Emirates : deux années de fructueuse présence à Lyon


Emirates compte deux années de fructueuse présence à l'aéroport de Lyon mais sa montée en puissance est contrariée par un préjudiciable refus d’augmentation des droits de trafic.


© Emirates
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Premier transporteur long-courrier à Lyon, et presque unique, hormis une ligne saisonnière vers le Canada, Emirates fête en ce mois de décembre 2014 ses deux ans de présence à Lyon reliée maintenant à Dubaï cinq jours par semaine. Entre satisfaction face aux résultats obtenus et colère face aux pouvoirs publics qui lui refusent des droits de trafic supplémentaires, la compagnie aérienne sait que la nature a horreur du vide.
Thierry de Bailleul, directeur général d’Emirates France, ne peut pleinement laisser échapper sa colère mais il explique : «Emirates opère cinq vols par semaine entre Lyon et Dubaï avec un taux de remplissage de 80 %. Nous avons démarré avec un A340 rapidement remplacé par un B777-200 de 360 sièges. Cette fréquence de cinq vols est aujourd’hui devenue insuffisante et nous en appelons aux autorités pour obtenir deux nouveaux vols hebdomadaires, les mardis et jeudis, pour répondre à une demande croissante». Largement soutenue par les entrepreneurs et leurs organismes patronaux, les acteurs économiques et consulaires et par les collectivités, la compagnie se heurte, pour l’instant, à une fin de non-recevoir étatique.

"Pas droits de trafic supplémentaires pour les compagnies du Golfe"


Cette ligne a notamment ouvert l’accès aux marchés d’affaires et de tourisme d’Asie, d’Australie, du Moyen-Orient. «Nous sommes heureux de constater l’arrivée de plus en plus nombreuse de touristes australiens dans notre ville. Preuve en est que l’arrivée d’une compagnie aérienne long-courrier stimule l’économie locale», affirme Gérard Collomb. Le sénateur-maire et président du Grand Lyon «soutient pleinement dans leur démarche les défenseurs de l’ouverture des droits de trafic». Mais, à Paris, le son et le ton sont différents et le rapport parlementaire Leroux déposé en novembre sur le bureau du Premier ministre ajoute de la confusion et du paradoxe à la situation. Il préconise «de ne plus octroyer de droits de trafic supplémentaires aux compagnies du Golfe».
«Cela nous a surpris et ce protectionnisme n’est pas de bon aloi», relève Thierry de Bailleul. En effet, d’un côté, on prêche pour plus d’emplois et d’échanges internationaux dont nos entreprises ont tant besoin et on lance l’ouverture du capital de plusieurs aéroports et, d’un autre côté, on interdit une montée en puissance des vols. Ces paradoxes d’ailleurs ne manqueront pas de faire réfléchir d’éventuels investisseurs intéressés par les plateformes aéroportuaires françaises. Le dossier est aussi dans les mains de l’aviation civile.
En deux ans, Emirates a transporté 200.000 passagers entre Lyon et Dubaï dont 50 % environ poursuivent leur vol vers la Chine et d’autres pays d’Asie, l’Inde, l’île Maurice, les Seychelles, l’Australie et l’Afrique du Sud.
Emirates dynamise le marché et crée de la valeur. Elle emploie 30.000 personnes en Europe dont 14.500 en France. Elle est le premier client d’Airbus notamment pour les A380. «42 % des A380 produits le sont pour le compte d’Emirates qui dispose déjà de 54 de ces appareils et en a commandé 86», remarque Thierry de Bailleul. Emirates génère près de 500 millions d’euros en biens et services en France par an. 50 % des Moyen-Orientaux qui passent 14 jours par an en moyenne en France dépenseraient 5.000 euros par jour et par personne. Emirates ouvre une destination par mois.
En France, avec Paris (20 rotations), Nice (7 rotations) et Lyon (5 rotations), Emirates ne totalise que 32 vols par semaine contre par exemple 112 vols depuis le Royaume-Uni et 63 depuis l’Allemagne. La compagnie s’intéresserait à Bordeaux, Toulouse et Marseille. Dans tous les cas, cette compagnie indique n’avoir nullement peur de la concurrence.
Emirates a toujours eu une vraie stratégie pour le fret. Lyon bénéficie depuis plus d’un an d’un vol tout cargo sur Dubaï, opéré maintenant le jeudi, en B777 qui emporte 80 tonnes de marchandises chaque semaine.

Annick Béroud

Mercredi 17 Décembre 2014



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