Canal de Panama : les ports d'Amérique centrale et Caraïbe attendent un rééquilibrage des flux


Les travaux d'élargissement du canal de Panama vont entraîner une redistribution des rôles pour les ports de la région Amérique centrale et Antilles. Selon l'Isemar, ces derniers misent sur une redistribution des lignes régulières en leur faveur et tablent, pour les plus gros d'entre eux, sur les trafics de transbordements.


© ACP
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"Les nouvelles écluses construites du canal de Panama permettront le transit de porte-conteneurs de 366 mètres de longueur et de 42 mètres de largeur avec un tirant d'eau de 15,2 mètres, soit des navires de 12.000 EVP contre 6.500 EVP aujourd'hui", explique l'Institut supérieur d'économie maritime (Isemar) dans une note de synthèse. Celui-ci qui remarque que "la norme des liaisons Est-Ouest entre l'Extrême-Orient et l'Europe sera donc ainsi possible pour les connexions par le Canal interocéanique".
Le reformatage du canal va avoir des incidences sur les installations portuaires avoisinantes. De plus, tous les acteurs de la région Amérique centrale et de la Caraïbe espèrent que ces travaux vont "modifier une partie du schéma mondial des routes des lignes régulières". Paul Tourret, le directeur de l'Isemar, explique que tous souhaitent "une accentuation du lien direct entre les ports d'Extrême-Orient et ceux de la Côte Est des États-Unis aux dépens du "landbridge" ferroviaire continental nord-américain au départ des ports de Californie essentiellement".

"Une alternative à l''océan Indien"


En effet, le transit via le canal de Panama, même avec des transbordements serait selon les spécialistes moins cher que l'expédition ferroviaire américaine. Aujourd'hui, douze des trente-deux services transitant par Panama concernent des liens entre l'Asie et la Côte Est ou le Golfe du Mexique aux États-Unis. Anticipant une augmentation de trafic, les ports américains ont déjà commencé à réaliser des investissements. La note de synthèse rapporte le montant évoqué par le cabinet Jones Lang LaSalle, qui évoque 13 milliards de dollars pour la décennie.
En marge du rééquilibrage des grands flux dont bénéficieraient les ports de la région, le canal de Panama présente d'autres atouts aux armateurs. Il constitue une alternative à l'axe de l'océan Indien sur lequel le phénomène de la piraterie somalienne ne cesse de se tendre.
Au plan géopolitique, explique l'auteur du rapport, "la route du canal de Panama ne comporte aucun risque particulier pour les connexions entre l'Atlantique Nord et l'Extrême-Orient".
Fritz Pinnock, directeur du Caribbean Maritime Institute (cité par le "Journal de la Marine marchande" dans son édition du 16 mars 2012), évoquait trois types de hubs pour cette partie du monde : un hub global, un hub régional et hub sous-régional.
"Les premiers sont clairement positionnés sur les croisements entre services océaniques et un niveau dense de feeders. Les tailles de navires s'échelonnent de 6.000 à 12.000 EVP. Les hubs régionaux et sous-régionaux font se connecter une poignée de routes majeures et quelques liaisons de proximité", explique l'Isemar.

2 M EVP supplémentaires en transbordement

Après 2015, le nombre de conteneurs supplémentaires à transborder dans la région des Caraïbes se situe entre un et deux millions d'EVP. Pour Paul Tourret, le triangle de transbordement au sens large se situerait entre Freeport (Bahamas), Port of Spain (Trinité-et-Tobago) et Panama, soit une dizaine de ports déjà actifs dans cette fonction. Mis à part Caucedo (République Dominicaine) et Balboa (Panama), aucun port n'a de problème de congestion. Kingston (Jamaïque) peut s'étendre, Limon Moin au Costa Rica sera de grande taille et Cuba peut entrer dans la course.
Les ambitions des ports de l'Est (Guadeloupe, Martinique, Trinité-et-Tobago, Surinam) pour le transbordement sont légitimes, remarque la note de synthèse. Néanmoins, ces ports paraissent un peu éloignés de la zone du corridor Asie-États-Unis qui favorise l'axe Panama-Grandes Antilles. Le positionnement des petites plates-formes de transbordement de l'Est des Caraïbes, peut être d'amplitude régionale avec le Venezuela, l'Arc antillais, la Guyane et le Brésil, qui seront mieux connectés au Pacifique via le canal de Panama.

Vincent Calabrèse

Vendredi 28 Décembre 2012



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