Exportations : 30 milliards à saisir pour la France en 2015


Les entreprises françaises ont la possibilité, si elles savent saisir les opportunités, de capter 30 milliards d'euros supplémentaires d'exportations l'an prochain, portées par un environnement un peu plus favorable, selon un baromètre Euler Hermes rendu public lundi 6 octobre.


L'enquête a été réalisée auprès de 826 entreprises exportatrices © Franck André
L'enquête a été réalisée auprès de 826 entreprises exportatrices © Franck André
"D'après les estimations de croissance dans les pays partenaires, la demande supplémentaire adressée à la France devrait connaître une nouvelle hausse, passant de 15 milliards d'euros en 2014 à 30 milliards en 2015", indiquent les auteurs de cette étude réalisée tous les deux ans par l'assureur crédit.
Les auteurs citent également comme facteurs le recul de l'euro, qui devrait compter pour 11 milliards dans cette somme, et des "aides un peu plus efficaces". Ces dernières, tel le Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE), si elles "sont souvent peu ciblées sur l'export, bénéficient, par ricochet, aussi aux exportateurs", notamment par une baisse du coût des services, souligne l'économiste en chef d'Euler Hermes, Ludovic Subran.
Quant à l'état d'esprit des dirigeants d'entreprises, il dénote une volonté affichée d'augmenter leur chiffre d'affaires à l'exportation en 2015. C'est le cas de 83 % des exportateurs, avec des intentions fermes pour 49 % et probables pour 34 %, selon l'enquête réalisée auprès de 826 entreprises exportatrices, principalement des petites et moyennes entreprises et des entreprises de taille intermédiaire, interrogées entre mai et juillet.
"Depuis 2012, on en est à cinq ministres du Commerce extérieur", a ironisé Ludovic Subran. "Et 2015 va être le va-tout, c'est-à-dire que soit on y va, soit la balance commerciale de la France continuera de se dégrader", a-t-il averti.
Euler Hermes prévoit un déficit des échanges de biens de la France avec le reste du monde de 49 milliards d'euros en 2015 après 60 milliards cette année. Le gouvernement vise officiellement un déficit de 53 milliards d'euros en 2014, contre un peu plus de 60 milliards en 2013.
Interrogées sur les pays visés en 2015, les entreprises citent pour les quatre premières places des pays hors d'Europe : dans l'ordre, le Brésil, l'Algérie, l'Inde, la Chine. "Elles veulent aller plus loin, elles sentent bien que cela ne va pas se passer en Europe", commente Ludovic Subran.
Mais, dans la réalité, le podium reste depuis des années obstinément le même : Allemagne, Belgique et Espagne. "Ce qui est intéressant dans ces intentions, c'est qu'ils continuent de croire qu'ils vont y aller", constate Ludovic Subran au sujet de la volonté affichée d'exporter dans les pays émergents.
"Sur ces intentions, il y en a beaucoup qui y vont sans être bien préparées", estime Ludovic Subran, donnant des exemples d'entreprises françaises qui ont fait confiance à leur client sans se prémunir contre le risque d'impayé ou qui ont omis de lire attentivement le site internet des douanes du pays de destination avant de constater, trop tard, que le droit d'entrée pour leurs produits est beaucoup plus élevé qu'elles ne pensaient.
"Elles veulent y aller. Est-ce qu'elles savent toujours y aller comme il faut ? Ça, j'en doute et c'est pour cela que sur ces 30 milliards, si on en fait 20, c'est pas mal", dit-il.
Si 55 % des exportateurs craignent le risque d'impayé, ils sont également très nombreux à craindre le manque d'information financière sur les clients (47 %) et le manque de collaborateurs dédiés à l'exportation (45 %). Ces deux dernières inquiétudes devancent largement celle du manque de financement (29 %). "Les entreprises françaises ne sont souvent pas assez grandes pour exporter et innover", note l'économiste pour la France d'Euler Hermes, Frédéric Andrès.
Le nombre d'exportateurs français est estimé à 120.700 en 2013, contre 119.300 l'année précédente, mais reste très inférieur à celui de l'Allemagne (250.000) ou de l'Italie (200.000).
Seulement une entreprise sur trois a l'intention d'investir plus pour l'exportation l'an prochain et 35 % ont décidé de ne pas investir du tout à l'export. "Si elle n'ont pas envie d'investir à l'export c'est un peu inquiétant à moyen terme car l'effet positif que l'on verra en 2015 ne sera peut-être pas pérenne", estime Frédéric Andrès.

AFP

Mardi 7 Octobre 2014



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