Des transporteurs prêts à bloquer les routes samedi contre l'écotaxe


Des routiers prévoient de mobiliser de nouveau 4.000 camions pour bloquer les routes samedi dans quinze régions françaises à l'appel de la fédération OTRE, qui réclame l'abandon pur et simple de l'écotaxe poids lourds.


L'organisation patronale, qui représente les petites entreprises du secteur et revendique 3.000 adhérents, a prévu une vingtaine de barrages filtrants un peu partout dans l'Hexagone, dont trois en Île-de-France et un en Bretagne, où est née l'opposition à l'écotaxe. "On devrait mobiliser 4.000 camions", a assuré son secrétaire général, Gilles Mathelié-Guinlet.
Plusieurs milliers de camions, 2.100 selon le ministère de l'Intérieur, 4.000 selon la fédération, avaient déjà défilé il y a quinze jours à l'appel de l'OTRE, créant des ralentissements autour des grandes villes. Les cortèges s'étaient rassemblés autour de portiques installés pour la collecte de l'écotaxe.
La fédération veut cette fois-ci frapper un grand coup en bloquant les routes. Les agriculteurs d'Île-de-France et du bassin parisien, qui eux manifestent vendredi, ont promis en revanche de ne pas gêner la circulation, une semaine après des cortèges émaillés d'accidents dont un mortel, qui avaient provoqué de gros blocages sur l'Ouest et le Sud de Paris.
"Les véhicules légers pourront passer, mais les poids lourds, notamment ceux en transit international, seront bloqués" samedi, a fait savoir M. Mathelié-Guinlet. "C'est la réponse que nous apportons au fait que le gouvernement se cache derrière la mise en place d'une mission parlementaire pour ne rien dire sur l'écotaxe", justifie-t-il.
L'Assemblée nationale a créé le 12 novembre une mission d'information sur l'écotaxe, tandis que les sénateurs socialistes ont fait savoir qu'ils allaient demander la création d'une commission d'enquête sur la société italienne Ecomouv', chargée de la collecte de cette taxe décidée en 2009 par la précédente majorité.

Les autres syndicats de routiers pas défavorables à l'écotaxe

Mais pour l'OTRE, ceci ne suffit pas et le gouvernement doit purement et simplement renoncer au dispositif. Ce dernier a promis qu'elle serait suspendue jusqu'à ce que le système fiscal en France soit remis à plat sans préciser le temps qu'il faudra pour mener à bien ce processus. La taxe, applicable sur les camions de plus de 3,5 tonnes circulant sur 15.000 km du réseau routier hors autoroutes, devait entrer en vigueur début 2014 après avoir connu plusieurs reports.
Les autres fédérations du secteur, en revanche, n'appellent pas leurs adhérents à manifester. La Fédération nationale des transporteurs routiers (FNTR), l'Union des Entreprises de transport et de logistique (TLF), l'Union nationale des organisations syndicales des transporteurs routiers automobiles (Unostra) et la Chambre syndicale du déménagement (CSD) acceptent le principe de l'écotaxe tant que celle-ci est compensée par une majoration forfaitaire de leur prix. Cette majoration, votée par l'Assemblée nationale, doit leur permettre de répercuter l'écotaxe sur leurs clients.
Pour Nicolas Paulissen, délégué général de la FNTR, il est plus urgent de mener à bien les négociations entamée avec le ministère des Transports pour moderniser la filière. "Le cas de Mory Ducros montre que le secteur vit une crise extrêmement grave", souligne-t-il. Le numéro deux français du transport routier de colis, qui emploie plus de 5.000 personnes, vient d'être placé en redressement judiciaire.
Abandonner l'écotaxe serait lourd de conséquence pour l’État. En vertu du contrat signé avec Ecomouv' dans le cadre d'un partenariat public-privé (PPP), il devra payer près d'un milliard d'euros à l'entreprise en remboursement des investissements réalisés.
Le report ne sera pas neutre financièrement non plus. L’État doit payer à la société un loyer mensuel de 18 millions d'euros à partir du moment où le système de collecte est homologué, même si la taxe n'est pas appliquée. La décision concernant cette homologation technique est attendue début décembre. Ecomouv' en revanche, qui devait livrer le dispositif en juillet dernier, doit verser à l'État huit millions d'euros mensuels d'indemnités de retard.

Laure Fillon

Vendredi 29 Novembre 2013



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