"Concordia" : une tour de Babel high-tech autour de l'épave



"Concordia" : une tour de Babel high-tech autour de l'épave
Plus de 400 techniciens, ingénieurs, plongeurs des hauts fonds, s'affairent sur l'épave du "Concordia", le paquebot de croisières échoué depuis un an près des côtes italiennes, que le consortium Titan-Micoperi a fait le pari de renflouer et évacuer d'ici septembre. "C'est un projet unique au monde, jamais réalisé auparavant. On a tout fait en même temps, la conception et l'ingénierie", explique Franco Porcellacchia, vice-président du groupe Costa, propriété de la société américaine Carnival corporation. Il est le directeur du projet de retrait de l'épave lancé en mai dernier, cinq mois après le naufrage, survenu le 13 janvier 2012 et qui a fait trente-deux morts. Sur le port, au moment du triste anniversaire, les opérations gérées par Titan-Micoperi et des dizaines de sous-traitants ne s'arrêtent jamais. À minuit, on croise dans les bars du port les équipes qui viennent de terminer leur journée ou celles qui embrayent à ce moment-là. Beaucoup d'Italiens et d'Américains mais aussi des Sud-Africains, des Scandinaves, des Hollandais, souvent très jeunes et qui représentent plus de 100 métiers différents : soudeurs, géologues, ingénieurs, hommes grenouilles ou ouvriers de la construction navale. "Nous comptons une vingtaine de nationalités, nous avons fait appel aux meilleurs talents dans chaque domaine", souligne M. Porcellacchia.
"Moi je suis un expert en grues géantes. J'ai travaillé dans plein d'endroits dans le monde. Je passe trois mois ici, je prends des congés puis je reviens", explique Vittorio Pitzalis, originaire de Sardaigne. David, un Belge de 34 ans, est une sorte de génie des technologies de l'information. Une fois que le navire aura été redressé, il devra avec une poignée d'autres superviser les programmes informatiques pour la remise à flot du "Concordia", une entreprise titanesque. "Vous ne pouvez pas imaginer, il faut introduire dans le système des milliers de milliers de paramètres", explique-t-il.
Le monde des plongeurs vit à part. Venus du monde entier, notamment du Brésil, pays spécialisé dans l'extraction de pétrole à très grande profondeur, ils sont hébergés sur un hôtel flottant, équipé de salles d'opération, de caissons de décompression, d'une cuisine et même d'une salle de gym. Depuis le port du Giglio, la nuit on distingue bien son imposante masse lumineuse sur trois étages. Les plongeurs descendent 24 heures sur 24 sur l'épave pour encercler la coque avec d'énormes filins d'acier ou poser des sacs de ciment sous le bateau. "Ils plongent par 30 à 50 mètres de fond", explique admiratif M. Porcellacchia, en soulignant que toutes les équipes qui montent sur le bateau sont aussi formées à l'escalade pour pouvoir descendre en rappel sur la coque et y effectuer des soudures ou réparations.
Le navire "qui est actuellement incliné à 60 degrés devra être remis en position verticale en l'appuyant sur un fond artificiel", constitué par une série de sacs de ciments géants que les plongeurs disposent depuis des mois sous le "Concordia", et par une plate-forme, souligne M. Porcellacchia. L'objectif est de redresser le paquebot de plus de 110.000 tonnes en le tirant à l'aide d'énormes câbles d'acier puis de le faire flotter de nouveau mais très très progressivement.
Nick Sloane, un Sud-Africain spécialiste du renflouement de navires et en charge du projet pour l'américain Titan, explique : "Il faudra environ six heures pour que le Concordia retourne en position verticale et ensuite six semaines pour le refaire flotter. Nous aurons une équipe de vingt techniciens pour surveiller le mouvement de l'eau et au moment du renflouement, nous aurons cinq ou six personnes sur le bateau pour actionner les compresseurs et surveiller le processus".
Le cahier des charges initial de Costa, qui subit aussi la pression des autorités italiennes et des habitants de l'île, prévoyait un retrait de l'épave en février. Désormais, le scénario le plus probable est celui d'un redressement du navire début juillet et d'un remorquage du "Concordia", loin du Giglio, au mois de septembre.

Françoise Kadri

Lundi 14 Janvier 2013





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