Dunkerque : quel site pour accueillir le futur champ d’éoliennes offshore ?


Si le projet de champ éolien au large du port de Dunkerque est accueilli favorablement au plan local, sa localisation fait débat. L’Union maritime et commerciale de Dunkerque précise les incompatibilités du site retenu pour l’heure, et formule une contre-proposition.


© C Power
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À la demande de Ségolène Royal, ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, le préfet coordinateur de la façade Manche Est-mer du Nord a conduit en 2015 une consultation régionale. Celle-ci avait pour objet d’identifier deux zones propices au large de Berck et de Dunkerque pour l’implantation de nouveaux projets éoliens en mer.

Jean-Charles Le Gall, président de l’Union maritime et commerciale de Dunkerque © UMC
Jean-Charles Le Gall, président de l’Union maritime et commerciale de Dunkerque © UMC
Sur la base des conclusions positives de cette consultation, la ministre a annoncé le 4 avril 2016 le lancement d’un appel d’offres sur la zone. Si la désignation d’un nouveau site au large de Dunkerque est saluée par sa communauté portuaire, son Union maritime et commerciale (UMC) appelle toutefois au lancement d’une concertation plus approfondie avec l’ensemble des acteurs concernés. Présidée par Jean-Charles Le Gall, l’UMC suggère que le site à définir "doit veiller au respect des activités existantes". Avec le concours des pilotes maritimes, de la Capitainerie du Grand Port maritime de Dunkerque, des entreprises de manutention et des associations françaises et européennes des capitaines de navires, "le périmètre des zones réservées à l’éolien offshore doit être défini dans le détail", tout comme "ses règles d’accessibilité et les éventuelles indemnisations pour les gênes temporaires ou permanentes occasionnées".

Points à améliorer

À l’origine de cette demande de concertation, l’UMC estime que la surface de 180 m2 soumise à la consultation régionale initiale présente une série "d’incompatibilités". À commencer par "le chenal d’accès côtier aux deux ports de Dunkerque, tant en venant du Dyck qu’en venant de l’Est" qui "serait tangenté voire superposé à la zone identifiée. L’implantation proposée dans la partie Ouest supprimerait en outre la route des Bancs de Flandres pourtant utilisée régulièrement par les navires de commerce à destination et/ou au départ de Dunkerque".

"L’éolien offshore est une vraie opportunité industrielle pour le port de Dunkerque"


Pour enrichir le débat, l’Union demande que soit publiée l’étude qui a justifié l’instauration d’une distance de sécurité de 5 milles par rapport dispositif de séparation de trafic. "Enfin, il ne nous paraît pas raisonnable d’implanter un parc éolien à 5 km d’une plage le long de laquelle se situent de nombreuses habitations alors que la norme généralement reconnue prévoit un éloignement de 10 km".

Propositions

Afin de résoudre ces différents problèmes, l’UMC préconise une réduction de la zone. L’aire potentielle se situerait dans la partie Nord-Est de l’espace de 180 km2 initialement proposée, soit "une zone délimitée par la route des Flandres, la frontière belge, la limite de 10 km à la côte et une distance de sécurité située à la limite Sud du dispositif de séparation de trafic". Cette zone représente 70 km2 soit proche de celles de Courseulles-sur-Mer (50 km2) et Fécamp (66 km2). "Elle permettrait l’installation d’un parc éolien d’au moins 500 MW comme prévu dans l’annonce de la ministre", souligne Jean-Charles Le Gall.

Les champs d’éoliennes offshore en France

En adoptant la Loi sur la transition énergétique pour la croissance verte, la France s’est fixé un nouvel objectif de 32 % d’énergies renouvelables dans la consommation nationale d’énergie d’ici 2030 : 40 % de la production d’électricité, 38 % de la consommation de chaleur, 15 % de la consommation de carburant et 10 % de la consommation de gaz. Dans l’immédiat, deux appels d’offres nationaux, lancés en 2011 et en 2013, se sont traduits pas la sélection de six sites : Fécamp, Courseulles-sur-Mer, Saint-Nazaire, Saint-Brieuc, Le Tréport et Yeu-Noirmoutier. Ensemble, ces sites auront une capacité totale de 3.000 MW. L’objectif des pouvoirs publics est d’engager la réalisation de 500 à 6.000 MW supplémentaires d’ici 2023 à travers la désignation de nouvelles zones côtières propices à l’installation d’éoliennes en mer, dont au large de Dunkerque.

Érick Demangeon

Lundi 26 Septembre 2016



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