Cinq similitudes entre le "Sewol" et le "Costa Concordia"



Les causes sont peut-être différentes et le bilan sera sans doute beaucoup plus élevé, mais plusieurs similitudes apparaissent entre la tragédie du "Sewol" en Corée du Sud et celle du "Costa Concordia" en 2012. "Un nouveau Schettino en Corée" : nombre de quotidiens italiens font le parallèle entre leur commandant, poursuivi pour homicide et abandon de son navire lors du naufrage qui avait fait 32 morts, et Lee Joon-Seok, arrêté le 19 avril avec deux autres membres d'équipage, après un drame dont le bilan s'élève pour l'instant à 210 morts et 92 disparus.
Les commandants sont-ils responsables ? Le commandant Francesco Schettino était en train de boire avec des amis au moment où le paquebot de croisière a heurté un rocher. Il était sur le pont, mais au cours de son procès, toujours en cours, des témoins ont dit l'avoir senti distrait et ne donnant pas du tout l'impression de contrôler la situation. Ses avocats affirment que c'est le timonier indonésien, qui a, à deux reprises, mal compris les ordres que lui étaient donnés. Mais les experts estiment qu'en tout état de cause, compte tenu de la vitesse de l'énorme navire si près des côtes, l'accident était inévitable. Dans le cas sud-coréen, Lee Joon-Seok a confirmé qu'il n'était pas à la barre au moment de l'accident - selon l'accusation, c'était le troisième officier - et est ensuite remonté de sa cabine vers le pont.
Le retard de réactivité est mis en cause dans les deux cas. Quant le "Costa Concordia" a heurté un rocher tout près de l'île toscane du Giglio et commencé à sombrer, consigne a été donnée aux passagers pris de panique de mettre leurs gilets de sauvetage mais de rester dans leurs cabines. L'ordre d'abandonner le navire n'est venu que plus d'une heure plus tard lorsque ce dernier était quasiment couché sur le flanc, ce qui a rendu les opérations d'évacuation beaucoup plus difficiles, notamment parce qu'il n'était plus possible de décrocher certaines chaloupes de sauvetage. Dans le cas du "Sewol", les passagers ont reçu la consigne de ne pas bouger de leur siège ou leur cabine après que le ferry s'est immobilisé. Et ce, pendant 40 minutes. Interrogé à ce sujet, le commandant Lee a affirmé qu'il s'agissait d'une mesure de sécurité car il n'y avait pas d'autres navires alentour. "J'ai pensé que les passagers seraient emportés et se trouveraient en difficulté s'ils évacuaient dans le désordre", a-t-il expliqué.
Les navires ont-ils été abandonnés par leur commandant ? Parmi les accusations qui pèsent sur Francesco Schettino figure "l'abandon de navire". Le commandant a assuré qu'il avait glissé dans une chaloupe de sauvetage et était mieux à même de coordonner les secours depuis le rivage. Lee Joon-Seok et ses 28 membres d'équipage, dont la plupart ont survécu à la catastrophe, ont été fortement critiqués pour avoir été, selon des témoignages, parmi les premiers à quitter le navire en détresse.
Les deux navires se sont retrouvés renversés de la même façon. L'image du "Sewol" renversé sur le flanc au large de la côte Sud-Ouest de la péninsule coréenne ont ravivé le souvenir de l'énorme épave du "Costa Concordia" couchée devant le port du Giglio. Des survivants des deux catastrophes ont fait le même récit terrifiant, racontant les difficultés pour se déplacer dans un bateau renversé à 90 degrés, avec les objets qui tombent, les murs qui deviennent des planchers, et des couloirs transformés en terribles toboggans.
Les secours se sont avérés difficiles pour les deux naufrages. Tant en Italie qu'en Corée du Sud, les plongeurs ont eu énormément de mal à pénétrer à l'intérieur du navire et à se frayer un passage, avec une visibilité dans l'eau très limitée. Les plongeurs sud-coréens ont finalement pu pénétrer dans le navire plus de quarante-huit heures après le naufrage. Certains ont raconté : "On peut à peine voir sa main devant son visage". Pour le "Costa Concordia", les secouristes qui ont pu entrer dans l'épave utilisaient des cordes pour retrouver leur chemin au retour dans un "labyrinthe" où la visibilité n'excédait pas 10 cm. Parmi les 32 personnes qui ont trouvé la mort dans la tragédie, un serveur de nationalité indienne n'a jamais été retrouvé.

AFP

Vendredi 2 Mai 2014



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