Carnival face à un nouveau fiasco


Un an après le naufrage du "Concordia", le numéro un mondial des croisières, Carnival, fait face à un nouveau fiasco médiatique qui révèle les travers de la croissance ultra rapide du secteur ces dernières années.


© Carnival
© Carnival
Le paquebot endommagé "Carnival Triumph" a accosté jeudi 14 février à Mobile, en Alabama, à l'issue d'une croisière cauchemardesque pour quelque 4.000 passagers et membres d'équipage en détresse, après un moteur tombé en panne durant le week-end.
Les reportages se sont succédé dans le monde entier pendant toute la semaine sur les conditions sanitaires désastreuses à bord, avec des vivres rares et des sanitaires débordant d'excréments. L'incident rappelle celui de l'"Allegra", paquebot de la filiale de Carnival Costa Croisières, en mars 2012 : des centaines de passagers s'étaient alors retrouvés au large des Seychelles pendant trois jours dans un navire privé d'électricité, de toilettes et de nourriture chaude après un incendie. Mais l'année 2012 avait commencé pour Carnival par un incident bien plus grave, celui du "Costa Concordia".
"Le casse-tête de relations publiques auxquels fait face Carnival à cause des avaries sur son bateau rappelle aux investisseurs le désastre du "Concordia" en 2012" et celui de l'"Allegra", souligne Standard & Poor's Capital IQ dans une note. Mercredi, Carnival, plus gros croisiériste au monde avec 100 navires, a publié un avertissement sur ses résultats évaluant à 8 à 10 cents par action au premier trimestre l'impact de l'incident sur ses comptes.
Le site 247wallst.Com estime que l'annulation de douze croisières suite aux problèmes sur le "Triumph" "va entraîner des résultats plus faibles que prévu sur deux trimestres", sans compter l'impact des annulations potentielles de réservations à cause de l'incident. S&P Capital IQ et Goldman Sachs ont abaissé leurs prévisions de performance pour l'action et les bénéfices du croisiériste. L'incident de la semaine dernière n'a eu qu'un impact modéré sur l'action : elle a perdu 4,6 % à 36,92 dollars en cinq jours alors qu'elle avait dévissé de 15 %, tombant sous 30 dollars, la semaine ayant suivi le naufrage du "Concordia". La tragédie du "Concordia" et l'avarie de l'"Allegra" n'avaient eu qu'un effet temporaire sur l'action, qui avait fini l'année 2012 proche des 40 dollars. S&P Capital IQ relativise aussi l'impact des problèmes du "Triumph" sur le titre de Carnival en soulignant que le groupe a prévu un milliard de dollars de rachats d'actions cette année ce qui devrait maintenir l'intérêt des investisseurs. Les comptes de Carnival, qui ne sont pas encore publiés, devraient s'afficher en baisse sur l'année 2012 : sur les neufs premiers mois de l'année ils avaient déjà souffert des retombées du naufrage du "Concordia" avec un chiffre d'affaires en recul de 2,5 %, à 11,8 milliards, et un bénéfice net en baisse de 41 %, à 1,2 milliard.
Les problèmes de Carnival, qui ont terni la réputation du secteur tout entier, ont pesé sur les comptes du croisiériste américain Royal Caribbean Cruises, numéro deux mondial, qui a vu son bénéfice fondre de près de 30 % en 2012, à cause du "Concordia", de la crise économique en Europe et de l'ouragan Sandy aux États-Unis. Un autre groupe américain, Norwegian Cruise Line, a moins pâti des déboires de Carnival : ses ventes ont augmenté de 2,6 % à 2,8 milliards de dollars pour un bénéfice en hausse de 33 %. Ces dernières années, le marché a connu une très forte croissance : + 7 % par an en moyenne en termes de passagers depuis 1990. Les bateaux notamment sont devenus des géants sur mer : les bateaux qui avaient jusque-là une capacité de 2.500 passagers en moyenne sont fréquemment remplacés par des bateaux de plus de 4.000 passagers, ce qui a permis de baisser les prix et d'ouvrir ce genre de voyages à un plus grand nombre. Mais cette expansion rapide a pu peser sur la qualité et la sécurité, comme le suggèrent les multiples avaries de Carnival.

Véronique Dupont

Lundi 18 Février 2013





Dans la même rubrique :
< >

     

Entreprises | Infrastructures | Institutions | Transport maritime | Transport aérien | Transport routier | Transport fluvial | Transport ferroviaire | Transport multimodal | Transport express - Messagerie | Logistique - Supply Chain | Énergie | Matières premières - Négoce | Industrie | Services | International | Développement durable | Faits divers








Accès rapide
























 

Qu'est-ce que L'Antenne ?

Le site internet de L'Antenne est la première plateforme B2B française de services et d’actualité consacrée au secteur du transport et de la logistique. Quotidiennement nous traitons de l’actualité du fret maritime, aérien, routier, fluvial, ferroviaire et multimodal ainsi que de la logistique, de l'industrie, de l'énergie et des matières premières. Nous apportons aux professionnels des outils et services qui facilitent leur travail et aident à la prise de décisions. Chaque année, nous éditons des guides de référence dans le secteur : "Le Fret aérien pratique" et "Le Fret maritime pratique" en plus de notre guide pratique des Incoterms©. L'Antenne est aussi organisateur de salons sur les thématiques du transport multimodal de fret, de l’export et de la logistique.

Mentions ours

Design réalisé par Caroline BALDINI.

Plan du site

Syndication

© SMECI
L'Antenne est édité par Smeci (32, av. André Roussin, BP 36, 13321 Marseille Cedex 16)
RCS Marseille 447 889 395. ISSN : 0395-8582
CPPAP : 0313T79480
Dépôt légal : 10/04/2006
Gérant : Jacques Riccobono
Rédacteur en chef : Vincent Calabrèse