Ecomouv' : cessation d'activité, 200 salariés licenciés



© Studio Volpi
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Les quelque 200 salariés d'Ecomouv' vont perdre leur emploi et la société va disparaître, a annoncé mardi 9 décembre sa direction, conséquence de l'abandon par le gouvernement du dispositif d'Écotaxe que l'entreprise était chargée d'appliquer. "Le 30 octobre 2014, l'État a notifié par courrier sa décision de résilier le contrat de partenariat signé avec Ecomouv' SAS. Cette décision entraîne des conséquences irrémédiables et rédhibitoires pour l'activité et l'avenir de l'entreprise", a indiqué Ecomouv'. Car Ecomouv' avait pour mission "unique et exclusive" de mettre en œuvre et de collecter la taxe sur les poids lourds, l'une des mesures phare du Grenelle de l'environnement, abandonnée par la ministre de l'Écologie, Ségolène Royal, en raison notamment d'une forte opposition des transporteurs routiers. En conséquence, la direction d'Ecomouv' s'est dite mardi 9 décembre "contrainte de présenter un projet de cessation de ses activités et de suppression de tous les emplois existants pour motif économique". Ecomouv' est une filiale à 70 % de l'italien Atlantia (ex-Autostrade), où sont également présents les français Thales (11 %), SNCF (10 %), SFR (6 %) et Steria (3 %). "C'était une erreur d'abandonner l'Écotaxe, d'un point de vue écologique, d'un point de vue économique aussi et on le voit aujourd'hui, malheureusement, d'un point de vue social", a commenté la députée socialiste de la Moselle Aurélie Filippetti. Quelque 157 des 200 salariés de l'entreprise sont basés à Metz, au centre opérationnel d'Ecomouv'. Lorsqu'il s'était rendu à Metz le 24 novembre, le président François Hollande avait promis à une délégation de représentants des salariés d'Ecomouv' de leur assurer "une transition d'un an avec garantie de salaire", en attendant des solutions de reclassement, selon son entourage. De son côté, la direction d'Ecomouv' a affirmé mardi 9 décembre mobiliser ses ressources pour "identifier des possibilités de reclassement en France et, dans la mesure du possible, dans la région de Metz".
Ecomouv' a également demandé à l'État français "une mobilisation de ses propres services décentralisés afin de l'aider à gérer l'impact social d'un projet qui est la conséquence directe et exclusive de sa décision unilatérale". Pour Jean-Luc Bohl, président de Metz Métropole, l'État doit désormais respecter "au plus vite ses engagements de définir au plus tôt une solution pérenne pour ces hommes et ces femmes qui ont été traités avec un manque total d'humanité et de respect par ce gouvernement et particulièrement par Ségolène Royal". Jean-Luc Bohl a rappelé que, lors de sa visite en Lorraine, le président de la République s'était dit favorable à "l'expérimentation" d'une taxe poids lourds régionale en Alsace-Lorraine. "Nous allons voir avec les différents élus locaux comment on pourrait éventuellement mettre sur pied cette taxe régionale, mais pour l'instant rien n'est sûr", a remarqué à ce propos Aurélie Filippetti. De son côté, le maire PS de Metz, Dominique Gros, a appelé le gouvernement "à transformer ses engagements en actes, afin que cesse le gâchis humain de l'Écotaxe".

Question des indemnités en suspens

Outre le volet social de ce dossier, Ecomouv' et le gouvernement doivent encore trouver une solution à la question des indemnités que l'État devrait verser à la société à la suite de la résiliation du contrat. Ségolène Royal avait affirmé, lors d'une visite à Rome le 19 novembre, que l'État était favorable à une négociation avec Ecomouv', mais en mettant tout sur la table, y compris les carences de la société. Concernant la somme de 830 millions d'euros que l'État devrait verser à Ecomouv' en dédommagement, Ségolène Royal avait précisé que cette somme était encore "à vérifier". "Ma préférence va pour une solution négociée, mais l'État ne peut pas payer ce qu'il ne doit pas", avait-elle ajouté, en relevant qu'un éventuel désaccord serait "tranché par les tribunaux". "Les salariés se retrouvent otages du bras de fer entre Ecomouv' et l'État", a déploré Jacques Stirn, en charge à la CFDT Lorraine du dossier des salariés d'Ecomouv'. Car l'argent pour financer le plan social dépendra des indemnités versées par l'État, a-t-il relevé. Selon Jacques Stirn, un contentieux devant les tribunaux serait "le pire des scénarios", avec le risque "que ça dure des années et que les salariés ne voient pas la couleur des indemnités".

Tangi Quemener

Mercredi 10 Décembre 2014



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