Canal Seine-Nord : ça se précise !


Sans cesse repoussé, le projet de canal Seine-Nord vient de franchir un pas de géant grâce à la conclusion lundi 28 novembre d'un accord sur son financement (4,5 milliards d'euros au moins), mais des étapes restent à franchir d'ici le début des travaux programmé pour début 2017.


© VNF
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Lors du lancement du projet du Canal Seine-Nord en 1993, les acteurs affirmaient que le "premier coup de pioche" devrait avoir lieu "à l'aube" des années 2000, mais les montages technique et budgétaire ont pris plus de vingt ans. Le canal Seine-Nord Europe (son nom officiel) a souvent aussi été contesté, tant en raison de son coût qu'en ce qui concerne sa capacité supposée à décongestionner la route.
Ce nouveau canal, long de 107 km, situé entre Compiègne (Oise) et Aubencheul-au-Bac (Nord), constituera le maillon manquant entre la Seine et le réseau fluvial de l'Europe du Nord. Il doit permettre une liaison en continu pour les marchandises entre les pays du Benelux et la région parisienne. Cette liaison fluviale sera raccordée au canal du Nord déjà existant, dont les voies devront être élargies à 54 mètres. Six écluses et 61 ponts routiers et ferroviaires devront être construits. Ce canal permettra ainsi le transport de chargements qui atteindront, par convoi, jusqu'à 4.400 tonnes, soit un équivalent de près de 180 poids lourds, ce qui permettra de tripler le volume du trafic actuel, selon Voies navigables de France (VNF), qui pilote l'opération.
L'accord financier trouvé, qui doit encore être signé et approuvé par les élus concernés, est "le début de la marche inexorable du chantier", estime Gérald Darmanin, vice-président de la région Hauts-de-France chargé des transports. Prochaine étape, "la publication du décret pour la constitution de la société de projet et la nomination de son président et de ses membres" dirigeants, explique Stéphane Saint-André, président de VNF. Cette société aura la maîtrise de l'ouvrage. Pour la présidence, au moins deux noms circulent : l'ancien ministre (UDI) Jean-Louis Borloo et le député PS Rémi Pauvros. Une fois ces formalités accomplies, il faudra encore obtenir la déclaration d'utilité publique sur le tracé modifié du canal et choisir le maître d'œuvre. Le Premier ministre, Manuel Valls, veut que les travaux commencent "dès l'année prochaine". Fin prévue : 2024.

"Une liaison en continu entre les pays du Benelux et la région parisienne"


Le projet d'origine, conçu comme un partenariat public-privé d'un montant évalué à 7 milliards d'euros, a été abandonné et revu à la baisse, avec un financement cette fois 100 % public. Le nouveau projet de 4,5 milliards hors taxe sera donc financé ainsi : 1,8 milliard de l'Union européenne (soit 40 %), 1 milliard de l’État, 1 milliard des collectivités - 302,65 millions des Hauts-de-France, 110 de la région Île-de-France, 200 du département du Nord, 130 du Pas-de-Calais, 100 de l'Oise et 70 de la Somme. Cette somme sera complétée par un emprunt de 0,7 milliard "garanti ensemble par l’État et les collectivités", selon la région Hauts-de-France. Ce budget ne comprend pas les "aménagements des plateformes logistiques", selon Philippe Hourdain, président de la CCI régionale.
Ce projet devrait créer "quelque 45.000 emplois pérennes d'ici 2050", affirme VNF. Durant les sept années du grand chantier, les territoires traversés devraient accueillir "13.000 emplois chaque année". "Le fluvial a un gros avantage : la capacité à transporter de très gros volumes sur des péniches", mais "c'est un moyen trop lent pour les produits frais", analyse Rose-Marie François, de la Fédération nationale des transports routiers du Nord. Côté environnement, le report de trafic de la route à l'eau doit faire baisser les émissions de gaz carbonique et décongestionner les autoroutes régionales. Les écologistes d'EELV contestent toutefois l'intérêt du projet, pointant notamment son coût "colossal" qui empêchera "le développement de la voie fluviale sur le reste de la France", dit l'écologiste nordiste Sandrine Rousseau. Elle estime qu'il y avait "la possibilité d'en faire un moins grand et moins coûteux".

Zoé Leroy

Jeudi 1 Décembre 2016



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