"Costa Concordia" : le bilan du naufrage s'aggrave


Deux corps ont été trouvés dimanche dans l'épave du Costa Concordia près de l'île italienne du Giglio, portant à cinq morts le bilan du naufrage de ce navire de croisière, dont le capitaine fait l'objet de témoignages de plus en plus accablants.


Le "Costa Concordia" en escale au port de Marseille. (© Franck André)
Le "Costa Concordia" en escale au port de Marseille. (© Franck André)
Les plongeurs ont découvert les corps de deux hommes âgés, vêtus de leurs gilets de sauvetage, devant les cuisines d'un des restaurants, dans une partie immergée à l'arrière du navire, a-t-on appris auprès des garde-côtes. Cette découverte porte le bilan de cet accident à cinq morts, une soixantaine de blessés et une quinzaine de disparus. Aucune précision n'a encore été donnée sur la nationalité des deux nouvelles victimes. Les trois premiers morts recensés étaient deux passagers français et un membre d'équipage péruvien.
Alors que la nuit était tombée sur l'île du Giglio (Toscane, ouest de l'Italie), les recherches se poursuivaient dans l'épave du navire de la société italienne Costa, leader européen des croisières, semi-immergée à une trentaine de mètres du rivage, après le sauvetage miraculeux de trois personnes. Mais les sauveteurs avaient assez peu d'espoirs de retrouver des survivants.
Angelo Scarpa, le plongeur qui a trouvé les deux cadavres, a dit avoir "peur qu'on puisse en trouver d'autres". Les recherches sont rendues en outre difficiles par la très forte inclinaison du paquebot couché sur un flanc à 90 degrés et qui risque de glisser et couler totalement. Les autorités craignent par ailleurs que le carburant du navire ne se déverse dans la mer.
Les premiers éléments de l'enquête et de nombreux témoignages accablent le commandant, incarcéré samedi pour homicide multiple et abandon de navire. "La route suivie par le navire n'était pas la bonne", a indiqué le procureur Francesco Verusio, en charge de l'enquête. Le commandant "s'est approché de manière très maladroite de l'île du Giglio, a heurté un rocher qui s'est encastré dans le flanc gauche, faisant s'incliner (le navire) et embarquer énormément d'eau en l'espace de deux, trois minutes", a-t-il ajouté.
D'après les premiers éléments tirés de la boîte noire, le navire était à "seulement 150 mètres du rivage, une distance incroyablement proche", a encore dit le procureur. Selon certains, il effectuait une sorte de parade surnommé l'"inchino" (la révérence), toutes lumières allumées et à grand renfort de sirènes pour saluer les 800 habitants du Giglio, ce que tente de confirmer la justice. Le président de la région Toscane Enrico Rossi avait annoncé en fin de matinée, après des "recoupements", que le nombre de portés disparus, jusque là estimé à 35 personnes environ, était divisé par deux.
Après un couple de jeunes mariés sud-coréens extraits de leur cabine dans la nuit de samedi à dimanche, un troisième rescapé, le commissaire de bord Marrico Giampietroni, a pu être extrait du navire dimanche matin après avoir passé 36 heures dans l'épave. Au moment du naufrage, vendredi soir vers 21h30 (20h30 GMT), le navire transportait quelque 4.229 personnes dont plus de 3.200 touristes de 60 nationalités différentes et un millier de membres d'équipage. Selon Costa Croisières, les membres d'équipage étaient de 40 nationalités différentes dont de nombreux Asiatiques (environ 300 Philippins, 200 Indiens, 170 Indonésiens).
Un Français, rescapé du naufrage, a annoncé qu'il allait porter plainte contre Costa Croisières, sur le site internet du quotidien français «Sud-Ouest». "Nous avons été livrés à nous-mêmes, dans une désorganisation totale. Il y a eu une heure et demie avant qu'il y ait une véritable alerte (...) Le voyant lumineux de mon gilet ne fonctionnait pas", a affirmé Olivier Carrasco au journal. Les plus de 4.000 rescapés ont été rapatriés pour la plupart vers leurs villes d'origine en Italie et à l'étranger.
Le paquebot de 290 mètres et 55.000 tonnes de port en lourd est le fleuron de l'armateur italien Costa, filiale du numéro un mondial de la croisière, l'américain Carnival.

Lire aussi :
Costa Concordia : suspension des recherches, arrestation du commandant

AFP

Dimanche 15 Janvier 2012





Dans la même rubrique :
< >

     

Entreprises | Infrastructures | Institutions | Transport maritime | Transport aérien | Transport routier | Transport fluvial | Transport ferroviaire | Transport multimodal | Transport express - Messagerie | Logistique - Supply Chain | Énergie | Matières premières - Négoce | Industrie | Services | International | Développement durable | Faits divers








Accès rapide
























 

Qu'est-ce que L'Antenne ?

Le site internet de L'Antenne est la première plateforme B2B française de services et d’actualité consacrée au secteur du transport et de la logistique. Quotidiennement nous traitons de l’actualité du fret maritime, aérien, routier, fluvial, ferroviaire et multimodal ainsi que de la logistique, de l'industrie, de l'énergie et des matières premières. Nous apportons aux professionnels des outils et services qui facilitent leur travail et aident à la prise de décisions. Chaque année, nous éditons des guides de référence dans le secteur : "Le Fret aérien pratique" et "Le Fret maritime pratique" en plus de notre guide pratique des Incoterms©. L'Antenne est aussi organisateur de salons sur les thématiques du transport multimodal de fret, de l’export et de la logistique.

Mentions ours

Design réalisé par Caroline BALDINI.

Plan du site

Syndication

© SMECI
L'Antenne est édité par Smeci (32, av. André Roussin, BP 36, 13321 Marseille Cedex 16)
RCS Marseille 447 889 395. ISSN : 0395-8582
CPPAP : 0313T79480
Dépôt légal : 10/04/2006
Gérant : Jacques Riccobono
Rédacteur en chef : Vincent Calabrèse