Des sanctions pour un ciel unique européen


La Commission européenne va sanctionner tous les États de l'UE pour les contraindre à agir afin de réduire les retards dans leur espace aérien et dans leurs aéroports, a annoncé jeudi 11 octobre le commissaire aux Transports, Siim Kallas.


© Airbus
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Concernant le ciel unique européen, Bruxelles veut punir les États pour éviter un échec. "Plus de dix ans se sont écoulés depuis le lancement du projet de ciel unique européen et nous n'avons toujours pas de résultats", a déploré Siim Kallas lors d'une conférence sur le ciel unique à Limassol (Chypre). "Nous allons donc être contraints de lancer des procédures d'infraction", a-t-il dit. Les procédures devraient être engagées en février 2013 et concerner tous les États pour "non-respect de leurs engagements", a-t-on précisé dans l'entourage du commissaire. "Le ciel unique européen a toujours été ma priorité et ce projet est trop important pour échouer", a insisté M. Kallas. Le ciel unique devait supprimer les frontières nationales dans les airs, tripler la capacité de l'espace aérien, réduire les coûts de gestion du trafic aérien de 50 % et réduire de 10 % les incidences sur l'environnement.

"Lancement de procédures d'infraction"


M. Kallas avait mis en garde les États en novembre 2011 : "2012 sera l'année du succès ou de l'échec du ciel unique européen. Or il reste encore beaucoup à faire", avait-il averti. "Nous voulons tirer la sonnette d'alarme, car nous sommes face à un risque réel de ne pas être en mesure de faire face à augmentation du trafic aérien, qui devrait doubler d'ici à 2030", avait-il expliqué. Un an après, le constat est celui d'un échec et Siim Kallas est "furieux" car il est imputable selon lui à l'inertie des gouvernements, a-t-on confié. Aéroports congestionnés, problèmes météorologiques, capacité de gestion du trafic aérien : tous ces éléments concourent à retarder les vols, au grand dam des voyageurs et des compagnies, contraintes de supporter les coûts de ces retards. Siim Kallas a reconnu que "quelques signes de changements sont perceptibles, mais les progrès sont dans l'ensemble trop lents et trop restreints".

5 milliards d'euros de surcoût

Les compagnies pressent la Commission d'agir. Le contrôle du trafic aérien représente actuellement entre 6 et 12 % du prix d'un billet d'avion. À cela s'ajoutent les droits pour atterrir et décoller et depuis cette année la taxe instaurée par l'UE sur les émissions polluantes des avions. Chaque jour, 27.000 vols contrôlés se croisent dans le ciel européen et 80 % de ces vols sont exploités au sein de l'UE dont les 440 aéroports accueillent 1,4 milliards de passagers par an. Or l'espace aérien de l'UE est divisée en 650 secteurs, compte 60 centres de contrôles du trafic aérien et est géré par 27 systèmes nationaux. Conséquence de cette fragmentation, les distances à parcourir sont plus longues à cause de "routes bizarres" que les appareils sont contraints d'emprunter car les contrôleurs en charge ne sont pas en mesure de gérer plus d'un certain nombre de vols en même temps. Neuf blocs d'espace aériens doivent être opérationnels pour la fin 2012, mais "leur contribution à la défragmentation de l'espace aérien sera faible voire nulle", a déploré le commissaire. Les États refusent de renoncer à leur souveraineté et de s'attaquer aux contrôleurs aériens, a résumé un responsable européen. La Commission évalue les surcoûts à charge des compagnies et donc de leurs passagers à 5 milliards d'euros par an.

L'Iata appelle à des mesures radicales

L'Iata, l'Association internationale du transport aérien basée à Genève, a appuyé jeudi 11 octobre le discours de fermeté de l'UE pour un ciel ouvert européen, chiffrant à 5 milliards d'euros pour les compagnies aériennes la charge supplémentaire résultant de l'absence de progrès du projet. Un ciel unique en Europe "est la priorité pour reconstruire la compétitivité de secteur européen de l'aviation. L'échec des États membres de l'Europe à créer cet espace ajoute un coût de 5 milliards d'euros sur les compagnies volant en Europe et sur leurs passagers", a affirmé le directeur général de l'Iata, Tony Tyler. "En ces temps économiques difficiles, c'est un poids que le Continent ne peut pas supporter et les déclarations du Commissaire aux transports, Siim Kallas, ne pouvaient pas mieux tomber, a-t-il ajouté. L'Iata souligne qu'en 2012 l'Europe sera la seule région du monde où les compagnies aériennes finiront l'année avec des pertes, estimées à 1,2 milliard de dollars (930 millions d'euros). Elle pointe du doigt les pays qui ont fait le moins de progrès pour un ciel unique, la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne et salue l'action de l'Espagne et du Portugal. Elle appelle l'Union européenne à fixer des objectifs plus ambitieux assortis de lourdes sanctions financières en cas de non réalisation.

AFP

Vendredi 12 Octobre 2012





     

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