Enjeux des nouvelles routes maritimes arctiques


La fonte des glaces arctiques rebat les cartes maritimes et ouvre de nouvelles perspectives au shipping. Pour préserver un écosystème fragile, la gouvernance et les conditions de navigation restent toutefois à définir. Avec les gouvernements, les armateurs sont en première ligne pour relever ce défi, et travaillent à l'élaboration d'un Code polaire sous l'égide de l'OMI.


Le "Soleal", dernier fleuron de la flotte de la Compagnie du Ponant © Compagnie du Ponant
Le "Soleal", dernier fleuron de la flotte de la Compagnie du Ponant © Compagnie du Ponant
Avec pour grands témoins Jean-Emmanuel Sauvée, président de la Compagnie du Ponant, et Étienne Garcia, commandant du "Soleal" (dernier fleuron de sa flotte), Armateurs de France est revenu en juin sur les enjeux des routes maritimes arctiques. "En libérant de nouvelles voies navigables, la fonte des glaces engendre un gain de temps et de carburant grâce à l'emprunt des détroits du Grand Nord. Sur un Shanghai-Rotterdam, un cargo parcourt 25.000 km en empruntant le détroit de Panama, 19.000 km par Suez et 16.000 km par le Grand Nord", rappelle Éric Banel.

"Renforcer la réglementation internationale afin de prévenir tout dommage à l'environnement"


Plusieurs facteurs viennent cependant minimiser ces avantages, souligne le délégué général d'Armateurs de France : "Alors que le marché de la desserte locale, celui de la desserte des mines et des gisements d'hydrocarbures tout comme celui de la croisière peuvent s'avérer prometteurs, il n'en est pas de même pour d'autres activités comme les conteneurs ou le roulier". Trois raisons justifient cette prudence : "Les risques inhérents à ces routes, le coût d'investissement des navires et la rareté des infrastructures portuaires. Concernant le transit dans le domaine des conteneurs par exemple, il faut noter l'absence de marché intermédiaire ainsi que de port équipé. C'est là un point faible notable en comparaison des nombreux chargements et déchargements possibles sur les routes classiques de Suez et de Panama".

Projet d'un Code polaire

L'émergence de nouvelles routes maritimes dans le Grand Nord impose en outre la mise en place de règles et conditions de navigation compatibles avec un environnement fragile. Créé en 1991, le Conseil supérieur de l'Arctique a ainsi pour mission de promouvoir le développement durable dans la région en matière sociale, économique et environnementale. Il rassemble cinq États riverains (Norvège, Finlande, Russie, États-Unis et Canada) ainsi que l'Islande, la Suède et la Finlande, plus des États observateurs "historiques" dont la France. Appelé à renforcer ses missions comme ses membres, ce Conseil a accordé le statut d'observateur à de nouveaux pays en mai 2013 (Chine, Italie, Inde, Japon, Corée du Sud et Singapour) ainsi qu'à l'Union européenne. En parallèle, un sommet maritime mondial coprésidé par la Norvège et l'Organisation maritime mondiale (OMI) s'est tenu début juin avec pour objectif d'entamer des discussions sur la navigation en Arctique. "Armateurs et gouvernements se sont accordés sur la nécessité d'un renforcement rapide de la réglementation internationale afin de prévenir tout dommage à l'environnement", rapporte Armateurs de France. À cette occasion, Koji Sekimizu, secrétaire général de l'OMI, a souligné l'importance du projet de Code polaire élaboré dans le cadre de l'OMI "pour assurer la réussite de cette démarche ambitieuse tant sur le plan de la gouvernance des eaux arctiques que sur celui de l'équipement des navires et des compétences de leurs équipages". Cette position est également partagée par l'International Chamber of Shipping (ICS).

Érick Demangeon

Mercredi 10 Juillet 2013



Lu 1184 fois



Dans la même rubrique :
< >

Vendredi 9 Décembre 2016 - 15:01 Marseille-Lyon : un avenir en commun


     

Entreprises | Infrastructures | Institutions | Transport maritime | Transport aérien | Transport routier | Transport fluvial | Transport ferroviaire | Transport multimodal | Transport express - Messagerie | Logistique - Supply Chain | Énergie | Matières premières - Négoce | Industrie | Services | International | Développement durable | Faits divers







Accès rapide






















 

Qu'est-ce que L'Antenne ?

Le site internet de L'Antenne est la première plateforme B2B française de services et d’actualité consacrée au secteur du transport et de la logistique. Quotidiennement nous traitons de l’actualité du fret maritime, aérien, routier, fluvial, ferroviaire et multimodal ainsi que de la logistique, de l'industrie, de l'énergie et des matières premières. Nous apportons aux professionnels des outils et services qui facilitent leur travail et aident à la prise de décisions. Chaque année, nous éditons des guides de référence dans le secteur : "Le Fret aérien pratique" et "Le Fret maritime pratique" en plus de notre guide pratique des Incoterms©. L'Antenne est aussi organisateur de salons sur les thématiques du transport multimodal de fret, de l’export et de la logistique.

Mentions ours

Design réalisé par Caroline BALDINI.

Plan du site

Syndication

© SMECI
L'Antenne est édité par Smeci (32, av. André Roussin, BP 36, 13321 Marseille Cedex 16)
RCS Marseille 447 889 395. ISSN : 0395-8582
CPPAP : 0313T79480
Dépôt légal : 10/04/2006
Gérant : Jacques Riccobono
Rédacteur en chef : Vincent Calabrèse