"Concordia" : Francesco Schettino tente de se justifier



"Concordia" : Francesco Schettino tente de se justifier
L'ex-commandant du "Concordia", Francesco Schettino, a assuré mercredi 3 décembre à son procès devant le tribunal de Grosseto avoir été contraint, par la "force de gravité", à quitter son navire en train de couler, en dépit de la présence de plusieurs centaines de passagers encore à bord. Alors qu'il se trouvait sur le côté tribord du paquebot de croisière déjà fortement incliné vers la droite, là où quelques passagers embarquent encore facilement sur des chaloupes, le "Concordia" a brusquement accentué sa gîte (son inclinaison).  "La sensation est celle d'un mouvement brusque du navire qui tombait, et par conséquent, sujet à la force de la gravité. Je dois soit me jeter à la mer, ce qui aurait peut-être été mieux, soit sauter dans la chaloupe", explique alors Francesco Schettino. L'ex-commandant, accusé du naufrage de son paquebot, au large de la Toscane, qui a fait trente-deux morts dans la nuit du 13 au 14 janvier 2012, choisit la chaloupe. Ce faisant, il devient l'homme le plus détesté d'Italie pour avoir abandonné son navire alors que le sauvetage des 4.200 passagers et membres d'équipage est loin d'être terminé. Parvenu sur un bout de la côte de l'île de Giglio à proximité de laquelle le "Concordia" s'est fracassé contre un rocher, l'ex- commandant n'en bouge plus. Interrogé par le procureur, Alessandro Leopizzi, Francesco Schettino assure alors en avoir reçu l'ordre par les autorités maritimes pour "coordonner les secours". Mais une vidéo diffusée devant le tribunal montre qu'à 3 heures du matin, les secours s'activent sur le côté gauche du navire, où l'ex-commandant ne s'est jamais aventuré, pour tenter de sauver encore les derniers passagers. La vidéo montre aussi qu'un des responsables s'interroge à voix haute sur l'absence et le silence du commandant du "Concordia". Tout au long des deux jours d'interrogatoire de l'ex-commandant, le procureur s'est constamment efforcé de le mettre face à ses contradictions. Le magistrat a repris l'histoire du naufrage minute par minute, ainsi que chacune des multiples conversations enregistrées sur la passerelle entre Francesco Schettino et ses hommes ou avec l'armateur du navire, la compagnie Costa Croisières. Devant la scène du théâtre moderne de Grosseto, où le tribunal s'est installé pour permettre au public le plus large de suivre ce procès, l'ex-commandant a également nié avec vigueur avoir tardé à donner l'alerte puis l'ordre d'évacuer le paquebot.
L'ex-commandant a déclaré qu'il était "certain" à ce moment-là de la flottabilité du "Concordia", même avec trois compartiments immergés, et de sa capacité, grâce au vent, de se rapprocher de la côte. "Je connaissais parfaitement la dérive du navire, je connaissais bien le "Concordia", je voulais parvenir à rapprocher le navire de l'île et ensuite lancer l'alerte générale", a-t-il insisté. Il s'agissait pour lui d'éviter que, pris de panique, "les gens ne se jettent à l'eau". Moins nerveux que lors de l'audience de mardi 2 décembre, mais toujours aussi pugnace, l'ex-commandant n'a rien lâché, y compris quand on l'a accusé de n'avoir pas alerté suffisamment tôt les secours maritimes. L'enregistrement de sa conversation avec les garde-côtes italiens révèle ainsi combien il a alors minimisé l'accident, évoquant seulement un "black-out", sans jamais mentionner le trou béant dans la coque.

"Ils vont nous manger le navire"

Il a affirmé avoir réclamé un remorqueur par téléphone à son armateur mais que ce dernier lui a répondu : "mais comme ça, ils vont nous manger tout le navire !", en raison des coûts très élevés des opérations de remorquage. Dans l'enregistrement des conservations sur la passerelle, on entend clairement les autres officiers presser leur commandant de lancer l'alerte générale. "Et pourtant, vous leur dites : attendez, attendez ! pourquoi ?", a martelé le procureur. "Parce que le navire était en train de se rapprocher de la côte", a insisté Schettino. "80 % des passagers étaient déjà avertis et sur le pont en raison de la vibration" provoquée par le choc. Il a finalement attendu près d'une heure avant de donner l'ordre d'abandon du navire. Les passagers affolés par la gîte du navire avaient déjà investi les premiers canots de sauvetage, sans attendre les instructions. Le procès, ouvert en juillet 2013, doit reprendre le 11 décembre avec l'interrogatoire des parties civiles et de la défense.

AFP

Vendredi 5 Décembre 2014



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