Décision le 9 janvier pour la Scop


Le tribunal de commerce de Paris a reporté au 9 janvier sa décision concernant la création d'une société coopérative à SeaFrance, après l'intervention du gouvernement, qui dit désormais soutenir cette initiative.


© SEAFRANCE
© SEAFRANCE
Le sort de SeaFrance sera finalement examiné le 9 janvier, le tribunal de commerce de Paris ayant reporté son audience afin de laisser quelques jours aux salariés pour boucler la partie financière de leur projet de reprise.
Le projet de Société coopérative et participative (Scop), proposé par la CFDT, est le seul dossier de reprise sur la table pour la compagnie transmanche en liquidation judiciaire. Mais ce projet souffre d'un déficit de financement, problème que le gouvernement a tenté de solutionner le 2 janvier en proposant un nouveau montage. Le président de la République Nicolas Sarkozy a ainsi demandé à la SNCF, propriétaire de SeaFrance, d'apporter son aide au projet de Scop par le versement d'indemnités exceptionnelles aux salariés pour leur permettre de les réinjecter dans la coopérative.

«Définir les modalités techniques et financières du sauvetage»

"Le délai était trop court entre l'annonce du gouvernement et l'audience du tribunal. Il y a une décision politique, il faut maintenant la mettre en musique", a expliqué l'avocat du syndicat CFDT maritime Nord, Me Philippe Brun, à l'issue de l'audience du 3 janvier.

Revirement de position

Jusqu'à ce revirement de dernière minute, le gouvernement s'était toujours montré dubitatif sur la viabilité du projet de Scop pour la reprise de la dernière société française à assurer la liaison maritime Calais-Douvres, qui emploie 880 personnes à Calais et génère au moins autant d'emplois indirects. "Nous souhaitons mettre à profit ces quelques jours pour organiser une réunion entre les parties prenantes du dossier, la région Nord-Pas-de-Calais, l'État et les représentants de la Scop pour définir les modalités techniques et financières du sauvetage de SeaFrance", a ajouté Philippe Brun. Alors que le temps presse puisque aucun bateau ne navigue depuis mi-novembre, de nombreux points sont en effet toujours en suspens dans le dossier financier du projet.
La ministre de l'Écologie et des Transports, Nathalie Kosciusko-Morizet, a indiqué le 3 janvier que la SNCF pourrait verser entre 50 et 60.000 euros d'indemnités exceptionnelles à chaque salarié, mais lors de l'audience, la compagnie ferroviaire n'a donné aucune estimation chiffrée.

Encore de lourdes incertitudes

Autre incertitude de taille : le nombre de salariés réellement disposés à investir leurs indemnités au capital de la Scop. "Un nombre important réinvestiront, le nombre exact je ne sais pas", déclarait le 2 janvier Didier Cappelle, secrétaire général CFDT du syndicat maritime Nord. Sur les 880 salariés, 600 sont adhérents de la coopérative, a-t-il précisé.
Quant au ministre chargé des Transports, Thierry Mariani, qui fustigeait l'attitude «fanatique» des syndicalistes trois jours auparavant, il se félicitait d'avoir "réuni au moins les conditions pour que ce projet soit finançable. Depuis des mois, j'entends parler d'un projet de Scop, qui est très beau, mais sur le papier il n'y avait pas les financements". Pour lui, "ce projet est finançable à condition que les salariés y croient et à condition que le tribunal de commerce lui donne sa chance". "Je ne vous dis pas que c'est gagné mais au moins il y a une chance", a renchérit Mme Kosciusko-Morizet.
De l'autre côté de la Manche, P&O, la concurrente britannique de SeaFrance, a dénoncé le projet de sauvetage et annoncé qu'elle porterait plainte auprès de l'Union européenne contre ce qu'elle considère comme des aides d'État déguisées.

Franck IOVENE et Marion THIBAUT

Mardi 3 Janvier 2012





Dans la même rubrique :
< >

     

Entreprises | Infrastructures | Institutions | Transport maritime | Transport aérien | Transport routier | Transport fluvial | Transport ferroviaire | Transport multimodal | Transport express - Messagerie | Logistique - Supply Chain | Énergie | Matières premières - Négoce | Industrie | Services | International | Développement durable | Faits divers








Accès rapide
























 

Qu'est-ce que L'Antenne ?

Le site internet de L'Antenne est la première plateforme B2B française de services et d’actualité consacrée au secteur du transport et de la logistique. Quotidiennement nous traitons de l’actualité du fret maritime, aérien, routier, fluvial, ferroviaire et multimodal ainsi que de la logistique, de l'industrie, de l'énergie et des matières premières. Nous apportons aux professionnels des outils et services qui facilitent leur travail et aident à la prise de décisions. Chaque année, nous éditons des guides de référence dans le secteur : "Le Fret aérien pratique" et "Le Fret maritime pratique" en plus de notre guide pratique des Incoterms©. L'Antenne est aussi organisateur de salons sur les thématiques du transport multimodal de fret, de l’export et de la logistique.

Mentions ours

Design réalisé par Caroline BALDINI.

Plan du site

Syndication

© SMECI
L'Antenne est édité par Smeci (32, av. André Roussin, BP 36, 13321 Marseille Cedex 16)
RCS Marseille 447 889 395. ISSN : 0395-8582
CPPAP : 0313T79480
Dépôt légal : 10/04/2006
Gérant : Jacques Riccobono
Rédacteur en chef : Vincent Calabrèse