Création de l’association "Ports des Hauts-de-France"


Réunis le 28 septembre, les gestionnaires d’infrastructures portuaires des Hauts-de-France ont décidé d’unir leurs forces. Inspirée de Medlink Ports et de Haropa, cette approche régionale a pour objectif de promouvoir et de développer les transports maritimes et fluviaux en lien direct avec le projet Seine-Nord Europe.


Avec un trafic de près de 47 millions de tonnes (Mt), le port de Dunkerque est à l’origine de 25.000 emplois et d’une valeur ajoutée de 3,8 milliards d’euros. "À Hambourg, les tonnages s’élèvent à 138 Mt. Le port allemand génère 270.000 emplois et une valeur ajoutée de 20,5 milliards d’euros. Cette comparaison témoigne la difficulté pour la France de créer de la valeur ajoutée et des emplois autour de son industrie portuaire", constate Michel Lalande, préfet de la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Un constat partagé par Stéphane Raison, président du directoire du GPM de Dunkerque : "Dans les Hauts-de-France, 600.000 EVP en importation ne passent par la région, soit une perte d’au minimum 3.600 emplois. Notre objectif est de rapatrier la valeur ajoutée de ces trafics (et d’autres) en France. Cela ne fonctionnera que si tous les ports maritimes et intérieurs régionaux sont unis, et si le service y est meilleur". Forts de ce constat, les CCI de région Nord de France et de Picardie, gestionnaires des ports intérieurs implantés dans les Hauts-de-France, la Région et le GPM de Dunkerque ont décidé de mettre en œuvre une stratégie collective portée par la nouvelle entité : Ports des Hauts-de-France. Sur la façade maritime, l’association créée officiellement le 28 septembre à Lille rassemble les ports de Dunkerque, Calais, Boulogne-sur-Mer et du Tréport. Soit un trafic annuel de l’ordre de 90 Mt et de plus 13 millions de passagers, adossé au premier centre européen de transformation et de commercialisation de produits de la mer. Dans l’hinterland régional, elle regroupe un réseau d’infrastructures fluviales composées des douze sites au sein de Ports de Lille, Ports de Valenciennes, Dourges Delta 3, les ports de Béthune et de l’Oise.

Feuille de route à préciser

Avec la participation du pôle régional Euralogistic, du consortium fluvial Hauts-de-France et du pôle ferroviaire 2A2F, ces gestionnaires portuaires forment un premier cercle. "Si on veut gagner la bataille de la massification et offrir aux entreprises des Hauts-de-France les meilleurs services logistiques, il faut associer les chargeurs", souligne Stéphane Raison citant aussi l’ensemble des services de l’État dont les douanes. Aussi avec la recherche de nouvelles massifications, l’un des enjeux de Ports des Hauts-de-France est la communication. S’inspirant de la success-story avec les enseignes du groupe Mulliez-Auchan et CMA CGM, "il faut faire savoir ce qu’on sait faire auprès des grands chargeurs régionaux avec le concours des compagnies maritimes".

"Travailler en réseau et sortir d’une logique d’isolement"


Face à la concurrence des ports du Benelux mais aussi de Haropa, le président du directoire du GPM valorise une série d’initiatives telles que l’harmonisation des THC fluviales, l’auto-liquidation de la TVA à l’importation en vigueur à compter du 1er octobre et le projet d’un CCS régional unique et ouvert. En termes de gouvernance, les membres de l’association se donnent deux mois pour préciser ses équipes et sa présidence. En sus de doter la région d’une identité portuaire, ces derniers auront pour objectif d’élaborer une feuille de route qui devrait s’inspirer des vingt-sept propositions de la mission parlementaire consacrée à l’axe portuaire Nord des sénateurs Jérôme Bignon et René Vandierendonck. Elle devra aussi préciser la politique commerciale de l’association.

Au service de Seine-Nord Europe

La création des Ports de Hauts-de-France coïncide avec le lancement de grands projets. Avec Port Calais 2015 ou l’autoroute ferroviaire atlantique, l’association se fixe pour mission de travailler collectivement à la réussite du canal Seine-Nord Europe qui traverse la région. "Un projet irréversible", assure le député Rémi Pauvros. Le projet de loi ratifiant l’ordonnance relative à la société de canal Seine-Nord Europe a été présenté lors du Conseil des ministres du 14 septembre. Chargée de la réalisation de l’infrastructure, cette société "prendra le relais des travaux menés actuellement par Voies navigables de France dès 2017", année confirmée du début des travaux pour une mise en service 2023.

Érick Demangeon

Vendredi 30 Septembre 2016



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