Enquête sur la Nouvelle route du littoral de La Réunion


Le parquet de Saint-Denis de La Réunion a ouvert une enquête préliminaire "il y a quelques mois" sur les conditions d'attribution des marchés de la Nouvelle route du littoral.


© Signes paysage Lavigne Chéron Architectes 2012
© Signes paysage Lavigne Chéron Architectes 2012
À La Réunion, une enquête a été ouverte sur l'attribution des marchés de la Nouvelle route du littoral (NRL), a-t-on appris vendredi 6 février de sources concordantes. L'enquête ouverte "il y a quelques mois" suite à une dénonciation anonyme a été confiée à la gendarmerie, a-t-on appris de source judiciaire, confirmant une information du site Imaz Press Réunion. Le Conseil régional, maître d'ouvrage de ce chantier évalué à 1,6 milliard d'euros, a également confirmé "qu'une enquête est en cours".
Les malversations supposées dénoncées par l'auteur du courrier remonteraient à 2013. C'est le 15 octobre de cette année-là que la commission d’appel d’offres du Conseil régional de La Réunion a attribué les deux principales tranches du chantier de la NRL aux groupements Vinci/Bouygues et GTOI/SBTPC, pour un montant s’élevant à 1,2 milliard d’euros.
Une dizaine de personnes, des élus, administratifs de la Région et professionnels du bâtiment ont été interrogés ainsi que Didier Robert, président UMP du conseil régional. Michel Allamèle, président de l’Intersyndicale des professionnels de la route (IPR), entendu par les enquêteurs à la fin de l’année 2014, a expliqué qu'on lui a demandé s'il était au courant "de qui a touché certaines sommes d’argent pour l’attribution du marché de la Nouvelle route du littoral". "On m’a demandé combien j’ai touché. J’aurais bien aimé toucher, mais je n’ai touché aucun euro", a -t-il dit. Au cours de son entretien avec les enquêteurs, "quatre noms d’élus de la majorité régionale (UMP, NDLR) ont été cités", selon lui.

Un projet d'envergure

Les investigations en cours sont "classiques et courantes compte tenu de l'importance et des enjeux attachés à un projet de cette envergure", selon le Conseil régional. "C'est l'interprétation qu'en fait la Région", a réagi de son côté Yves Le Meur, secrétaire générale de la Chambre régionale des comptes de La Réunion. "Je ne suis pas convaincu que tous les marchés fassent l'objet d'une enquête. Le parquet ne peut pas s'approprier une instruction sous prétexte qu'il s'agit d'un marché d'importance et que de grosses sommes financières sont en jeu", a-t-il ajouté.
Longue de 12 km, la Nouvelle route du littoral doit rallier la commune de Saint-Denis (nord) à celle de la Possession (ouest). Le projet, qui combine digues et viaducs, prévoit la construction d'une 2x3 voies sur la mer. Grande perdante de l’appel d’offres, la société Eiffage TP a saisi tous les moyens juridiques possibles pour contester l’attribution de ces marchés. Ses deux recours ont été rejetés par le tribunal administratif de Saint-Denis en décembre 2013.

La NRL, un "crime contre l'environnement"

Le sénateur de la Réunion Paul Vergès (CRC, Communiste, républicain et citoyen) a qualifié vendredi 13 février à Paris de "crime contre l'environnement" le projet de nouvelle route du littoral dans son île de l'océan Indien. Le doyen de la Haute Assemblée a également dénoncé un "scandale national". "Le Conseil national de protection de la nature a émis un avis défavorable sur le projet qui comporte des atteintes à l'écosystème et à la biodiversité, en particulier aux espèces endémiques et à la barrière corallienne", a souligné Paul Vergès. "L’État a dû accorder à la Région des dérogations pour lui permettre de porter atteinte à la protection d'espèces protégées". Il a aussi critiqué un projet privilégiant le tout routier au détriment du transport collectif et du rail. Le projet en pleine mer lui apparaît "comme anachronique", ne prenant pas en compte les incertitudes concernant l'élévation du niveau des océans à l'horizon du siècle et l'intensification des cyclones. De plus, critique-t-il, le projet ne règle pas le problème des déplacements, en particulier celui de l'entrée sur Saint-Denis. Par ailleurs, Paul Vergès considère que le financement du projet n'est pas assuré. Son coût initial est estimé à 1,66 milliard d'euros, mais le sénateur chiffre son coût final à 2,5 milliards d’euros. Le financement calé sur 1,66 milliard "sera donc insuffisant et laisse à la charge de la Région tous les surcoûts". Enfin, il souligne que quinze recours sont pendants devant les juridictions judiciaires.

AFP

Mardi 24 Février 2015



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