Etihad Airways sera-il le sauveur d'Alitalia ?


Les Arabes d'Etihad Airways viendront-ils sauver Alitalia d'une faillite après le retrait du groupe franco-néerlandais Air France-KLM ? La compagnie des Émirats arabes unis a annoncé jeudi 19 décembre "être en discussions" avec l'ancien transporteur phare de l'Italie.


© Alitalia
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"Etihad Airways est en discussions avec Alitalia", a indiqué Tom Clarke, porte-parole d'Etihad. Le porte-parole n'a en revanche pas commenté des informations évoquant un investissement de 300 à 350 millions d'euros de la compagnie d'Abou Dhabi dans Alitalia pour prendre jusqu'à 49 % du capital, ce qui en ferait son premier actionnaire. Alitalia, concurrencée par les compagnies à bas coût et le train, chroniquement déficitaire et dont la dette s'élève à 1,2 milliard d'euros, a validé en novembre le principe d'une augmentation de capital jusqu'à 300 millions d'euros. L'opération a été bouclée ce jeudi grâce à la confirmation par les Postes italiennes qu'elles vont la souscrire pour 75 millions d'euros. En revanche, Air France-KLM, jusqu'ici son principal partenaire et actionnaire à hauteur de 25 %, a refusé de participer à l'opération et devrait voir sa part fortement diluée (à environ 8 %).

"Etihad pourrait prendre jusqu'à 49 % du capital"


Le ministre des Transports italien, Maurizio Lupi, a lancé une sorte d'appel in extremis jeudi : "J'ai toujours dit qu'Air France était le premier interlocuteur mais pour l'être il faut investir, si tu n'investis pas cela veut dire que tu ne considères pas l'entreprise comme stratégique pour ton activité". À propos de l'hypothèse d'une arrivée d'Etihad, Maurizio Lupi, interrogé en marge d'une réunion parlementaire, a souligné que ce n'est pas le seul investisseur intéressé. "Le gouvernement a connaissance de nombreuses manifestations d'intérêt de la part de grandes compagnies qui voudraient nouer une alliance stratégique avec Alitalia", a-t-il assuré.

L'Italie, un hub stratégique

Selon lui, "que ce soit une alliance avec Air China, Aeroflot ou Etihad, il n'y aurait pas de superpositions de leurs activités avec Alitalia". "Nous sommes intéressés par des alliances stratégiques avec le monde arabe ou l'Asie car les compatibilités de réseaux sont énormes et cela peut faire comprendre que l'Italie n'est pas un hub régional mais international et donc stratégique", a-t-il ajouté. Dans ce dossier, selon le ministre, le rôle du gouvernement est de "vérifier que le partenaire considère comme fondamentale notre compagnie porte-drapeau, comme stratégique notre système d'aéroports et qu'il ait un plan industriel de développement".
Plusieurs syndicats ont émis un avis positif sur l'intérêt d'Etihad alors que la direction d'Alitalia a proposé le 10 décembre un plan d'économies de 300 millions d'euros prévoyant notamment 1.900 suppressions d'emplois (sur 14.000 salariés). "Il faut un nouveau partenaire industriel qui ait la solidité financière et la structure capable de valoriser les potentiels d'Alitalia, nous considérons que l'entrée d'Etihad avec une part importante du capital serait une solution pour l'avenir de la compagnie", a indiqué Claudio Tarlazzi, de l'organisation Uiltrasporti.
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Même enthousiasme de la part de Giovanni Luciano du syndicat Fit CISL : "Nous jugeons cette possibilité comme une chance très importante de passer d'un cadre de profonde difficulté à une perspective de relance sur le plan de l'organisation et de l'emploi". Le plan d'augmentation de capital, conçu en urgence en octobre-novembre sous la pression du gouvernement, a permis à la compagnie, au bord de l'asphyxie financière, de continuer à voler alors qu'elle aurait sans doute vu sinon ses avions cloués au sol. Mais il a été très critiqué en Italie et à l'étranger en raison du rôle joué par les pouvoirs publics dans une entreprise entièrement privée. Reste à savoir si Etihad, qui a déjà pu examiner de façon approfondie les comptes d'Alitalia, ne posera pas des conditions draconiennes à un sauvetage d'Alitalia. La compagnie d'Abou Dhabi, en pleine expansion, détient des participations minoritaires dans Air Berlin (29 %), dans Air Seychelles (40 %), dans Virgin Australia (19,9 %) et dans Aer Lingus (3 %). Elle a également reçu l'approbation réglementaire pour acquérir 24 % de Jet Airways en Inde, et à partir de janvier 2014, l'acquisition de 49 % d'Air Serbia.

Françoise Kadri

Vendredi 20 Décembre 2013



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