Des Assises du transport aérien en 2018


La ministre déléguée aux Transports, Élisabeth Borne, a annoncé, lors de son audition au Sénat, l'organisation d'Assises du transport aérien en 2018, qui seront notamment dédiées à la compétitivité du pavillon français.


© Air France
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"Je lancerai des Assises du transport aérien en 2018. Pour qu'on s'assure qu'on ne place pas notre transport aérien dans une situation de moindre compétitivité par rapport aux autres compagnies", a déclaré jeudi 20 juillet la ministre chargée des Transports, Élisabeth Borne, interrogée par les sénateurs. "Il faut être attentif à la compétitivité du pavillon français dans le domaine aérien. Quand je vois que la part de ce pavillon a reculé de 10 points sur ces dix dernières années, on ne peut pas non plus s'en satisfaire et il faut qu'on s'interroge sur les politiques qu'on mène", a-t-elle détaillé.

Élisabeth Borne, ministre déléguée aux Transports © RATP
Élisabeth Borne, ministre déléguée aux Transports © RATP
Les compagnies aériennes françaises et plusieurs rapports parlementaires pointent depuis des années le poids des charges, notamment des taxes et redevances aéroportuaires, qui affectent leur compétitivité notamment face aux compagnies du Golfe. En avril, la Fédération nationale de l'aviation marchande (Fnam) avait estimé que le "poids croissant" des charges et de la fiscalité menacerait "16.000 emplois" au cours du prochain quinquennat.

Enjeux de compétitivité

"Il y a eu beaucoup de travaux qui ont été faits sur cette question, maintenant il va falloir qu'on réunisse tous les acteurs et qu'on prenne des décisions sur le sujet", a souligné Élisabeth Borne, observant qu'"il y a des enjeux de compétitivité qui relèvent de la régulation, il y en a qui relèvent des compagnies aériennes".

"16.000 emplois menacés au cours du prochain quinquennat, selon la Fnam"


Sur le cas particulier d'Air France, "je me réjouis qu'on sorte d'une période d'affrontements au sein de la compagnie et que le dialogue social ait triomphé, avec les accords qui ont pu être donnés à la fois par les pilotes, les hôtesses et les stewards récemment", a continué la ministre. Air France a en effet révélé jeudi le nom de sa filiale à coûts réduits, Joon, dont le principe avait été approuvé par le principal syndicat français de pilotes et qui doit améliorer la rentabilité du groupe en lui permettant de réduire ses coûts. Cet accord est "un signe très positif", a-t-elle estimé, souhaitant que la puissance publique "tienne compte de cette volonté exprimée par les salariés de l'entreprise de participer à la meilleure compétitivité de leur entreprise et qu'on les accompagne".

Élisabeth Borne ouvre la porte à la concurrence dans les TER

Élisabeth Borne veut permettre aux régions d'ouvrir leurs lignes TER à la concurrence avant la date butoir de 2023 et nommera "dans les prochains jours" une personnalité chargée de mener les concertations.
"Dans les prochains jours, une personnalité de haut niveau sera nommée pour mener la concertation avec les parties prenantes : organisations syndicales, régions, entreprises", a indiqué la ministre, qui était auditionnée jeudi au Sénat. "Je suis convaincue que pour répondre aux besoins des usagers, aux attentes des régions et aux légitimes inquiétudes des agents concernés nous devons très rapidement nous mettre au travail", a-t-elle ajouté. "Ce que nous souhaitons faire, c'est donner la liberté aux régions", a expliqué Élisabeth Borne.
Les services ferroviaires gérés par les régions - les TER - et opérés par la SNCF dans le cadre de délégations de services publics, pourront être ouverts à la concurrence à partir de 2019 et au plus tard en 2023, selon les textes européens, dont l'application en France nécessite une modification législative.

"N'attendons pas le big bang"

Élisabeth Borne souhaite intégrer l'ouverture à la concurrence du transport ferroviaire dans la "grande loi d'orientation sur les mobilités", qui sera présentée au Parlement pour y être débattue au premier semestre 2018. Selon elle, on a "trop souvent voulu aller au bout du bout de l'échéance", mais "les scénarios où on passe du rien au tout ne sont certainement pas les bonnes méthodes. N'attendons pas le big bang, ne reculons pas, permettons d'avancer de façon pragmatique, de tester".
Interrogée jeudi sur France Inter, la ministre a également estimé que c'est dans "l'intérêt de la SNCF qu'il n'y ait pas un grand soir". Élisabeth Borne a par ailleurs fait état, devant les sénateurs, de la nécessité de "rassurer les salariés". "Il faudra certes ouvrir le secteur ferroviaire à la concurrence (...) et préparer le cadre social de l'ouverture en Île-de-France (progressivement entre 2025 et 2039, NDLR). Mais cette réforme nécessaire ne pourra être réussie qu'à condition de se faire avec les agents de la SNCF et de la RATP", a souligné la ministre.
Jeudi, les régions de France se sont dites "prêtes à fixer avec l'État les modalités et les conditions nécessaires à la passation des futurs appels d'offres". Elles ont précisé qu'"il apparaît important aux yeux de tous que le cadre des transferts de personnels soit clairement défini en amont". L'une des principales questions que pose l'ouverture à la concurrence dans les TER est en effet le devenir des salariés SNCF, lorsque le groupe public perdra un appel d'offres : seront-ils transférés au nouvel opérateur, comme c'est le cas dans le transport urbain ? Et qu'adviendra-t-il alors de leur statut particulier ?

AFP

Vendredi 21 Juillet 2017



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