«Costa Concordia» : quel impact sur le marché de la croisière ?


Pas de vague d'annulations chez les croisiéristes trois jours après le naufrage du «Costa Concordia», qui a coûté la vie à au moins six personnes. Mais certains professionnels s'inquiètent des conséquences sur la dynamique de ce marché en pleine expansion en Europe, notamment en France.


© FRANCK ANDRÉ
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"Nous n'avons pas eu d'appels. Mais les gens se poseront forcément des questions pendant quelques semaines", estime Rémy Arca, PDG de la Compagnie internationale de Croisières (CIC) qui, en France, représente Cunard, Seaburn, Norwegian Cruise Line, P&O et Seadream. "Les premières images sont catastrophiques. Le pire, c'est que si le commandant était resté à bord, ce serait un héros...", commentait un professionnel, alors que Francesco Schettino est accusé d'avoir abandonné le navire.
L'accident du navire-amiral de Costa, échoué le 13 janvier au soir sur une côte italienne, tombe mal au moment où sont enregistrées nombre de réservations pour le printemps et au-delà. Depuis deux ans, crise oblige, "les réservations sont très tardives", relève M. Arca. Ce naufrage crée d'autant plus l'émoi qu'il touche le leader en Europe du secteur, réputé pour ses standards de qualité avec 27 navires dont une quinzaine de paquebots et près de 2,89 millions de vacanciers transportés en 2010.

"Un refroidissement mais pas de conséquences fortes"



Mais difficile de prédire son impact sur le marché de la croisière, dopé par la baisse des prix. L'an dernier, les croisières ont attiré 5,4 millions de vacanciers en Europe, plus du double de 2003 (2,6 millions), selon l'European Cruise Council (ECC). Les Britanniques forment la première clientèle (1,6 million), suivis dans l'ordre par les Allemands, les Italiens, les Espagnols, les Français (387.000), les Scandinaves, les ressortissants du Benelux, les Autrichiens et les Suisses. En France, le marché de la croisière, plutôt en retard, a bondi ces dernières années.
Après le naufrage du «Concordia», Rémy Arca envisage "un refroidissement, un petit frein", mais "pas des conséquences fortes" : "quand il y a une catastrophe aérienne, les gens n'arrêtent pas pour autant de prendre l'avion", dit-il. TUI Cruises, en Allemagne, pense qu'il faudra "attendre deux ou trois semaines avant de faire un pronostic". La compagnie a reçu "quelques appels isolés de clients" mais la situation est "relativement calme dans l'ensemble". Apollo n'a "pas noté d'inquiétudes de clients". "Peut-être que le marché va ralentir un petit peu mais c'est trop tôt pour le dire. Rien de tel n'était arrivé jusqu'à présent", dit Jan Josefsson, directeur des ventes de Globetrotter (voyagiste Ving). Même son de cloche chez Hapag Lloyd et Aida en Allemagne, ou encore aux Pays-Bas où les agents de voyage (ANVR) font remarquer qu'"en général, les réactions des Néerlandais sont très neutres". "Je ne crois pas à beaucoup d'annulations. Ce qui est en cause, ce ne sont pas les croisières et leur sécurité mais le facteur humain et la gestion du drame", assure un professionnel du tourisme.

Le «Fascinosa» doit entrer en service en mai

Le patron de Costa Crociere, Pier Luigi Foschi, insistait le 16 janvier sur l'erreur humaine présumée, "un fait imprévisible", en martelant que "Costa a des procédures de sécurité très strictes". Se disant incapable de chiffrer d'éventuelles annulations, il se montrait "confiant" : "après ces temps difficiles, Costa retrouvera son niveau d'avant". Un navire du même modèle que le «Concordia», le «Fascinosa», doit entrer en service en mai. Mais d'autres s'inquiètent des retombées du naufrage. "Cela risque de casser la dynamique de l'intérêt de certaines nouvelles clientèles pour la croisière, comme les familles. Car l'élément fondamental pour les familles, c'est la sécurité", estime Didier Arino, du cabinet d'études Protourisme. "Comme pour les seniors d'ailleurs, clientèle phare des croisières". "Avec tous les témoignages que l'on a vus, les gens se projettent. Ils étaient devant leur téléviseur, a fortiori un week-end", ajoute-t-il.
Le «Concordia» transportait 4.229 personnes. Six sont mortes, une soixantaine ont été blessées et une quinzaine sont portées disparues. Signe du malaise, le numéro deux mondial des croisières, le suisse d'origine italienne MSC, se refusait le 16 janvier à tout commentaire. Son site internet diffusait un message laconique de soutien aux victimes de "la terrible tragédie". Le groupe américain Carnival, la maison mère de Costa qui compte une centaines de navires via ses différentes marques, a chiffré entre 85 et 95 millions de dollars l'impact minimum du naufrage sur ses comptes, auxquels s'ajouteront "d'autres coûts" pas encore chiffrables.

Audrey Kauffmann

Lundi 16 Janvier 2012





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