Ebola : les États-Unis revoient leurs mesures pour les voyageurs



La Belgique a cessé toute expulsion forcée d'immigrés clandestins vers les pays africains touchés © MSF
La Belgique a cessé toute expulsion forcée d'immigrés clandestins vers les pays africains touchés © MSF
Les autorités sanitaires américaines ont proposé lundi 27 octobre de nouvelles mesures pour contrôler les voyageurs revenant des pays touchés par Ebola sans toutefois imposer de quarantaine, après une violente polémique et l'appel du secrétaire général de l'ONU à ne pas "stigmatiser" les soignants de retour d'Afrique de l'Ouest.
Les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) suggèrent, sans obligation, de contrôler les voyageurs revenant sans symptômes de pays africains affectés par Ebola en fonction des risques, classés en quatre catégories. Mais les CDC n'imposent pas de mises en quarantaine, comme l'ont fait certains États américains, et rappellent qu'une personne n'est contagieuse que si elle développe des symptômes de la maladie. "Nous sommes inquiets de certaines mesures prises dans divers endroits qui peuvent avoir pour effet de stigmatiser davantage ou de donner de fausses impressions. On n'attrape pas Ebola de quelqu'un qui n'est pas malade", a insisté le directeur des CDC, Tom Frieden.
Ces mesures concernent moins de 100 personnes par jour qui arrivent dans un des cinq aéroports américains où sont contrôlés les voyageurs venant du Liberia, de la Sierra Leone ou de Guinée, pays les plus touchés par l'épidémie qui a fait près de 5.000 morts depuis le début de l'année. Pour les individus considérés comme à "haut risque", s'ils ont par exemple soigné des malades d'Ebola, "nous voulons être certains qu'ils ne se rendent dans aucun lieu public, ni au travail et que leurs déplacements soient approuvés par les autorités sanitaires locales", a précisé le Dr Frieden.
Les mises en quarantaine imposées par certains États américains avaient suscité la controverse aux États-Unis ces derniers jours. Après la découverte d'un premier cas d'Ebola chez un médecin à New York, les États de New York et du New Jersey avaient instauré vendredi 24 octobre une mise en quarantaine obligatoire pour tous les voyageurs ayant eu des contacts avec des malades en Afrique de l'Ouest, même en l'absence de symptômes. L'Illinois a pris la même décision dimanche 26 octobre. Mais, à la suite de vives critiques et sous la pression de la Maison-Blanche, l'État de New York a assoupli ces règles. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé lundi 27 octobre à ne pas "stigmatiser" les membres du personnel de santé de retour d'Afrique de l'Ouest.
Ce sont "des gens exceptionnels, qui donnent d'eux-mêmes pour venir en aide à l'humanité. Ils ne devraient pas être soumis à des restrictions qui n'ont pas de base scientifique", a-t-il lancé depuis Addis Abeba. "Ils ne devraient pas être stigmatisés pour leur dévouement altruiste. Nous avons besoin d'eux pour gagner cette bataille. S'il vous plaît, ne les placez pas en quarantaine parce qu'ils ont été volontaires pour travailler dans les pays atteints" par Ebola.

Mesures décourageantes

Une infirmière américaine de retour de Sierra Leone, qui avait été placée d'office en quarantaine vendredi 24 octobre alors qu'elle ne présentait aucun symptôme, avait affirmé avoir été traitée "comme une criminelle" à son arrivée au New Jersey. De nombreux observateurs craignent que ces mesures ne découragent d'éventuels volontaires pour participer sur place à la lutte contre l'épidémie. Mettre en quarantaine des soignants sans symptômes "ne se fonde sur aucune preuve scientifique et pourrait miner les efforts visant à maîtriser l'épidémie à sa source", a déclaré lundi 27 octobre Médecins sans frontières (MSF), ONG pour laquelle travaillait le médecin de New York. Le Pentagone a annoncé lundi 27 octobre que les soldats américains de retour de mission contre Ebola en Afrique de l'Ouest seraient désormais placés "à l'isolement" pendant trois semaines sur la base américaine de Vicenza en Italie. L'ambassadrice des États-Unis à l'ONU, Samantha Power, actuellement en tournée dans les pays africains les plus touchés, a elle promis de suivre toutes les procédures prévues à son retour sur le continent américain.
L'épidémie commence aussi à avoir un impact en matière de politique migratoire dans certains pays occidentaux. L'Australie a annoncé une série de mesures visant à limiter l'immigration en provenance des pays touchés par Ebola, dans le but de prévenir l'arrivée du virus sur son territoire. La Belgique a indiqué qu'elle avait cessé depuis plusieurs semaines toute expulsion forcée d'immigrés clandestins vers les pays africains touchés, pour éviter toute contagion des agents de police qui les accompagnaient. La Corée du Nord a de son côté refusé l'entrée sur son territoire à un caméraman espagnol pour un voyage de presse, par crainte d'Ebola, selon l'organisateur néerlandais de ce voyage. Du côté des victimes, un membre de l'équipe médicale envoyée par Cuba en Guinée pour lutter contre l'épidémie d'Ebola est mort du paludisme dimanche 26 octobre. En revanche, le département de la Santé de la ville de New York a annoncé lundi 27 octobre qu'un petit garçon de 5 ans rentré récemment de Guinée, qui avait présenté certains symptômes comme de la fièvre, n'était pas infecté par Ebola.

AFP

Mardi 28 Octobre 2014



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