Eurotunnel pourrait retirer ses trois ferries My Ferry Link


Eurotunnel a prévenu vendredi 21 mars qu'il serait contraint de retirer ses trois ferries My Ferry Link entre Calais et Douvres, si les autorités britanniques de la concurrence renouvelaient en mai l'interdiction pour les navires de l'ex-SeaFrance d'accoster dans le port du Kent.


Les trois navires de My Ferry Link : "Berlioz", "Rodin" et "Nord-Pas-de-Calais" © Port de Calais
Les trois navires de My Ferry Link : "Berlioz", "Rodin" et "Nord-Pas-de-Calais" © Port de Calais
La Commission britannique de la concurrence (CC) a réaffirmé vendredi 21 mars sa compétence pour se prononcer sur le dossier de l'acquisition et l'exploitation par Eurotunnel sur la liaison Calais-Douvres de trois navires acquis auprès de SeaFrance après la liquidation judiciaire de cette compagnie de ferries. Si cette commission, qui tranchera d'ici début mai, "ne souhaite pas revoir, avant sa décision finale, son appréciation de la concurrence qui sévit actuellement sur le marché (...) groupe Eurotunnel se verra contraint de retirer les ferries du détroit du Pas-de-Calais", a réagi l'exploitant du tunnel sous la Manche. "Comme on n'a pas le droit de vendre les ferries (NDLR : avant une période de cinq ans), les bateaux seront retirés du détroit et mis en cale sèche", a expliqué un porte-parole d'Eurotunnel.
L'opérateur du tunnel souligne également que "la position de l'Autorité de la concurrence britannique est totalement contradictoire avec celle exprimée auparavant par la Commission de la concurrence française" qui avait validé l'acquisition en 2012 par Eurotunnel des trois des ferries de l'ancienne compagnie SeaFrance qui ont été loués à My Ferry Link. Baptisés "Berlioz", "Rodin" et "Nord-Pas-de-Calais", ces navires, dont le prix a été estimé à 60 millions d'euros l'unité par un spécialiste indépendant, soit bien supérieur à leur valeur d'achat, offrent un complément maritime à l'offre d'Eurotunnel, en cas de pic d'activités sous le tunnel.

"Les bateaux seront retirés du détroit et mis en cale sèche"


Le groupe affirme que "le fonctionnement du marché depuis deux ans n'a pas été affecté négativement par My Ferry Link, bien au contraire", rejetant les arguments "de toute évidence absolument pas crédibles" d'un "compétiteur", qu'elle évite soigneusement de nommer, mais qui incarne la compagnie danoise DFDS Seaways. My Ferry Link a démarré ses liaisons en août 2012 entre Calais et Douvres. Elle détenait 10 % de part de marché en février contre 24 % pour DFDS et 30 % P&O Ferries sur la même route.
En juin 2013, la commission britannique avait décidé d'interdire l'exploitation de ses ferries au départ de Douvres car elle estimait qu'en cumulant ce service avec la gestion du tunnel, Eurotunnel pourrait s'emparer de "plus de la moitié" du marché des liaisons transmanche et faire grimper les prix de la traversée. Eurotunnel avait immédiatement fait appel de cette décision et obtenu gain de cause auprès du tribunal d'appel de la concurrence britannique en décembre, ce qui lui avait permis de poursuivre l'exploitation des trois ferries.

Incompréhension

Le tribunal d'appel avait également demandé à la commission de reconsidérer sa compétence juridique et de déterminer en particulier si Eurotunnel et My Ferry Link avaient acquis une "entreprise" ou seulement des "actifs". Mais celle-ci a indiqué vendredi 21 mars avoir "conclu que les actifs rachetés constituaient bien une entreprise" et que cette acquisition relevait donc bien des règles britanniques en matière de fusion. Elle observe aussi un "niveau considérable de continuité entre les services de l'ex-SeaFrance sur la liaison Douvres-Calais et les nouveaux services du groupe Eurotunnel sur cette liaison".
Faisant part de son "incompréhension", Eurotunnel rappelle que "Seafrance a arrêté son exploitation en novembre 2011 et a été liquidée six mois avant qu'il n'achète les ferries et en confie l'exploitation à une société indépendante". Par conséquent, l'opérateur affirme ainsi ne pas comprendre "en quoi il est possible de considérer qu'il a repris une société six mois après sa disparition, et neuf mois après l'arrêt de toute exploitation". En 2013, l'activité de ferries My Ferry Link a subi une perte d'exploitation de 22 millions d'euros qu'Eurotunnel espère réduire à 15 millions cette année. "Nous savons que nous pouvons la ramener à l'équilibre dès 2015", a assuré mi-mars son PDG, Jacques Gounon. L'action Eurotunnel prenait 0,46 % à 8,86 euros vers 13 heures à la Bourse de Paris, dans un CAC 40 en hausse de 0,31 %.

Anne Padieu

Vendredi 21 Mars 2014



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