Chine et climat, agents perturbateurs sur les matières premières


La Chine et le climat joueront encore en 2013 les principaux agents perturbateurs sur les marchés mondiaux des matières premières, toujours étroitement assujettis aux incertitudes de l'une et de l'autre.


© China Communications Construction Company Ltd.
© China Communications Construction Company Ltd.
Chine et climat jouent les agents perturbateurs sur les matières premières. "Nous vivons tous sous l'épée de Damoclès chinoise", a estimé mardi 14 mai l'économiste et historien Philippe Chalmin, professeur à l'Université Dauphine à Paris en présentant le rapport Cyclope, Bible annuelle des matières premières. Déjà en 2012, les "doutes sur la croissance chinoise" ont fortement pénalisé les marchés des minerais et des métaux alors que les clients de la Chine, l'Europe en particulier, se débattent toujours au cœur de la crise entamée en 2007-2008, "l'une des crises majeures du monde contemporain comme il en existe tous les vingt-cinq à trente ans", d'après Philippe Chalmin. "Selon que la croissance chinoise sera plus proche de 7 ou de 9 % en 2013, les marchés de matières premières seront différents", estime-t-il. Une étude de la banque Société générale cet automne sur un "hard landing" (atterrissage brutal) de l'économie chinoise projetait qu'avec une croissance à 3 %, les prix des métaux plongeraient de quelque 50 %.
Mais la Chine "garde de la marge" avec son marché intérieur dont la demande est loin de se tarir, remarque l'économiste chinois Xiaoqi Yang, un des auteurs de Cyclope. Le pays a d'ailleurs donné la mesure de ses ambitions en achetant en juin dernier le London Metal Exchange (LME) via la Bourse de Hong Kong, estime-t-il. "La Chine rêve de pouvoir fixer le prix des matières premières, elle conserve une énorme ambition", affirme Xiaoqi Yang. Elle conserve aussi sa toute puissance sur les marchés agricoles. "Ayant pollué son sol, son eau et son air, elle est obligée de continuer ses importations de lait, soja et maïs", explique-t-il.
C'est même le vrai danger qui guette la Chine : la destruction de l'environnement, sacrifié à la croissance industrielle, selon cet expert. "Le brouillard de Pékin s'étend désormais sur un tiers de la Chine : que va-t-elle faire ? Réduire ses productions et donc ses exportations ou continuer comme ça ?" La Chine importe déjà 60 % du soja mondial, remarque François Luguenot, analyste des marchés du groupe coopératif InVivo, également contributeur de Cyclope : quatre cargos par mois (230.000 tonnes) contre un seul il y a dix ans. Pour les experts, la Chine reste là encore "le faiseur de marchés" sur ce type d'approvisionnement.
L'autre étant le climat. Grâce à lui en 2012, les céréales ont joué "les vedettes" avec un bond de 30 % des prix mondiaux du blé et du maïs au cœur de l'été en raison de la sécheresse aux États-Unis, remarque Philippe Chalmin. Pour lui, "les tensions restent fortes sur ce marché", liées aux incertitudes sur les cultures aux États-Unis et autour de la mer Noire où le mercure atteint déjà 35 °C. "Pour le moment les prévisions de récoltes sont excellentes pour reconstituer des stocks historiquement bas, mais y aura-t-il de la pluie cet été aux États-Unis ?", s'interroge-t-il. Le phénomène s'est répété récemment pour le lait, avec la sécheresse en Nouvelle-Zélande, principal fournisseur de l'Asie. "La saison a montré que l'homme reste fortement dépendant de la nature", insiste Philippe Chalmin qui déplore la "panne" de la gouvernance mondiale y compris sur les suites à donner au Protocole de Kyoto. À la marge l'Inde a pu se montrer "déterminante" sur le marché des céréales l'an dernier grâce à plusieurs bonnes récoltes de blé et des stocks considérables, note François Luguenot. "Mais c'était très conjoncturel", estime-t-il. D'autant que "moins des deux tiers des cultures bénéficient de conditions de stockage admissibles", relève le rapport.

Anne Chaon

Mercredi 15 Mai 2013



Lu 162 fois



     

Entreprises | Infrastructures | Institutions | Transport maritime | Transport aérien | Transport routier | Transport fluvial | Transport ferroviaire | Transport multimodal | Transport express - Messagerie | Logistique - Supply Chain | Énergie | Matières premières - Négoce | Industrie | Services | International | Développement durable | Faits divers







Accès rapide






















 

Qu'est-ce que L'Antenne ?

Le site internet de L'Antenne est la première plateforme B2B française de services et d’actualité consacrée au secteur du transport et de la logistique. Quotidiennement nous traitons de l’actualité du fret maritime, aérien, routier, fluvial, ferroviaire et multimodal ainsi que de la logistique, de l'industrie, de l'énergie et des matières premières. Nous apportons aux professionnels des outils et services qui facilitent leur travail et aident à la prise de décisions. Chaque année, nous éditons des guides de référence dans le secteur : "Le Fret aérien pratique" et "Le Fret maritime pratique" en plus de notre guide pratique des Incoterms©. L'Antenne est aussi organisateur de salons sur les thématiques du transport multimodal de fret, de l’export et de la logistique.

Mentions ours

Design réalisé par Caroline BALDINI.

Plan du site

Syndication

© SMECI
L'Antenne est édité par Smeci (32, av. André Roussin, BP 36, 13321 Marseille Cedex 16)
RCS Marseille 447 889 395. ISSN : 0395-8582
CPPAP : 0313T79480
Dépôt légal : 10/04/2006
Gérant : Jacques Riccobono
Rédacteur en chef : Vincent Calabrèse