En Provence, le secteur de la logistique en mal de reconnaissance


L'une des tables rondes proposées par le Tour de France de l'Afilog à Saint-Martin-de-Crau a porté sur l'offre logistique régionale insuffisante, les freins au développement du secteur et sur ses efforts pour se faire mieux accepter des populations.


© GPMM
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Pour Éric Lebreton, c'est clair : le principal frein à la logistique à Marseille et ses alentours, c'est le manque de foncier. Le directeur des activités logistiques Sud France de CBRE compare la situation à d'autres métropoles comme Paris, Lyon ou Lille : "Sur Paca, il n'y a rien au-delà de 24.000 m2. Ici, dès qu'on s'éloigne, il y a des montagnes, des fleuves, des autoroutes ou la mer". Ceci explique, selon lui, l'appétit local pour la reconversion de friches industrielles. Le problème étant que, dans le même temps, explique Laurent Horbette, directeur général de Gemfi, "nous avons besoin de surfaces de plus en plus grandes pour les sites logistiques, y compris pour pouvoir concentrer les nuisances" et rendre plus acceptable cette activité par les citoyens.

"Un décalage entre le temps administratif et le temps des entreprises"


Réduire les nuisances en concentrant les flux, c'est un parti qu'a déjà pris Haribo Ricqles Zan. Marjorie Gauthier-Deblaise, directrice achats et supply chain du groupe, rappelle que le confiseur mutualise le stockage et le transport avec le fabricant de soupes Continental Foods (ex-Campbell). "L'optimisation de la surface de stockage permet de réduire les coûts et de massifier le transport. D'où des gains économiques et écologiques", constate le chargeur. Ce malgré l'"exigence supplémentaire qui consiste à faire cohabiter l'épicerie sucrée et salée". La responsable rêve de pousser le concept plus loin encore. "Un jour, on arrivera peut-être à mutualiser les entrepôts de nos clients de la grande distribution, espère Marjorie Gauthier-Deblaise. Mais nous n'en sommes qu'aux balbutiements de la massification".

Responsabilité sociale

Tous les intervenants défendent le fait que les enjeux de la fonctionnalité et de la durabilité des sites sont désormais pris en compte dès la conception des bâtiments et des zones qui les accueillent. Hubert Maillot, directeur du développement économique de la Communauté d'agglomération dracénoise, s'appuie sur le parc des Bréguières, développé en partenariat avec Barjane, pour illustrer une "vision patrimoniale au niveau du territoire", qui évite "d'aligner les entrepôts "boîtes à chaussures"". Des sites modernes qui satisfont aux derniers standards environnementaux et sociaux, selon Laurent Horbette : "Luminosité, ambiance de travail et environnement sont désormais pris en compte dès la conception des bâtiments. Nos entrepôts répondent aux exigences thermiques. Nous avons un client qui n'a jamais allumé la chaudière en deux ans".
Pour le directeur général de Gemfi, cette évolution n'a hélas pas sauté aux yeux des responsables politiques. "Ils n'ont pas pris en compte l'intérêt de la logistique. Ils n'en voient que les nuisances". Pourtant, martèle-t-il, "la logistique crée des emplois, contrairement à l'industrie qui en détruit".
Léo Barlatier confirme que l'immobilier logistique a bien changé. "Nous certifions tous nos sites Iso 14001 pour mesurer nos performances à tous les niveaux. La conception, le chantier et la gestion sont certifiés". Barjane est un habitué des normes RSE, Iso 26000 et autre label Lucie. Il se défend d'en faire un "gadget marketing". "Nous avons une équipe dédiée qui rend un rapport chaque trimestre, des audits extérieurs. C'est une philosophie. Nous avons nous-mêmes intérêt à ce que nos bâtiments, qui nous appartiennent, vieillissent le mieux possible et satisfassent nos clients le plus longtemps possible". Hubert Maillot souligne, quant à lui, que "ces normes et labels sont des atouts différenciant". Et qu'un site gagne un atout s'il répond aux normes sociales et environnementales en plus d'être une zone économique.

Déficit d'image et lenteur administrative

Reste que les obstacles pour faire sortir ces sites de terre semblent plus importants dans l'Hexagone qu'ailleurs. De l'avis de Bruno Becker, directeur des études de GSE, "la difficulté en France vient du fait que plusieurs instructions sont menées en même temps. Un permis de construire peut appeler à la fois les codes de l'urbanisme, de l'environnement, rural, forestier, etc. En Allemagne, il n'y a qu'une instruction et le permis est délivré sous un mois et demi à deux mois sans recours de tiers, la population étant consultée en amont". Éric Lebreton résume un avis largement partagé par les intervenants et l'assistance : "Il y a un décalage complet entre le temps administratif et le temps des entreprises".
Pour faciliter l'acceptation et la promotion des activités logistiques, Claude Samson, le président de l'Afilog, compte sur les échanges avec les citoyens. "Il n'y a plus de commissariat au plan. Nous devons privilégier la concertation sur les nuisances perçues par le public. Sinon, c'est le politique qui prendra les décisions". Dans sa conclusion, l'hôte des débats en a fait "un point fondamental".

Franck André

Lundi 19 Octobre 2015



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