Dentressangle gardera "exactement" le même fonctionnement


L'acquéreur américain de Norbert Dentressangle, XPO Logistics, promet aux syndicats que le transporteur français gardera "exactement" le même fonctionnement qu'actuellement, une déclaration "plutôt rassurante" en matière d'emploi, selon FO.


XPO Logistics emploie10.000 personnes sur 200 sites © Norbert Dentressangle
XPO Logistics emploie10.000 personnes sur 200 sites © Norbert Dentressangle
Norbert Dentressangle gardera "exactement" le même fonctionnement, a promis jeudi 7 mai l'acquéreur aux syndicats. Le futur actionnaire majoritaire "s'est voulu rassurant quant à nos emplois", confirmant que ceux-ci ne seraient pas touchés au moins "sur les dix-huit prochains mois", a indiqué Christophe Henry, coordinateur FO du groupe Norbert Dentressangle (ND), à l'issue d'une première rencontre avec un représentant de XPO Logistics.

Aucune sanction en cas de non-respect

En revanche, même si cet engagement est inscrit dans le contrat de vente, aucune sanction n'est prévue en cas de non-respect, relève le représentant de Force ouvrière, premier syndicat. Les représentants du personnel, inquiets à l'idée que XPO puisse céder certaines activités moins rentables après le rachat, ont obtenu des garanties orales de la part de leurs futurs patrons. "Ils garderont exactement le fonctionnement qu'a Dentressangle aujourd'hui. En tout cas, c'est ce qu'ils nous disent", a souligné Christophe Henry. Les syndicats craignaient que XPO reproduise en France le modèle de l'affrètement (location de camions) qui est le sien aux États-Unis, avec les conséquences néfastes sur l'emploi que cela induit.
Le repreneur a expliqué qu'il n'avait "pas du tout" acheté le transporteur français pour ensuite "faire de la découpe" de la société, mais bel et bien "pour monter un groupe qui a vocation à devenir un leader mondial". "C'est plutôt rassurant mais on n'est pas convaincu" pour autant, a poursuivi le syndicaliste, selon qui FO fera preuve de "vigilance sur les emplois du groupe Norbert Dentressangle et ce qu'ils vont devenir". La société compte 42.350 salariés (dont 12.600 en France, selon FO) répartis sur 662 sites, tandis que XPO Logistics emploie de son côté 10.000 personnes sur 200 sites.

Appel du parquet

Le parquet a fait appel après l'annulation, mardi 6 mai par le tribunal correctionnel de Valence, d'une partie de la procédure visant six cadres et trois sociétés du groupe Norbert Dentressangle pour travail dissimulé, a-t-on appris jeudi 7 mai de source judiciaire. L'accusation reproche aux prévenus d'avoir abusivement utilisé des filiales étrangères pour faire travailler des chauffeurs à moindre coût. Mais après une première audience le 4 mars, le tribunal a annulé mardi des pièces essentielles de la procédure, telles que les perquisitions et des interrogatoires, faisant ainsi droit aux demandes de la défense formulées lors d'une première audience le 4 mars. Selon les avocats de Dentressangle, ces pièces issues de l'enquête préliminaire contrevenaient aux droits fondamentaux de la défense en vertu de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme. Cet appel du parquet intervient alors que les débats sur le fond du dossier doivent se dérouler du 7 au 11 mars 2016.
Les six cadres et trois sociétés de Norbert Dentressangle sont poursuivis pour "délit de marchandage", "prêt de main-d’œuvre illicite" et "travail dissimulé". Le transporteur conteste ces accusations en affirmant que "son organisation du transport international en Europe est conforme aux réglementations européennes et au droit social". La CFTC, dont une plainte en 2011 est pour partie à l'origine de l'affaire, assimile en revanche ces pratiques à de la "sous-traitance low-cost" et du "dumping social". Selon le syndicat, plus d'un millier de chauffeurs salariés de trois filiales basées en Pologne, en Roumanie et au Portugal, étaient acheminés en minibus depuis leur pays d'origine sur les dépôts français du groupe avant de prendre leur service au volant de camions immatriculés à l'étranger. Selon la CFTC, ces chauffeurs routiers, payés sur le sol français selon les normes de leurs pays d'origine, auraient dû être soumis à la directive européenne sur le "détachement" et bénéficier de conditions de travail et salariales similaires à celles pratiquées en France. L'Urssaf a par ailleurs lancé dans cette affaire une procédure de recouvrement de charges sociales s'élevant à 27 millions d'euros.

AFP

Lundi 11 Mai 2015



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