Conteneurs toxiques : nouveau scandale sanitaire ?


Le syndicat CGT des agents de douanes a lancé une alerte sanitaire sous la forme de journée d'information dans six ports français. Pour lui, la présence de gaz toxiques dans les conteneurs maritimes est un scandale qui dépasse de loin sa profession.


© Franck ANDRÉ
© Franck ANDRÉ
En janvier dernier, les fédérations CGT des transports, des ports et des finances ont annoncé le lancement d'une campagne d'information sur la toxicité potentielle des conteneurs maritimes. Mardi 12 février, le Syndicat national des agents des douanes (SNAD) a organisé sa première journée de sensibilisation dans les ports de Fos, Marseille, Le Havre, Dunkerque, Nantes et Gennevilliers, auprès des personnels intervenant sur les ports. Le but est d'alerter les pouvoirs publics et la population sur le danger que représente la présence de gaz et vapeurs toxiques dans les conteneurs maritimes, ce que le syndicat considère comme un vrai scandale sanitaire. Car si les agents des douanes sont les premiers exposés par ordre d'apparition, c'est l'ensemble des intervenants de la chaîne logistique – dockers, chauffeurs et manutentionnaires –, qui sont concernés et même au-delà, jusqu'au consommateur final.

Fumigation, un bien pour un mal ?

La première cause de toxicité désignée par le syndicat est la fumigation. Cette technique permettant d'éliminer les moisissures, parasites ou bactéries et d'éviter de déplacer des espèces animales susceptibles de bouleverser les équilibres écologiques est réalisée par aspersion de gaz toxiques.

"Un scandale au moins équivalent à celui de l'amiante"


Normalement, tout conteneur fumigé doit être marqué d'une étiquette de manutention le mentionnant et faire l'objet d'une traitement spécifique, mais "très peu d'entreprises s'y conforment", d'après Fabien Gâteau, secrétaire général adjoint Méditerranée de la CGT Douanes. Le syndicat dénonce aussi le laxisme qui permet à des conteneurs fumigés avec des produits interdits dans l'UE – comme le bromure de méthyle banni depuis mars 2010 – d'y entrer quand même.
Mais le danger peut provenir de la marchandise elle-même, ou de son emballage, qui peut contenir des substances toxiques (chaussures ou meubles traités aux solvants cancérigènes). Leur confinement dans un conteneur exposé à la chaleur est un facteur aggravant, d'autant plus si d'autres marchandises sont transportées dans la même boîte. La CGT dénombre ainsi toute une série de produits dangereux, "cancérigènes ou mutagènes", susceptibles d'arriver à l'utilisateur final.

Mondialisation et pression commerciale

Le syndicat cite une étude menée au port du Havre, qui aurait révélé 28 % de conteneurs comportant une toxicité excessive. Avec la globalisation des échanges et la généralisation du conteneur, le phénomène prend de fait une ampleur mondiale. Pour la CGT des Douanes de Marseille, "on est devant un scandale sanitaire équivalent voire supérieur à celui de l'amiante".
Les professionnels les plus exposés avaient alerté l'opinion une première fois en 2010. En juin 2011, la direction générale des douanes a donné des consignes de "prévention du risque d'exposition aux gaz toxiques" : aérer les conteneurs durant 30 minutes avant d'intervenir et masques à poussière, bien insuffisant selon la CGT et moins efficace qu'en Belgique et aux Pays-Bas où le problème a été pris plus au sérieux. Leurs demandes auprès de la Commission européenne n'ont pas abouti à ce jour.
Les douaniers, qui se défendent de tout corporatisme, réclament pour l'heure deux mesures immédiates : la dépollution systématique des conteneurs et un suivi médical des professionnels exposés. Ils attendent aussi des études épidémiologiques puisqu'ils ne peuvent encore s'appuyer sur aucun rapport scientifique.
Fabien Gâteau dénonce aussi la pression exercée par les autorités portuaires et par l'administration des douanes pour que les agents de terrain assurent des contrôles rapides afin d'entraver le moins possible la circulation de la marchandise, dans un contexte de concurrence acharnée entre les ports. "C'est une situation schizophrène, déplore-t-il. Ceux qui nous demandent des résultats nous empêchent de les obtenir". La prochaine étape de la campagne pourrait être l'exercice par les agents des douanes de leur droit d'alerte.

Franck André

Mardi 12 Février 2013





     

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