CMAF : "Nous sommes sur la bonne voie"


Le président du Comité marseillais des armateurs de France (CMAF), Christian Domini, est attentif aux mutations du trafic de vracs liquides à Fos et à la situation de la SNCM. Il se réjouit de la bonne santé de la croisière et du conteneur, ainsi que de l'extension de l'obligation de pavillon français au transport de pétrole raffiné.


© Franck André
© Franck André
Quel est l'état d'esprit des armateurs marseillais ?
Il y a une inquiétude au plan local concernant le devenir de la SNCM, qui peut générer de grandes difficultés pour les professionnels de la place portuaire. La seconde inquiétude concerne l'érosion de la filière des produits pétroliers. Sur la zone portuaire de Lavéra-Fos, les tonnages diminuent.

L'ère du pétrole à Marseille-Fos est-elle derrière nous ?
Nous serons amenés à traiter davantage de raffiné et beaucoup moins de brut. Le trafic vers l'Allemagne perdu par le SPSE (pipeline sud européen, NDLR) au bénéfice de Trieste il y a deux ans, on ne le retrouvera jamais. On entend parler de restructuration, notamment pour la raffinerie de Berre. D'autre part, des positions doivent être prises prochainement par Total concernant son organisation en France. Cette situation est préjudiciable pour tout le monde. Quand il y a beaucoup de raffineries sur une zone, cela génère aussi beaucoup d'échanges entre elles. Lorsqu'elles disparaissent, ce trafic disparaît avec elles.
Il y a quand même des secteurs qui fonctionnent, notamment le conteneur à Fos et la croisière. Il faut arriver à modifier la configuration des bassins Est pour pouvoir accueillir les plus grands navires de croisière car c'est le sens de l'Histoire. Mais il ne faudrait pas que les problèmes de la SNCM rejaillissent sur cette activité comme l'été dernier. Nous croyons dans le port de Marseille, nous sommes sur la bonne voie. On a fait de grands pas depuis 2007, même s'il y a des secteurs sur lesquels nous avons moins de prise. Les choses s'améliorent et nous croyons en cette zone.

Quelles seraient les conséquences d'une disparition de la SNCM ?
Je n'ose pas imaginer la disparition pure et simple de la SNCM. Marseille ne peut qu'être le port principal de la desserte de la Corse. Le service perdurera sous une forme ou une autre. Quoi qu'il en soit, cette situation n'est pas le seul fait du personnel de la compagnie. Personne n'a envie de régresser socialement, ce n'est pas de leur responsabilité d'être arrivés au-delà des conditions habituelles. Ils n'ont pas signé les accords sociaux tout seuls.

"Accueillir les plus grands paquebots, c'est le sens de l'Histoire"

Christian Domini © Maritima
Christian Domini © Maritima

Quel est votre sentiment sur l'entrée en vigueur prochaine de la directive soufre ?
C'est une bonne chose de réduire les émissions de soufre mais ce serait bien que les décisions soient plus concertées car les investissements dans le maritime sont très lourds. Le calendrier aurait pu être plus souple parce que 2015, c'est demain. À Marseille, nous regardons cela de loin car l'obligation ne nous concerne pas encore, mais cela viendra un jour.

L'avenir est-il dans la propulsion au GNL ?
Le GNL est une bonne solution en termes de pollution mais il y a d'autres réalités, par exemple les gasoils adaptés. De plus, le prix du GNL est compétitif aujourd'hui mais qu'en sera-t-il demain ? L'utilisation de cette solution est encore rare, même dans les ports du Nord. Le GPMM travaille sur le sujet mais je ne pense pas que le GNL s'imposera avant une dizaine d'années.

Les députés ont voté l'extension de l'obligation de pavillon français au transport de pétrole raffiné...
Cela va clairement dans le bon sens. La loi tient compte de la mutation de la structure du raffinage, qui se fait de moins en moins en Europe. Elle n'ôtera pas toutes les difficultés des armateurs français, qui font face à une forte concurrence, mais elle leur sera utile. C'est une mesure qui favorise l'emploi français au sens large, pas uniquement celui des marins. Je salue le travail d'Éric Banel et de Raymond Vidil (respectivement délégué général et président d'Armateurs de France, NDLR).

Franck André

Jeudi 23 Octobre 2014



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