semaines un courrier dans lequel le chef de l’État exprime sa compassion mais renvoie vers la garde des Sceaux, Christiane Taubira. Quant au ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, qui est Breton et a présidé sa région de nombreuses années, il a répondu à l'armateur que "la justice n'a pas établi de lien entre ces manœuvres et le naufrage et qu'aucun engagement de l’État dans cet accident n'a pu être démontré". La décision de la chambre de l'instruction pourrait être mise en délibéré.

Anne Meyer

Mardi 3 Mars 2015



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