Eurotunnel s'estime lésé par l'afflux de migrants



Eurotunnel présente la facture à Londres et Paris © Eurotunnel
Eurotunnel présente la facture à Londres et Paris © Eurotunnel
Le nombre de migrants qui tentent de s'infiltrer dans le tunnel sous la Manche pour passer en Angleterre explose, ce qui a poussé Eurotunnel à demander 9,7 millions d'euros aux États français et britannique, pour compenser ses dépenses et le manque à gagner liés à cet afflux. Le groupe Eurotunnel a expliqué mercredi 22 juillet, lors de la présentation de ses résultats du premier semestre, avoir dépensé sur cette période 13 millions d'euros pour renforcer la sécurité et empêcher les nombreux candidats à la traversée de s'introduire dans le tunnel. Soit autant, sur ces six mois, que pour l'ensemble de l'année 2014. Environ 3.000 migrants, essentiellement Érythréens, Éthiopiens, Soudanais et Afghans, attendent dans la "jungle" de Calais de tenter la traversée de la Manche. Parmi ceux qui se sont lancés ces dernières semaines, plusieurs ont trouvé la mort avant d'atteindre leur eldorado, brûlés en montant sur les navettes ferroviaires du tunnel, ou encore noyé dans un bassin de rétention. Mais la plupart sont arrêtés avant : "Nous continuons à assurer une forme d'étanchéité du tunnel sous la Manche par rapport au passage des migrants en Grande-Bretagne, puisque le nombre de migrants interceptés par les forces britanniques se comptent sur les doigts de la main. L'essentiel est intercepté en France", a souligné le PDG du groupe, Jacques Gounon. "Ça a un coût, qu'on voit d'ailleurs dans les chiffres puisque nos dépenses d'exploitation sont un peu plus élevées qu'on aurait pu l'imaginer. Nous demandons, pour le premier semestre 2015, aux États, de nous rembourser 9,7 millions d'euros de dépenses et de pertes d'exploitation liées à cette pression migratoire", a-t-il annoncé. Londres a récemment annoncé la création d'une zone de sécurité au port de Calais, afin d'empêcher l'intrusion d'immigrants clandestins dans les camions. Le gouvernement britannique doit prendre 4,7 millions d'euros en charge en 2015.

Trop peu de forces de l'ordre

Hormis les dépenses accrues - pour installer des barrières plus dissuasives à l'entrée du tunnel par exemple, ou distribuer aux migrants 5.000 tracts en neuf langues sur les risques d'une intrusion - c'est aussi le temps perdu, dont le groupe demande à être indemnisé. "Le problème c'est que quand on identifie (...) la présence de migrant sur une navette (ferroviaire, qui transporte les véhicules, NDLR), on arrête la navette, c'est d'ailleurs le règlement ferroviaire qui nous l'impose, et il est procédé à la fouille de la navette. Je rappelle qu'une navette c'est 800 mètres de long, quatre TGV l'un derrière l'autre", explique le patron d'Eurotunnel. "Donc vous voyez qu'à ce moment-là, surtout quand il y a insuffisance en nombre des policiers, la nuit, le temps que ça prend. Et donc la navette est bloquée avant de pouvoir repartir, et ça représente évidemment des pertes d'exploitation dont nous demandons la compensation à l'État, parce que s'il y avait plus de forces de contrôle, ça irait beaucoup plus vite", continue-t-il. Car selon le groupe, c'est le nombre insuffisant de forces de l'ordre qui est en cause, lié à la sous-estimation par les autorités du nombre de migrants réellement présents dans la région. "Il est évident qu'il n'y a pas assez de forces de l'ordre. Je crois que le ministre de l'Intérieur a récemment dit qu'il y avait 2.000 migrants dans la «jungle» à Calais, toutes les personnes locales savent qu'on est plutôt à 5.000", déplore Jacques Gounon. Selon lui, le problème réside dans "une sous-estimation qui est chronique et qui ne conduit pas, aussi bien pour le port (de Calais, NDLR) que pour nous-mêmes, à une présence des forces de police qui est en adéquation avec le problème à traiter". C'est la seconde fois que le groupe Eurotunnel procède à une telle demande : en 2007, le groupe avait obtenu gain de cause, et la Cour permanente d'arbitrage de La Haye avait alors estimé son préjudice à 24 millions d'euros.

Julie Chabanas

Jeudi 23 Juillet 2015



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